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Etre aidant, être aidé

Livre : Etre présent pour ses parents. Trois questions au Dr Hélène Rossinot

Auteur Annie De Vivie

Temps de lecture 3 min

Date de publication 19/09/2022

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Après Aidants ces invisibles, paru en 2019, le docteur Hélène Rossinot, spécialiste en santé publique et médecine sociale, partage ici ses constats, ses réflexions, ses conseils à partir des témoignages des aidants qui peinent parfois à trouver leur place auprès de leur proche, au long cours. La plume poétique du docteur Rossinot utilise la métaphore de la randonnée en haute montagne pour qualifier le parcours de l'aide : une expérience qui s'anticipe, se prépare, s'outille, qui se vit sûrement pas seul, en préservant ses forces personnelles et en étant fier du chemin parcouru. Avec l'amour comme boussole, l'amour de soi et de sa présence pour commencer.

Pouvez-vous nous expliquer quel était votre objectif en vous lançant dans la rédaction de ce livre ? Comment s’articule-t-il avec votre précèdent ouvrage ?

J’ai reçu ces dernières années, et en particulier avec le Covid et l’arrêt de nombreux services à domicile, de nombreux messages d’enfants s’occupant de leurs parents, ne sachant plus vers qui se tourner, et m’ayant identifié suite à Aidants, ces invisibles”. Certaines situations étaient précises, dues au Covid, mais d’autres étaient plus générale. 

Je me suis vite rendue compte que ces interrogations se ressemblaient beaucoup, et qu’il n’y avait pas vraiment de ressources pour y répondre. Plus que des questions pratiques, je sentais surtout un besoin d’humain, d’écoute. Ça a été la première étape de ma réflexion. Une envie d’apporter un livre qui soit un réel soutien, un compagnon, y compris au plan humain. 

Mon premier livre était un essai, un état des lieux. Ici, je parle à la première personne, c’est une sorte de conversation avec le lecteur, les mots que je lui dirais si nous étions face à face.

A qui s’adresse-t-il, qui est précisément ce « vous » à qui vous écrivez ?

Il s’adresse à toute les personnes qui souhaitent être présentes, à leur manière, pour leurs parents, aujourd’hui ou dans le futur. Ceux qui sont encore en train de réfléchir aux premières interrogations sur le futur, comme ceux qui sont déjà au quotidien dans l’accompagnement. Ceux qui ont un parent âgé, comme ceux dont le parent est malheureusement malade. 

Chacun y trouvera ce dont il a besoin, en fonction de son avancée dans ce parcours de vie.

Comment faire passer des messages sans tomber dans l’injonction ? Et s’il n’y avait qu’un message à retenir, quel serait-il ?

En laissant les gens réfléchir par eux-même ! 

On peut donner quelques conseils, ce que je fais, bien sûr, mais le plus important à retenir est que chacun trouvera sa propre solution. L’important est de guider les personnes dans leur propre réflexion. Ce n’est pas en disant quoi faire à quelqu’un qu’on va l’aider. C’est en lui donnant les éléments de réflexion, parfois en lui racontant les histoires de personnes avec des vécus similaires mais plus avancées dans le temps, bref en lui donnant des éléments qui lui permettront de décider par elle-même !

Je me permettrai de citer un extrait du livre pour répondre à cette dernière question, ce message à retenir :

Je sais à quel point le sentiment de culpabilité peut être vertigineux, bruyant, encombrant. L’impression d’échec, de ne jamais faire assez, être assez, est là parce que vous aimez. Fort. De tout votre coeur. Parce que vous souhaitez le meilleur à votre parent. Parce que vous vous inquiétez sincèrement de ce qui pourrait lui arriver si vous n’êtes pas là. C’est humain. Ne vous sentez pas coupable de vous sentir coupable… Mais le fait de ressentir ces émotions ne veut pas dire qu’elles sont fondées. C’est bien souvent l’inverse. Votre sentiment de culpabilité mérite votre indulgence, votre tendresse. Tout comme vous. Vous faites de votre mieux. Ne soyez pas trop dur envers vous-même.

Avez-vous prévu des rencontres, des conférences ?

Je serai normalement présente aux salons du livre du Mans (les 1er et 2 octobre), de Trouville (29 octobre), de Brive (4, 5, 6 novembre), de Toulon (19,20 novembre) et de Boulogne-Billancourt (3,4 décembre).

Et le 6 octobre à la soirée de la JNA : Journée nationale des aidants, du Collectif Je t’aide à Paris (journée dont Agevillage est partenaire NDLR).

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