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Créer un jardin thérapeuthique en Ehpad - Au sommaire de ce dossier

Temps de lecture 29 min

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Au sommaire de ce dossier

Les jardins thérapeutiques, lieux de contemplation mais ausi d’échanges

, sont aujourd’hui reconnus et considérés comme des outils efficaces d’accompagnement des personnes atteintes de troubles cognitifs. Quels sont leurs bienfaits ? Comment bâtir un jardin thérapeutique ? Quelles plantes choisir ? Tout découvrir dans notre dossier.

Au sommaire :

Préambule de Jérôme Pellissier

De plus en plus d’études témoignent de ce que le maintien de la santé, le sentiment de bien-être, la qualité du sommeil, la réduction des médicaments nécessaires, l’appétit, le goût de communiquer avec les autres, etc., sont fortement favorisés par plusieurs facteurs architecturaux, environnementaux et organisationnels : présence de lieux d’échanges comme de lieux calmes, présence de parcours adaptés pour pouvoir marcher longuement sans crainte de chutes, éléments stimulants pour les sens (plaisirs liés aux parfums, à la vue d’un beau paysage…) et pour l’esprit (activité renouant avec une pratique d’autrefois, objets associés à certaines mémoires).

Beaucoup d’établissements disposent d’un espace qui, bien pensé et aménagé, peut permettre de répondre à tous ces objectifs : le jardin.

Avant d’entrer dans les bâtiments, un jardin est souvent la première image que perçoivent les futurs résidents, les visiteurs, les journalistes. Et l’expérience le montre : le ressenti est radicalement différent selon que l’espace entre la rue et l’établissement ressemble à un jardin ou à un parking !

Le jardin est avant tout un lieu multiple, constitué de plusieurs lieux. Il permet de construire :
- l’image, mouvante en fonction des saisons, de l’environnement, à la fois ouverture sur l’extérieur et protection (quand celui-ci est esthétiquement agressif);
- des endroits où l’on peut goûter un moment de solitude ou d’intimité avec un parent ;
- des espaces centrés sur des activités, à faire ou contempler, proches de celles que beaucoup de français ont pratiqué (petit potager, quelques fleurs, herbes aromatiques) ;

Le jardin peut être derrière et permettre plus d’intimité. On peut alors y prévoir un espace où les kinésithérapeutes peuvent travailler par beau temps avec leurs patients.
Il peut être devant. Il permet alors de penser à des plaisirs partagés entre les habitants de la maison de retraite et leurs voisins, comme dans cette EHPAD où la cueillette des noisettes et des framboises réunit régulièrement tout le quartier),

Un lieu de bien-être et de plaisir.
Tous les résidents qui profitent de ces jardins parlent des plaisirs qu’ils leur procurent. Ils décrivent leurs joies de voir des plantes, fleurs ou fruits, de les sentir, de les goûter, d’en prendre soin, de voir passer le temps au rythme des saisons et des végétaux, de voir les arbres, symboles de ce qui grandit et vieillit à la fois, d’être en lien avec les animaux, l’eau, de se laisser aller à la rêverie, de créer et participer à la vie du jardin et de ses habitants, de partager des savoirs et des expériences. Le jardin n’est pas qu’un lieu de contemplation. Il est aussi support vivant d’activités :- de celles qui sollicitent la mémoire, parce que la plupart des Français âgés ont appris, dans leur enfance, les noms des plantes et des oiseaux des jardins de France ;
- de celles qui font travailler le corps ; des bacs, pour certaines cultures, sont conçus pour être utilisés par des personnes ne pouvant se pencher, ou par des personnes en fauteuil roulant ;
- de celles qui ouvrent vers les autres comme cet atelier de culture où les résidents de l’EHPAD de L. apprennent aux enfants d’une école voisine à accomplir certains gestes

Jardin thérapeutique, jardin plaisir, jardin secret ou partagé. N’oublions pas pour autant qu’un jardin représente aussi des dangers. Le plus beau jardin ne fait office que de tableau si personne n’ose y aller, par crainte de tomber, de s’y perdre, de s’y blesser, de s’y noyer
Le jardin d’EPHAD, pour pouvoir être ouvert à tous, y compris aux personnes atteintes de maladie type Alzheimer, doit tenir compte des risques liés aux
- allergies (pollens…),
- chutes,
- végétaux toxiques (baies, fleurs et feuilles de certaines plantes…),
- aux errances qui pourraient conduire la personne à sortir du jardin et à se perdre à l’extérieur.

