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Maltraitance et personnes âgées - Les spécificités du grand vieillard et leurs conséquences sur l'appréhension d'une maltraitance supposée

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Les spécificités du grand vieillard et leurs conséquences sur l’appréhension d’une maltraitance supposée

Comprendre la réalité du vieillir est nécessaire pour appréhender ce qui peut être une souffrance et / ou une maltraitance chez une personne âgée.

L’avancée en âge entraîne des modifications importantes, à un rythme variable selon les individus. Elle touche le physique, le psychique et le social. Le méconnaître risque d’induire des jugements décalés, voire complètement erronés dans des situations bien réelles.

Le vieillissement entraîne une diminution des capacités physiques et mentales et, simultanément, l’âgé doit s’adapter, avec les moyens qui sont les siens, à des situations évolutives.

Involution et évolution coexistent donc et cela jusqu’au terme de l’existence. La dimension involutive du vieillir et les maladies associées conduisent à une vulnérabilité et à une dépendance physique pouvant aller jusqu’à la nécessité d’une aide aux gestes quotidiens les plus élémentaires, et surtout, à une dépendance affective vis-à-vis des proches, entraînant nombre de comportements difficiles à gérer.

Ce chemin du vieillir est suivi de manière plus ou moins heureuse ou malheureuse et peut alors entraîner des souffrances.

A coté de ce vécu du vieillard, il convient d’examiner celui de l’entourage familial, en règle générale plus jeune, qui souffre de ce qu’il perçoit comme une dégradation de l’image de l’ancêtre. En général, il va lui offrir son aide.

L’interaction relationnelle entre l’aidant (souvent une personne de la famille ) et l’aidé âgé devient alors le support du cadre de vie de cet âgé. L’un et l’autre sont en effet mus par leurs attentes réciproques (le vieillard par ses besoins affectifs, l’aidant par son besoin de prendre soin découlant de son altruisme).

Or, ces attentes vont souvent être déçues, à plus ou moins long terme, du fait des dégradations involutives du vieillard et de la fatigue de l’aidant tiraillé entre son désir de bien faire et son incompétence face à certains situations.

De possibles dérapages peuvent aller jusqu’à la maltraitance des deux côtés. Une telle occurrence n’est pas rare dans des relations d’aide au long cours de vieillards, du fait de maladies évolutives, en particulier de la maladie d’Alzheimer.

Tout ce que nous venons de dire s’adapte aussi aux professionnels travaillant auprès des personnes âgées. Certes, le professionnalisme peut et devrait protéger contre de tels dérapages.

Mais l’importance de la relation humaine dans un tel travail peut submerger le savoir technique acquis et entraîner vers des conduites maltraitantes. Le professionnel n’est pas un technicien désincarné. Ce risque impose donc aux professions considérées de prendre les mesures de prévention nécessaires.

Enfin, certaines maltraitances peuvent être liées aux personnalités en présence. Malheureusement l’ignorance, la bêtise, la cupidité, voire la méchanceté se rencontrent dans l’humanité.

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