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Des bénéficies de l'art-thérapie et de la musicothérapie - "L'art devient traitement"

Temps de lecture 4 min

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L’art devient traitement”

Art-thérapie, musicothérapie et maladie d’Alzheimer : éclairages de John Zeisel et Marianne Hartmann.

Comment l’art peut devenir une thérapie

John Zeisel a montré que dans les 8 foyers Alzheimer qu’il coordonnait, il était possible d’obtenir des résultats significatifs sur les comportements des malades en utilisant l’art : 25 % d’augmentation de capacité à se lever, 25 % d’augmentation de capacité à se laver, 22 % d’augmentation de capacité à se vêtir, 22 % d’augmentation de capacité à aller aux toilettes. Ces résultats, John Zeisel les explique très bien.

Premièrement, en s’appuyant sur le stock cérébral” de départ. Le cerveau contient 100 milliards de cellules cérébrales. Lors de la maladie d’Alzheimer, il y a effectivement une perte jusqu’à 40 % du poids du cerveau, mais il reste encore au moins 60 milliards de cellules. Il faut donc continuer à utiliser ces nombreuses cellules.

Deuxièmement, selon lui, le cerveau peut être comparé à un moteur à trois fonctions :

- l’interprête : comprendre le monde (fonction qui utilise la partie gauche du cerveau) ;
- l’acteur : perception, sens, actions sur le monde (fonction qui utilise le lobe occipital, le pariétal et le pré-frontal) ;
- le comparateur : tests entre les actions, et interprétation (fonction du lobe frontal).

Dans la maladie d’Alzheimer, les deux premières fonctions sont conservées, seule la fonction comparateur” n’existe plus. Il y a donc pour John Zeiser moyen d’utiliser ces deux premières fonctions cérébrales chez le malade par l’intermédiaire de séances artistiques : cirque, danse, musique, peinture, chant …

D’autant plus que le cerveau possède des mémoire dites pré-cablées”, c’est-à-dire des réactions innées :

- la nécessité d’un foyer ;
- l’utilisation des répères pour trouver son chemin ;
- les expressions faciales : sourire, grimace, tristesse, frayeur… ;
- la réaction à la lueur du soleil et à la chaleur ;
- les expressions artistiques de toutes sortes : musique, chant, peinture, sculpture, danse…

John Zeiser explique aussi que à chaque réaction d’humeur (joie, tristesse, fatigue, colère …) correspond un neuro-transmetteur (dopamine, acetyl-choline, sérotonine, …) et qu’il est donc possible par conséquent de stimuler les neuro-transmetteurs par des actions d’émotion, « pas besoin de traitement pharmacologique ! »

Le plus important est le lien entre cognitif et émotif, c’est-à-dire l’interaction entre la personne et l’objet de l’Art.

Le but du traitement par l’art-thérapie est d’améliorer la qualité de vie en permanence. Si en plus le sentiment de soi est possible alors les malades peuvent trouver leur histoire. Ils peuvent exprimer le sens d’eux-même dans la peinture, car le processus de dessin est parallèle au processus créatif du cerveau. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder les deux oeuvres identiques d’un même peintre, une réalisée avant et l’autre pendant sa maladie d’Alzheimer. Difficile de les dater ; avant ou après la maladie ? La majorité des participants a préféré la toile peinte pendant la maladie. Etonnant ?

Le docteur John Zeisel a créé un site Internet pour les artistes : www​.artistsforalzheimers​.org.

Artistes auxquels il demande simplement :
- offre une heure de ton temps par an ;
- accompagne des résidents ;
- donne confiance en soi aux résidents.

Le rêve de John Zeisel : « Que toutes les institutions culturelles ouvrent leurs portes aux malades : cirque, musées, cafés, cinémas … »

On peut toucher avec la voix

Marianne Hartmann est issue d’une famille de célèbres musiciens. Il est d’autant plus normal qu’elle s’intéresse à la musicothérapie ou comment appliquer la musique dans tous les actes de la vie quotidienne”.

Pour Marianne Hartmann, chercher à l’université d’Anvers, l’écoute musicale est importante, elle concerne le soignant et le soigné.

Le meilleur moyen de faire passer les émotions est le chant. Dans le chant, il y a 55 % d’attitude, 38 % d’intonation, et 7 % de vocabulaire. Sur une même musique, peu importe les paroles, c’est l’émotion qui passe. Dans le chant, l’attitude du chanteur est importante : on est physiquement présent” (ancré, centré, disponible).

En thérapie, la personne âgée est le chef d’orchestre” et le soignant le musicien” ou l’accompagnateur”.Si on a compris le message de la musique, alors il suffit de suivre le chef d’orchestre, lui il sait ! explique Marianne Hartmann. Il ne reste plus qu’à accompagner les émotions, les gestes, le temps, les mouvements, les chansons, le silence, la façon de parler, de s’exprimer, de chanter …

L’écoute des émotions n’est pas chose aisée.

Il faut :
- ne pas mentir : ne pas rentrer dans le délire de la personne malade ;
- ne pas contredire : ne pas faire appel à la raison ;
- accompagner l’émotion ;
- re-formuler ;
- et surtout chanter !

A vos vocalises …

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