Un jardin type

Un jardin adapté, pensé en fonction des personnes qui l’habitent, représente un coût, tout comme une architecture adaptée, un prendre soin adapté.

Où trouver tout (ou à peu près tout) pour le réaliser ?










Sons de merle


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La solitude est un droit

Si le droit d’un(e) résident(e) à aller se promener, s’asseoir, s’isoler, lire, méditer… seul(e) au jardin est indiscutable, le risque de chute n’en est pas moins toujours présent. Il faut donc rendre compatible ce droit à la solitude avec le devoir de secours en aménageant dans le jardin un espace restant sous surveillance.

Ce droit à la quiétude va nécessairement sans accompagnant et le jardinier, s’il est là, peut être éloigné du solitaire et occupé avec un engin bruyant (tondeuse, taille-haie, coupe-fil…) dont le vacarme masquera totalement le bruit de la chute et les appels au secours.

moucharabieh

Le jardinier prendra soin dès lors d’aménager ce coin tranquille” à l’aplomb d’une porte-fenêtre de la maison et d’équiper celle-ci d’un moucharabieh donnant au promeneur le plaisir d’un coin tranquille et isolé avec la sécurité due à la proximité des personnels de la maison.
Equipé d’un système de poulies propre à le relever rapidement, on pourra dès lors lui porter assistance en deux temps trois mouvements :
1 — relever le dispositif.
2 — ouvrir la porte.
3 — porter assistance.

Bien sûr, le jardinier aura veillé à ce que l’allée menant à l’espace de solitude soit suffisament large pour y laisser intervenir les brancardiers au cas où la manipulation de la personne à terre interdirait son extraction par l’intérieur.

Une chicane d’un mètre vingt de largeur nous semble à l’heure actuelle la bonne dimension.

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Génèse d’un mamiedrome

Quand j’ai commencé là, à Castel Nazareth, j’ai moins vu le jardin que la douleur des dames. Les mains crispées sur la rampe du déambulateur, à petits pas, lentement, elles avançaient. Quand même.

Alors le jardinier à peine engagé eut l’idée de transformer un parcours d’exercice en chemin des bonheurs. Récompenser chaque pas d’une couleur, d’un parfum, d’une baie, d’un émerveillement sur le verger à droite, sur les invraisemblables lumières du sous-bois à gauche. Jalonner tout du long de symboles sur le temps, sur l’avenir, sur la vie, sans la peur. Prétextes à rêverie, méditation, prière.

Une allée cimentée, parfaitement plate, sans risque de chute, ombragée, était toute indiquée. D’abord y mettre un banc, sur une tendre pelouse, à l’ombre d’un grand chêne. Placé à mi-parcours, pour soulager l’effort. Avec quelques framboises, à picorer assise.

mamiedrome

Au départ, un phœnix, bel arbre au nom d’oiseau qui renaît de ses cendres. Au retour, encore lui.

Puis trois arches fleuries.
Chapelle à ciel ouvert”. Des couleurs vives et fraîches. Beaucoup de blanc, des roses, avec quelques rouges vifs pour donner l’énergie. Et tout le bleu du ciel pour apaiser l’esprit. Et puis, pour le printemps, des perce-neiges, crocus, narcisses et jacinthes, toutes ces petites fleurs qui confirment aux mamies qu’elles ont vaincu l’hiver.

allee

Tout du long des parfums : jasmin, lavande, œillet, lilas, chèvrefeuille, menthe, seringa, muguet… Et des roses, bien sûr. Avec l’eau d’une fontaine pour rafraîchir l’oreille, et un brumisateur, pour rafraîchir la peau.

Enfin, de la lumière, car par 40 à l’ombre, on va marcher la nuit.

- Et la musique ?!

