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Connaître vos droits

Maltraitance : la fédération 3977 alerte sur un rebond des signalements en 2021

Auteur Raphaëlle Murignieux

Temps de lecture 2 min

Date de publication 20/09/2021

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Maltraitances institutionnelles en lien avec la crise sanitaire et le manque de personnel

La fédération 3977, plateforme nationale de signalement des maltraitances envers les personnes âgées et handicapées, tire le signal d’alarme. Après une stagnation des appels en 2020, la plateforme enregistre une hausse importante du nombre de dossiers ouverts durant le premier semestre 2021.

+ 28 %. Après la stagnation observée au premier semestre 2020 (+ 3 %), « on peut donc bien parler d’un rattrapage, et même d’un rebond », commente le 3977.

« Cette évolution s’explique principalement par celle des maltraitances en établissement en forte hausse de 2020 à 2021 (+291 soit + 44 %) alors qu’elles étaient en repli apparent au 1er semestre 2020, relativement à 2019 (-83 soit – 11%). Les maltraitances survenant à domicile ont poursuivi leur augmentation antérieure (+ 581 soit + 30%) », ajoute la plateforme.

Avec un fait saillant : la forte augmentation des maltraitances d’origine institutionnelle, en établissement mais aussi à domicile.

Le 3977 précise que les maltraitances liées aux soins, des négligences essentiellement, augmentent nettement (+ 57 %), de même que le « non-respect des droits », qui croît de 43 %.

« En particulier les limitations de déplacements des résidents, et les restrictions de visites des familles aux résidents en établissement, y compris depuis la levée « officielle » des confinements. Ces restrictions portent sur des limitations hebdomadaires (pas de visites le dimanche, visites très réduites en semaine) mais également des contrôles dissuasifs, comme des exigences de tests négatifs chez des visiteurs déjà porteurs d’un « pass sanitaire » », détaille la plateforme.

Des augmentations que le 3977 explique en partie par « des ressources de personnels insuffisantes liées à la faible attractivité des métiers concernés, ou à des formations lacunaires, mais aussi à des difficultés de management, voire à des directives inappropriées ».

Le tout exacerbé par la crise sanitaire liée au covid-19.

Une maltraitance « causée par le système et le manque d’effectifs »

Un constat qui fait écho à l’enquête de la journaliste Elise Richard. Son livre, Cessons de maltraiter nos vieux !, à paraître le 29 septembre, revient sur trois ans d’investigation en Ehpad mais aussi auprès des personnes âgées vivant à domicile.

Une enquête au long cours qui avait déjà donné lieu à la diffusion, en octobre 2018, du reportage Maisons de retraite, maintien à domicile : le scandale des personnes âgées maltraitées, dans l’émission Zone interdite (M6).

Le livre revient sur les éléments déjà diffusés – notamment l’embauche d’une étudiante en sciences politiques comme faisant fonction d’aide-soignante, chargée dès le deuxième jour de faire seule les toilettes des résidents et de leur donner leurs médicaments -, et les enrichit de nouveaux éléments, constats et témoignages, recueillis avant et pendant la crise.

Elle y pointe, notamment, « la maltraitance institutionnelle, entendons-nous bien, c’est-à-dire involontaire, causée par le système et le manque d’effectifs » (page 68).

Un plaidoyer pour une vraie prise en considération des plus âgés loin de toute forme d’âgisme et une réforme urgente du système… une fois de plus repoussée faute de loi grand âge.

Cessons de maltraiter nos vieux !

Cessons de maltraiter nos vieux !
Elise Richard
Editions du Rocher
29 septembre 2021
18,90 euros

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