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Le prolapsus - Une pathologie très fréquente, mais un sujet encore tabou (*)

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Une pathologie très fréquente, mais un sujet encore tabou (*)

Les prolapsus chez la femme, appelés aussi « descentes d’organes », sont bien plus fréquents qu’on ne pourrait le penser, avec un pic de fréquence clairement établi entre 60 et 70 ans

. Une étude publiée lors du congrès de l’International continence society de 2004 révélait qu’environ 40 % des femmes âgées de 45 à 85 ans dans la population étudiée ont un prolapsus cliniquement significatif.

Le prolapsus est un trouble vécu souvent comme une fatalité. Pourtant, ce tabou se lève progressivement, les consultations liées à ce trouble auraient augmenté de 45 % en dix ans. Il reste néanmoins indispensable de mieux informer les femmes d’autant plus que la prévention par la rééducation est le seul moyen pour y remédier.

Qu’est-ce qu’un prolapsus ?

Le prolapsus est caractérisé par la descente d’un ou de plusieurs organes du petit bassin : vessie, rectum, utérus, vagin. Les organes logés dans le bassin sont entièrement supportés par le plancher pelvien, constitué d’un système musculaire, le périnée, et de ligaments. Plus précisément, trois systèmes assurent le maintien de l’anatomie de l’ensemble du petit bassin :

  • un système de soutien musculaire : le périnée ;
  • un système suspensif constitué de structures ligamentaires : système d’attache aux pièces osseuses du bassin ;
  • un système cohésif réalisant une véritable trame conjonctive (lié à la structure interne du ligament) plus ou moins lâche entre les différents organes.

Les organes sont ainsi reliés à un système d’amarrage horizontal et vertical commun à tous les orifices (rectal, vaginal, urinaire). Lorsque les muscles et ligaments viennent à ses distendre ou à s’affaiblir, le système d’amarrage des ces organes s’affaiblit entraînant unn prolapsus associé des dysfonctions allant de la simple gêne à l’incontinence urinaire et/​ou anale.Tout évènement susceptible d’augmenter la distension ou l’affaiblissement des muscles du périnée et des ligaments du plancher pelvien peut favoriser l’apparition d’un prolapsus : 

  • accouchements répétés par voie basse,
  • utilisation du forceps au cours de l’accouchement,
  • intervention chirurgicale pelvienne,
  • constipation sévère,
  • efforts physiques importants (professionnels, domestiques ou sportifs),
  • ménopause (baisse de la production d’oestrogènes qui sont précisément responsables de la tonicité et de l’élasticité des tissus),
  • bronchite chronique (et donc le tabagisme).

Les signes, le diagnostic

L’apparition d’un prolapsus s’accompagne d’une sensation de gêne plus ou moins accentuée en fonction du degré de descente des organes. Dans les formes débutantes, le diagnostic sera posé après par un examen clinique, la présence de signes urinaires ou ano-rectaux, l’existence de facteurs de risque. Dans les formes extériorisées, le diagnostic se fait facilement par la femme elle-même. La gêne fonctionnelle doit être évaluée avant toute prise en charge : troubles urinaires, incontinence urinaire, incontinence anale, gêne à la défécation… L’évolution d’un prolapsus est l’aggravation progressive.

La prise en charge : essentiellement rééducative

Le traitement des prolapsus passe d’abord par leur prévention :

  • Après l’accouchement : des séances de rééducation des muscles périnéaux.
  • Lors d’intervention chirurgicales : réparation soigneuse des parois.
  • Ménopause : prescription d’un traitement hormonal substitutif si justifié et en absence de contre-indications et de facteurs de risque.

La traitement du prolapsus lorsqu’il est diagnostiqué est variable selon l’âge, le degré de descente du ou des organes, le nombre d’organes impliqués, la gêne véritable, le désir de conserver la fonction génitale, obstétricale, sexuelle.

La rééduction périnéale permet une amélioration fonctionnelle très nette. Différentes méthodes de rééducation doivent être utilisées simultanément ou successivement. Cette rééducation peut ne pas être suffisante si les ligaments ou les muscles ont été exagérement distendus, ou si les muscles sont devenus atrophiques. L’absence d’amélioration après 20 séances de rééducation doit faire passer à une autre méthode.

La chirurgie ne doit pas être utilisée en première intention. L’utilisation de prothèses par voie abdominale pour réaliser une promontofixation du vagin ou de l’utérus est validée par de nombreux travaux. En revanche, l’utilisation des prothèses par voie vaginale est encore contreversée. 

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