- On s’en charge, dirent le vent, les oiseaux et des rires d’enfants.
- Je pourrai quand même faire venir un violon de temps en temps ?
- Sans problème ! répondit le vent. Ça me fera une pause.
- C’est joli, dit un merle qui m’écoutait rêver.
- Tu devrais t’y coller.
- T’es gentil, mais les sous, je vais les trouver où ?
- Des fruits plein le verger. Le sucre ne coûte pas cher. Fais donc des confitures ! argumenta un rouge-gorge d’affaires.
- Bien sur, s’exclama un écureuil comptable. Ils financent bien la recherche avec un téléton. Fais comme eux : mamieton !


les confitures de la madone

*C’est ainsi qu’à Castel Nazareth naquirent Les confitures de la Madone” dont le premier pot de gelée de groseilles partit immédiatement se faire connaître au Pape. Accompagné d’un confiturier sorti tout droit des poumons d’un maître-verrier. Enfin ! Les jardiniers ont leur Graal, maintenant.

Mamiedrome : n.c. masculin. Promenade fleurie, parfumée, rafraîchie, éclairée, à l’usage des dames âgées auxquelles la médecine a prescrit de marcher malgré la douleur et la canicule.

Mamieton : n.c. masculin. Ensemble des moyens mis en œuvre par le jardinier pour financer la réalisation optimale du mamiedrome. Au premier rang desquels figure la commercialisation des confitures de la Madone, réalisées avec les fruits du verger, suivant les conseils d’un écureuil.

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Jardin des plaisirs et non plus jardin de tous les dangers et des peurs (chute, douleur, chaleur)

On crée un jardin avant tout pour celles et ceux qui vont s’y trouver. Le jardin d’une maison de retraite n’échappe pas à la règle.
Il a ceci de spécifique qu’il doit permettre l’exécution de l’une des principales ordonnances de la médecine et de la kinésithérapie aux résidents : il faut marcher.
Or, il convient de considérer une personne âgée comme une personne polyhandicapée. Son corps est douloureux, ses forces diminuées, sa vue souvent altérée. L’ouïe également. L’odorat parfois aussi. La palette des sensations possibles s’en trouve considérablement réduite.
Il faut donc composer fort et clair. Des volumes importants, des couleurs vives, des parfums puissants et des repères partout. Mais son principal handicap, c’est la peur.

Peur de la chute d’abord, et de sa conséquence fréquente : la fracture du col du fémur qui vous cloue, pour beaucoup, du peu qui reste à vivre sur un lit d’hôpital d’abord, dans un fauteuil roulant ensuite, avec une rééducation pénible et douloureuse au bout.

cloche

Le jardinier doit donc veiller à réaliser des allées parfaitement planes, en pente très douce si l’on ne peut faire autrement et dans ce cas équipées de rampes, débarrassées de tout ce qui peut faire trébucher, glisser, rouler, équipées de systèmes aptes à donner l’alarme si la chute se produit malgré tout et qu’il n’y a pas d’accompagnant à ce moment précis dans le jardin.
Pour ma part et pour l’instant, je n’ai rien trouvé de plus efficace et de moins onéreux qu’un fil longeant la promenade reliée à une ou plusieurs cloches suspendues aux endroits stratégiques de la maison : devant l’entrée principale, la fenêtre du bureau de la direction, la salle de télévision, la salle de repos du personnel.
Et enfin des parcours éclairés car en cas de grosse chaleur on va marcher la nuit. Or, aucune personne âgée ne sortira au jardin le soir si elle ne voit parfaitement où elle pose son pied.

Peur de la douleur ensuite. La marche étant pénible, il faut imaginer les promenades comme des parcours d’envies successives, de buts à atteindre. Transformer un parcours d’exercice en chemin des bonheurs.
Récompenser chaque pas d’une couleur, d’un parfum, d’une baie, d’un émerveillement à droite, d’un enchantement à gauche. Jalonner tout du long de symboles sur le temps, sur l’avenir, sur la vie. 

escale le banc

Prétextes à rêverie, méditation, prière.
Et aménager des escales à l’ombre desquelles se reposer avant de repartir plus loin ou de rentrer.
L’impossibilité de se relever seul étant toujours ressentie comme une étape irréversible de la dépendance, on veillera à disposer sur ces escales des sièges suffisamment hauts pour qu’il ne soit pas trop pénible de s’en relever, dotés d’accoudoirs sur lesquels pousser et de potences d’aide au relèvement sur lesquelles tirer.

