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Maltraitance et personnes âgées - Y a-t-il une réponse possible à la maltraitance ?

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Y a‑t-il une réponse possible à la maltraitance ?

La complexité du phénomène maltraitance et le trouble qu’il entraîne chez ceux qui l’approchent expliquent la prudence, l’humilité et le professionnalisme dont on doit faire preuve. 

Conditions préalables à une intervention adaptée

Prudence et humilité : on ne peut traiter une telle réalité sans être impliqué, mais ill faut aussi disposer de la capacité à prendre un certain recul vis-à-vis de la brutalité de certains faits.

Professionnalisme : les différentes formes de la maltraitance appellent des connaissances multiples d’ordre sanitaire, social, juridique, un fonctionnement coordonné en équipe et la constitution de réseaux sur lesquels une réponse pourra s’élaborer.

L’écoute attentive, ouverte et prolongée, si possible des victimes, de l’entourage et des témoins, est première et fondamentale. Cette écoute permet :
- de cerner, plus ou moins facilement, les contours d’une situation donnée ;
 — de confirmer le caractère vraisemblable de la maltraitance ;
- de préciser les caractéristiques des protagonistes et leur relation.
C’est seulement après un temps d’étude, parfois long, que pourront être envisagés avec prudence les interventions des services habilités : instances sanitaires, sociales, juridiques, police… Il faut savoir que toute situation humaine, même malheureuse, même de maltraitance, est la résultante de plusieurs facteurs. Modifier l’un d’entre eux peut entraîner une amélioration ou une aggravation et demande donc évaluation. La pratique gérontologique a appris cette règle de prudence à tous les professionnels. Telles sont les conditions à remplir pour qu’une réponse adaptée puisse être apportée à une situation de maltraitance.

L’écoute Alma Paris, menée avec rigueur et avec le respect du strict anonymat, montre :
- qu’un succès (arrêt de la maltraitance) ou une amélioration (allègement de la situation ) peut être obtenu dans environ la moitié des appels relevant d’une réelle maltraitance. Ce n’est pas négligeable !
- que plus de la moitié des cas relevant d’une réelle maltraitance ne peuvent être résolus car ils sont liés à des situations familiales ou à des liens pathologiques tels que les victimes ne peuvent ou ne veulent souhaiter un changement. L’ensemble de la situation ne peut alors être modifié.
- que certains appels ne peuvent être suffisamment documentés et demeurent indéterminés.
Le nombre d’appels concernant une éventuelle maltraitance semble très faible par rapport à la totalité présumée du phénomène. On doit donc mettre en pratique de manière bien plus affirmée des mesures de prévention concernant tout spécialement les personnels susceptibles d’intervenir auprès des personnes âgées et leurs aidants naturels. Ceci demandera un effort important de notre société peu portée à établir des rapports avec ses aînés et donc à s’investir dans cette tâche.

Mesures préventives

Les mesures préventives ont pour objectifs :

  • d’empêcher un événement de se produire. Il en est ainsi de la prévention primaire : vaccination contre la grippe, mesures de prévention des chutes à domicile, sauvegarde de justice… Elles relèvent de bonnes pratiques reconnues pour leur intérêt et recommandées après une évaluation gérontologique approfondie de la personne âgée (même en bonne santé apparente) et de son environnement.
  • d’empêcher les récidives. Il s’agit alors d’une prévention secondaire qui s’applique pleinement aux situations de dépendance des personnes âgées devenues plus vulnérables.

Importance des bilans gérontologiques


L’objectif essentiel à considérer est la prise en soin d’une personne en situation de dépendance physique et/​ou affective. Toute action doit être précédée d’une évaluation qui porte sur :

- ses besoins en fonction de ses handicaps, de son entourage et de ses conditions de vie. Ces besoins obéissent à des règles établies par des professionnels selon des grilles ( AGGIR, APA…).
- ses attentes, ce qui est plus difficile. Les attentes d’une personne âgée sont ce qui la sépare de l’avenir, mais à partir d’un présent ressenti douloureusement, en raison d’obstacles de diverses natures s’opposant à ses projets. 

Le savoir-faire

Le « comment répondre à ces attentes ? » doit alors considérer chaque individu comme unique et comparable à nul autre. En conséquence, l’action sera orientée par une analyse préalable des conditions à remplir pour améliorer la situation présente.

L’inventaire des faits favorisera la perception fine de chaque situation. Elle est importante pour l’orientation des mesures à proposer. Cette façon d’agir nécessite un investissement subjectif des intervenants et le développement des valeurs personnelles (savoir-faire et savoir être), acquises seulement par l’expérience.

Tous ceux qui prennent soin d’une personne en situation de dépendance font appel à un savoir qui doit être suffisamment étendu pour comprendre une majorité de situations rencontrées, et reconnaissent aussi leurs limites. Ils doivent avoir pris conscience de la valeur toute particulière d’un travail indispensable concernant une personne devenue dépendante et, plus encore, lorsqu’elle est incapable de le demander par elle-même. Enfin ils doivent comprendre l’intérêt du travail en équipe avec des intervenants spécialisés dans plusieurs disciplines afin de répondre aux nombreux objectifs d’aide et/​ou de soin chez la même personne devenue de plus en plus dépendante.

Le soulagement ou l’arrêt d’une maltraitance est donc possible. Ceux qui souffrent ont donc intérêt à joindre le 3977, numéro d’appel national contre la maltraitance.

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