Aller sur la navigation Aller au contenu principal Aller sur la recherche

Connaître vos droits

Ouvrir les yeux sur les zones de non-droit et agir

Auteur Annie De Vivie

Temps de lecture 2 min

Date de publication 16/01/2023

1 commentaires

Alors que les scandales continuent de défrayer la chronique, que des palmarès fleurissent sur des critères tous particuliers (comme le concours annuel MDRS sur des maisons de retraite pas comme les autres”), les professionnels ne baissent pas la garde.

Conscients de devoir booster l’attractivité des métiers, ils ne veulent plus être complices des manques liés aux arbitrages politiques, sociétaux.

La Défenseure des Droits les rejoint en publiant un rapport sévère sur le non-respect de ses recommandations de 2021 concernant les droits des habitants en Ehpad.
Rejoignant les fédérations professionnelles, elle demande que l’Etat définisse un ratio d’encadrement minimal opposable.

Parce qu’il faut du personnel pour accompagner 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 des personnes en situation de vulnérabilité complexe.

Les proches aidants le savent bien. Eux qui doivent communiquer avec de nouveaux savoirs avec un proche atteint de la maladie à corps de Lewy ou Alzheimer.


Il faut des compétences pluridisciplinaires pour prévenir les chutes dans tous les domaines : mobilité, aménagement de l’habitat, nutrition.

Il faut des personnels formés et soutenus quel que soit le domicile : voir cette semaine des aides pour les particuliers employeurs (crédit d’impôt) et les salariés (chèque carburant).

Il faut surtout sortir de l’âgisme (avec ces discriminations liées à l’âge, le refus du vieillissement, la disqualification systématique des plus âgés).

Il nous faut sortir de l’aveuglement concernant les zones de non-droit.

Elles existent.

Dans les domiciles, en établissement. 

Elles épuisent les plus âgés, leurs proches et les professionnels qui y travaillent par une perte de sens en spirale infernale.

Regardons en face ces zones de non-droit, où l’on prive des personnes de leurs libertés fondamentales (contentions, attaches, enfermements) pour leur bien”, où leur vie privée, intime, est mise à mal, où leur citoyenneté même est remise en question.

Ouvrons les yeux, allons voir ces structures et remontons nos manches pour qu’elles évoluent pour correspondre à nos valeurs républicaine, avec des moyens associés, évalués, contrôlés comme le rappelle la Défenseure des droits.

C’est possible. C’est difficile, c’est sensible, cela demande beaucoup d’énergies mais c’est possible, comme le montrent notamment les Ehpad et service à domicile labellisés Humanitude qui déclinent en 500 critères, 5 principes de bientraitance dans le respect des droits fondamentaux et des valeurs de la République.

Cela demande des prises de conscience vigoureuses et de profonds changements sur les arbitrages entre sécurité/​liberté notamment. Pour enrichir votre réflexion, je vous invite à écouter l’émission de France Culture ce 11 janvier avec la juge Anne Caron-Déglise et le philosophe-éthicien Fabrice Gzil : Respecter les droits fondamentaux des personnes âgées”.

Nous avons tous intérêt à sortir de ces zones de non-droits au risque qu’elles deviennent des trous noirs de la République qui absorbent toutes les énergies et fassent fuir tout le monde.

Alors que nous avons besoin de solutions, d’habitats adaptés qui respectent les droits, debout jusqu’au bout !

Partager cet article

Caro Pierre

Ouvrir les yeux sur les zones de non-droit et agir
Oui pour ouvrir les yeux… et en premier MOI - NOUS qui sommes en état de vieillissement avancé. Oui pour sortir de l’âgisme, de l’aveuglement et pour cela apprenons à ANTICIPER, avant d’être octogénaire. Arrive un moment où se sont les autres qui décident avec plus ou moins d’intérêt, d’humanité, d’éthique, de responsabilité… de professionnalisme, faute que notre République n’ait pas ANTICIPER que nous sommes de plus en plus nombreux et âgés depuis quelques décennies et pour les prochaines au moins.
Madame Annie de Vivie, comme dénoncé par Madame la Défenseure des droits « ... 43 % concernent la maltraitance, 30 % les limitations de visite, 12 % les restrictions à la liberté d'aller et venir... bref les phénomènes dénoncés perdurent » ce sont là des « phénomènes » qui pourraient être atténués par une meilleure attention portée par nos gouvernements devant les quelques millions de « vieillissants et vieillissantes » engagés et ceux proches de leur entrée en situation de retraite.
Anticiper le long temps de vieillissement dans un projet de société choisi, appris, compris et entrepris avec plaisir dans un développement personnel et collectif. Je pense même que c’est une réflexion à mener pour entreprendre en « calme » social, l’allongement du temps de carrière obligé en discussion aujourd’hui.
D’aujourd’hui à quinze ans, j’aurais réalisé mon projet de seconde carrière 1997-2037.
Je demeure à votre disposition.
Pierre Caro
retraité professionnel