Peur de la chaleur aussi qui, depuis l’été 2003, dissuade la plupart d’aller marcher l’été. Le jardinier aura donc soin de créer des mouvements d’eau afin de ménager des espaces rafraîchis.
D’autant qu’au jardin, qui dit sérénité” entend de l’eau qui coule…


bassin

Fontaine, bassin, étang selon la surface, petit ru, cours d’eau, cascade selon les budgets. En plus de sa vertu rafraîchissante, l’eau, en effet, calme et apaise. Elle est source de distraction aussi puisque les vasques attirent les oiseaux pour le bain, des poissons aussi peuvent y nager entre les nymphéas.
Mais attention le risque de la chute aux abords y est plus conséquent encore puisque le promeneur, en tombant, pourrait s’y noyer… une rembarde s’impose !
Le bon sens du jardinier le conduira à faire appel, selon son style et son budget, au menuisier, au ferronier d’art ou au tailleur de pierre pour empécher, au moyen d’une rembarde, l’accès aux abords immédiats de la pièce d’eau

Peur de la mort prochaine enfin, omniprésente comme cette pendule Qui ronronne au salon, Qui dit oui, qui dit non, Et puis qui nous attend…”. Tous.
Les personnes âgées, mais aussi les membres du personnel, sont particulièrement sensibles aux allergies. Le jardinier aura donc soin de ne pas planter sous le vent les espèces dont les pollens s’avèrent être les plus agressifs, tout particulièrement cyprès et bouleaux.

Détendons un peu l’atmosphère par un rapide passage aux plates-bandes d’herbes aromatiques qu’en humaniste épicurien j’avais installées sous les fenêtres des cuisines de ma seconde maison de retraite. Pure folie!!!
Nul ne peut croire que des normes intégristes d’hygiène interdisent formellement aux cuisiniers d’utiliser le persil du jardin ! Et pourtant, elles sont là !
Le jardinier se trouve alors devant un choix cornélien : soit renoncer à procurer par quelques condiments l’un des plaisirs restant aux résidants, à savoir la gourmandise, soit convaincre les chefs d’entrer en résistance et de concocter malgré tout quelques omelettes aux fines herbes dans une clandestinité maîtrisée.
Hélas, derrière les fourneaux non plus n’est pas Jean Moulin qui veut et j’en ai vu beaucoup collaborer avec la dictature de la mal-bouffe.
C’est pourquoi j’appelle solennellement toutes celles et tous ceux pour qui le basilic est un droit et la tendresse pour les vieux un devoir à rejoindre le Front le Libération du Persil et de la Ciboulette, canal historique évidemment !
Chant d’une mésange



Voir aussi notre article sur la formation des soignants à la prévention de chutes

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Une promenade adaptée aux malades d’Alzheimer

La première évidence choquante dans la plupart des jardins réservés aux personnes désorientées”, c’est leur aspect carcéral, avec hauts grillages quand ce ne sont pas des barreaux et les systèmes de sécurité qui enferment les personnes comme des délinquants alors que ce sont des malades. Fugueurs, certes, mais ce n’est quand même pas un délit que de vouloir rentrer chez soi !

Il m’est arrivé d’entendre des résidents, au bord des larmes, me dire leur sentiment de captivité dans ces maisons où ils se sentent moins soignés que gardés. J’ai donc à coeur de faire d’abord tomber toutes ces clôtures métalliques et de les remplacer par des barrières végétales infranchissables telles que bambous, lauriers, ifs en pleine terre, en hauts bacs lorsqu’il faut respecter des surfaces en dur.

Toutes les plantes toxiques sont à proscrire pour éviter que les personnes présentant des troubles cognitifs, en se promenant, ingèrent des baies ou mastiquent des feuilles. La liste de ces plantes a été établi par le CHRU de Lille. Pour la découvrir : cliquez ici.

