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Comprendre les fragilités

Vieillissements, fins de vie : écoutons le réel

Auteur Annie De Vivie

Temps de lecture 2 min

Date de publication 12/12/2022

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Les débats viennent d’être lancés pour la Convention citoyenne sur la fin de vie.

La Société française des soins palliatifs (SFAP) invite à écouter le réel, à écouter les professionnels en première ligne.

Comment vieillit-on concrètement ? Comment vit-on les derniers temps de vie dans la vraie vie, dans les domiciles, dans les établissements, dans les territoires ?

On sera surpris de découvrir que ces temps du mourir” peuvent être très courts (quelques jours) quand la personne a pu rester debout le plus longtemps possible, pour vaquer à ses occupations, mener ses projets comme passer les fêtes en famille.

Pour vivre ces fêtes le plus sereinement possible : nous vous invitons à préparer avec le kit de secours en cas de difficultés et un kit de survie face aux propos âgistes.

De leur côté, les Petits frères des pauvres outillent les acteurs sociaux pour mieux repérer les personnes isolées avec un kit de médiation ludique O’liens. Ces champions bénévoles bien réels des relations et de la chaleur humaine vont au devant de toutes les personnes, quelle que soit leur maladie, notamment pendant les fêtes.

Non la maladie d’Alzheimer n’est pas une fatalité”, lance la campagne de la Fondation Médéric Alzheimer.
Ajoutons que même si elle survient : adapter l’environnement, l’entourage avec les ressources professionnelles locales permettra de vivre cette foutue maladie d’Alzheimer debout, jusqu’au bout, entouré, quitte à avoir recours à des établissements spécialisés.

Des Ehpad ont souhaité se former, se rassurer jusqu’à obtenir le label Humanitude. J’étais samedi auprès des habitants, des familles, des professionnels des Ehpad publics de Médréac et Montauban de Bretagne pour leur marché. Ces derniers témoignent d’un temps justement d’accompagnements doux et chaleureux de leurs proches en situation de vulnérabilité. Les professionnels ont découvert et confirment que le temps du mourir est court mais au prix d’un accompagnement très technique, personnalisé, en relais sur 24 heures entre les équipes solidaires et cohérentes. 

Ecoutons le réel donc, comme cette soif de valorisation des savoirs, des compétences des proches aidants avec une validation des acquis de l’expérience (VAE) réelle, possible quand aujourd’hui seul 10 % des candidats vont au bout. Valorisons ces Prix Villes Amies des Aînés, qui récompensent douze initiatives des territoires pour accompagner les transitions à tout âge.

Acceptons d’aller au devant du réel, dans les domiciles, dans les établissements spécialisés. Prenons la mesure des enjeux, des attentes, des besoins. 

Acceptons de réfléchir, de s’informer et si besoin de changer, d’agir pour aider à vieillir debout dans sa tête, dans son corps, dans la cité. 

Acceptons qu’il est possible de vivre et vieillir debout malgré tout, malgré la maladie même handicapante, même invalidante, et ce jusqu’au bout de la vie. 

Évidemment, ce n’est pas possible seul, isolé, sans aides, sans un réseau professionnel compétent, soutenu, reconnu, en proximité, dans le réel. Ce réseau ne tombera pas du ciel. Tous les professionnels de l’aide et du soin militent pour une loi Grand âge structurante, outillante, financée.

Ecoutons le réel : il nous pousse à agir sans sombrer dans le défaitisme.

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