La perte de mémoire progressive, à commencer par la mémoire immédiate est l’un des principaux symptômes de la maladie d’Alzheimer. Le malade ne se souvient pas de ce qu’il vient de dire ou faire. Il convient ainsi, dans la maison comme au jardin, de solliciter le plus souvent possible la mémoire lointaine pour ralentir la dégénérescence de la mémoire immédiate. Pour être exacte, la formule n’en est pas moins complexe. En français de jardinier, cela se traduit ainsi : Si tu ne veux pas que tes neurones dégénèrent, Pépère, il va falloir les faire travailler un maximum.”

Des bouquets de mots, des massifs à penser. Les travaux des gériatres donnent la lecture comme meilleur exercice pour la mobilisation des facultés cognitives.
Au fil de la promenade, les résidants découvrent des citations incontournables, fondements de la pensée universelle. Philosophiques, encourageantes, souriantes, elles incitent le promeneur à lire, à réfléchir, méditer, discuter, avancer. Incluses dans des résines de couleurs de formes et de dimensions variées, ces phrases- fleurs ou fruits sont disposées en massifs, en isolé, en grappes… On peut aussi disposer les mots en vrac, créant ainsi un jeu de recomposition de phrases avec le sujet au départ, le complément un peu plus loin et le verbe au bout, pour le moins difficile. Je”, volontiers”, m’assoirais”.


Ardennais

La mémoire des sens.
Chacun de nos cinq sens a sa propre mémoire. Pour ne citer que l’ouïe, nos résidents, majoritairement d’origine rurale, savent davantage le bruit des sabots martelant la chaussée qu’ils ne s’en souviennent. Dans leur enfance, avant la révolution automobile, on faisait tout ou presque à la campagne avec les chevaux. Leur mémoire auditive s’active d’elle-même en entendant au petit matin les sabots du cheval de trait et les roues de la carriole passant sous leur fenêtre. Elle reste alertée en voyant au fil de la journée les jardiniers effectuer tous les gros travaux avec leur paisible colosse.



Charlot
bourvil

La mémoire affective.
A la faveur d’une intuition et d’un hasard incroyables, j’ai pu acquérir pour trois sous une statue en résine de Charlie Chaplin dans son costume favori. Je l’ai placée au centre du jardin. En promenant un malade qui ne reconnaissait plus ses enfants, je l’ai entendu murmurer en passant devant elle : Oh!… Charlot!”.
J’attends désormais qu’avec les sculpteurs du musée Grévin nous puissions être en mesure de disposer dans un massif de graminées la frêle silhouette d’Edith Piaf qui, chantant mains tendues, semblera cueillir des fleurs. Là-bas, Maurice Chevalier vous saluera du canotier. Fernandel sourira près du cabanon à outils et Bourvil?… Où bon vous semblera. En tête (c’est le cas de le dire) des personnalités préférées des français, il fonctionnera à presque tous les coups.
Lorsque viendra mon tour, n’oubliez pas Coluche. Épargnez-moi Renaud, sauf si j’ai fait du mal…

Après la mémoire du coeur, la mémoire par coeur”. Enfant, j’étais très impressionné par la mémoire de mon grand-père qui, malgré les déluges d’obus de Verdun et du chemin des dames, puis plus tard les bombardements de la Luft Waffe, avait retenu tous les départements de France avec chaque préfecture et presque chaque chef-lieu de canton. En manière de jeu, je lui demandais Cher?, il me répondait Bourges aussitôt.
De même pour les principales dates de l’histoire de France. Aussi ai-je inscrit sur des pas japonais : 1515 ? 1789 ? 1802 ? 1945 ? De même, à compléter : 18 Juin… ? 14 Juillet… ? Et le piège : 25 Décembre …? Zéro, bien sûr.
Des jeux, des devinettes, des quizz, partout dans le jardin de quoi mobiliser l’intelligence.
L’un des plus beaux compliments qu’on m’ait fait à ce sujet est que ce jardin pourrait être aussi celui d’un campus universitaire.

Vélérianes


chant d’une fauvette 



Un jardin-cadeau” pour les familles et les enfants

J'ai oublié mon bouquet



Fatiguées, stressées, pressées, soumises au rythme des temps modernes, il arrive souvent que les familles réalisent en arrivant à la maison de retraite qu’elles sont venues les mains vides.

Un massif de fleurs à couper disposé à l’entrée permet, avec un sécateur et un peu de raphia, de réparer l’oubli en composant un joli bouquet.

Dans un coin du jardin des jeux, une cabane, un bac à sable … sont des éléments que le jardinier de maison de retraite observateur, aura pris soin de disposer à lattention des jeunes enfants qui s’ennuient vite quand on les emmène voir Mamie”. Ces précautions évitent aussi, soyons francs, des parties de foot dans les dahlias et des courses dévastatrices dans les massifs.

Quand le jardin est suffisament vaste, le jardinier peut même y créer une petite aire” de pique-nique pour accueillir aux beaux jours, en fin de semaine, notamment, les résidents et leurs visiteurs, parents et amis, pour un déjeuner ou un gouter à l’ombre des plantes grimpantes. Cette initiative a des chances de faire plaisir à tout le monde :
- rompant avec la routine des déjeuners en salle, les résidents peuvent faire le plein de vitamine D autant que de chaleur humaine.
- le médecin et le kiné apprécient que leur patient ait à marcher un peu pour s’y rendre.
- les enfants peuvent, après déjeuner, aller s’amuser dans le jardin sous l’oeil attentif des adultes qui malgré tout peuvent poursuivre leur conversation ou, eux aussi jouer … aux cartes ou à ce que bon leur semble.- résidents et personnels, lorsque bon leur semble, à l’heure du repas, venir s’y faire griller une cotelette ou une saucisse avec les jardiniers… Aux beaux jours, il y a même fort à parier que la salle de restaurant soit désertée !!

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Abri de jardin

Le jardin des mémoires

Solliciter le plus souvent possible la mémoire lointaine pour ralentir la dégénérescence de la mémoire immédiate. Dans leurs travaux, les gériatres affirment que la lecture est un excellent exercice pour mobiiser les facultés cognitives.

Des parterres de sens. Au fil de la promenade, les résidents découvrent des citations. Encourageantes, souriantes, elles incitent le promeneur à lire, méditer, discuter, avancer. Incluses dans des résines de couleurs de formes et de dimensions variées, ces phrases de sagesse deviennent des fleurs ou des fruits disposés en massifs, en isolé, en grappes…

Parmi les citations possibles :

La plus grande des victoires est la victoire sur soi. Platon.
Sur les flots, sur les grands chemins, nous poursuivons le bonheur. Mais il est ici, le bonheur ! Horace.
La vie ressemble à un conte ; ce qui importe, ce n’est pas sa longueur, mais sa valeur. Sénèque.
La fatalité triomphe dés que l’on croit en elle. Simone de Beauvoir.
Le point de vue le plus simple est toujours le meilleur. Chaplin.
L’heure de la fin des découvertes ne sonne jamais. Colette.
La vraie sagesse est de ne pas sembler sage. Eschyle.
Il faut oser ou se résigner à tout. Tite-Live.
On n’est jamais aussi vainqueur ni aussi vaincu qu’on se l’imagine.H.de Montalembert.
La mort est le berceau de la vie. J.Higelin.
Quand il est dur d’avancer, ce sont les durs qui avancent. Kennedy
Ne pas subir. Maréchal Jean de Lattre de Tassigny
En notre temps, la seule querelle qui vaille est la querelle de l’homme. De Gaulle.
Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été. Camus.

à lire avec les pieds

A lire avec les pieds, sur une allée de sable fin, ce poème-marelle est écrit sur des pas japonais : Petits pas de zen” (Poème cognitif)

Je — marche — dans — un jardin — où — tout — m’est — destiné.
C’est — en pensant — à moi — qu’ils — ont — tout — dessiné.
Je — suis — ces pas — de lune. — Ils — me — mènent — vers — des fleurs.
Des herbes, — dans le vent, — me — dansent — le bonheur.
Je — vais — m’asseoir — ici, — prendre — un peu — de repos.
Le monde — est — ce qu’il — est. — Vu — d’ici, — il est — beau.

On peut ensuite, pour se reposer, s’asseoir à l’ombre parfumée d’une masquelière* couverte de roses rouges, clématites et jasmin.
Ici, dans un massif de graminées, la frêle silhouette d’Edith Piaf, mains tendues, semble cueillir des fleurs ; là Charlot s’éloigne ; plus loin, Maurice Chevalier salue du canotier. Fernandel sourit. Et Bourvil ? Il bourville.

Un kiosque à musique

La Guinguette

De Mai à Octobre, au fond du jardin, un kiosque à musique abrite un accordéoniste qui vient parfois jouer les airs qui collent à la mémoire.

Non, rien de rien, non, je ne regrette rien…
Ah ! le petit vin blanc
Qu’on boit sous les tonnelles
Quand les filles sont belles
Du côté de Nogent…
J’ai pris ces roses blanches
Pour aller voir Maman…
Un gamin d’ Paris, c’est tout un poème…


Nous avons imaginé et créé ce jardin pour les résidents, notamment les personnes malades, il est aussi conçu pour favoriser e bien-être, le repos et l’énergie de celles et ceux qui les accompagnent et prennent soin d’eux.

Nous écouterons ce qu’ils nous en diront.masquelière* : nom commun féminin singulier, (volontiers pluriel) du nom de son inventeur. Pergola destinée à accueillir des plantes grimpantes, créant ainsi une escale fleurie, ombragée et parfumée le long d’une promenade.
Il existe des masquelières à deux et trois places, ainsi qu’un modèle équipé d’une potence pour s’en relever plus facilement,


Croâssement d’une grenouille 



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Quand les arbres provoquent des chutes

J’étais arrivé dans le jardin de ma première maison de retraite au tout début du printemps. Pluie, vent, froid , je ne m’étonnais pas de ne pas voir les pensionnaires dehors. Mais aux beaux jours, fin mai, début juin… à nouveau, personne ou presque au jardin alors que s’épanouissaient les lys Muscadet” que je venais d’installer, qu’éclataient mes pivoines et que mes rosiers grimpants partaient, mêlés de clématites, à l’assaut des arches que j’avais disposé.

Faute de budget suffisant,
j’avais pris une carte d’entrée au Marché d’Intérêt National de Rungis, où j’avais pu me procurer quelques raretés accessibles dont j’étais assez fier. Personne ne venait les voir !

Soucieux de comprendre, après une matinée paradisiaque, douce, ensoleillée et gorgée de chants d’oiseaux, à l’heure du repas, j’entrais dans la salle-à-manger : Je vous ai fait un beau jardin et vous ne vous y promenez pas, pourquoi ?”
En écoutant les réponses unanimes, j’ai vite compris : la peur de tomber retenait les résidents à l’intérieur. A la peur de la chute s’ajoutait celle de n’être pas vite secouru.

La cloche et son code



Glands

J’ai donc ensuite conçu une promenade parfaitement plane, équipée, en raison d’un petit budget, d’un dispositif rudimentaire d’alarme (fil tout au long de la promenade relié à une cloche). Située en lisière d’un parc planté de chênes majestueux, le gland roulant sous la semelle devint vite mon principal ennemi.

marrons

Sont à proscrire, aux abords des promenades, tout arbre dont les fruits tombés peuvent entraîner la chute :
- châtaignier,
- chêne,
- cognassier,
- marronnier,
- noyer,

Pomme de pin

- pin,
- sapin…
ainsi que de ceux dont les feuilles mortes trempées de pluie deviennent de véritables savonnettes”, tels que : catalpa, platane, acacias…

A ce stade, seul le bon sens commande.

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Les végétaux allergisants

Les personnes âgées sont particulièrement sensibles aux allergies provoquées par la dispersion des pollens dans l’atmosphère.

Planter sous le vent ou y laisser prospérer des espèces allergènes fait courir aux résidents (et dans une moindre mesure les personnels) le rique de crises d’éternuements, d’yeux qui pleurent, de nez qui coule ou de gorge irritée. Et parfois bien pire.
Le site www​.allergienet​.com informe largement sur cette question

Voici les principaux végétaux à débroussailler avant la floraison,
s’il ne peuvent être totalement évités.

Pour les arbres :
- cyprès, bouleau, viennent largement en tête (coefficient 5, très puissant)
- aulne, chêne, frêne (coefficient 4)
- noisetier, saule, charme, platane, tilleul et olivier (coefficient 3)

Pour les herbacées :
- les graminées et l’ambroisie (Coefficient 5)
- pariétaire et armoise (Coefficient 4)
- chénopode et plantain (Coefficient 3)

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Les végétaux toxiques

Ces plantes et fleurs sont celles qui communément agrémentent et embaument nos jardins pour notre plus grand plaisir. Il ne s’agit pas de toutes les supprimer. Toutefois, en présence de personnes présentant des troubles cognitifs, nos malades d’Alzheimer, il convient de les reconnaître et de savoir ce qui peut provoquer quoi.

Arum : irritation des muqueuses.
Aubépine rouge et blanche : hypetrension, troubles cardio-vasculaires.
Aconit (casque de Jupiter) : roubles neurologiques, digestifs, cardiaques ; angoisse extrème.
Ancolie commune : brûlures cutanées.
Anémone des bois et pulsatille
 : engourdissement, difficultés respiratoires, convulsion.
Anthurium : irritation de la bouche et de la gorge.
Aucuba : nausée, fièvre.
Belladone : sècheresse de la bouche, desorientation, agitation.
Bois gentil (Daphne mezereum) : douleurs abdominales violentes, fièvre, crampes, délire, somnolence.
Bryone dioique : douleurs abdominales violentes, fièvre, crampes, délire, somnolence.
Buisson ardent (Pyrancantha) : douleurs digestives, vomissements, fièvre.
Camerisier (Lonicera xylosteum L.) : vomissements. Une ingestion massive de baies peut provoquer de la diarrhée. Dans de rares cas, troubles respiratoires et circulatoires ne sont pas exclus.
Chèvrefeuille à fruits rouges (Lonicera : periclymenum) : vomissements intenses, diarrhées sanguinolentes, troubles cardiaques et neurologiques graves.
Clématite des haies (Climatis vitalba) : brûlure de la bouche et du pharynx. Troubles généraux graves.
Colchique d’automne : troubles digestifs et cardiaques graves.
Cotoneaster : brûlure des lèvres et de la bouche. Vomissements, douleurs abdominales, diarrhées.
Cytise : vomissements sanglants, vertiges, soif intense, fièvre. Troubles nerveux, cardiaques et respiratoires graves.
Dieffenbachia (Intérieur) : brûlures, oedème des lèvres, troubles respiratoires et de la digestion.
Digitale pourpre : nausées, vomissements diarrhées. Troubles cardiaques graves.
Douce amère (Salomon dulcamara) : diarrhées aigües, nausées, vomissements, fièvre.
Euphorbe : irritations, brûlures, troubles digestifs, neurologiques et respiratoires graves.
Fougère mâle : troubles digestifs et nerveux. Probablement cancérigène.
Fragon épineux (Rusus aculatus) : vomissements, diarrhées.
Fusain d’Europe : douleurs abdominales, troubles cardiaques et neurologiques graves.
Genêt (Cytisus scoparius) : troubles neurologiques et cardiaques graves.
Hortensia : vomissements, angoisse, gêne respiratoire, état vertigineux.
Houx : troubles digestifs et neurologiques graves.
If : vertiges, troubles cardiaques et neurologiques graves.
Jusquiame noire (Lyoscyamus niger) : diarrhée aigüe, vomissements, fièvre.
Laurier cerise : troubles digestifs, vertiges, perte de connaissance, troubles cardiaques et neurologiques graves.
Laurier rose : nausées, vomissements, diarrhées, troubles cardiaques graves.
Lierre : diarrhée, vomissements, crampes et paralysies.
Marronnier d’Inde : troubles neurologiques graves. Paralysie.
Monstera (Intérieur) : irritations, brûlures, troubles digestifs.
Morelle noire (Solanum nigrum) : diarrhée aigüe, nausées, vomissements, fièvre.
Muguet : troubles digestifs, cardiaques graves, parfois troubles neurologiques.
Parisette : malaise général, maux de tête importants, troubles digestifs, de la conscience, cardiaques.
Philodendron (Intérieur) : réactions allergiques. Troubles digestifs.
Pivoine : vomissements, gastrites, convulsions.
Pois de senteur : troubles digestifs, diminution de la force musculaire puis paralysie des membres inférieurs.
Redoul (Coriara myrtifolia) : troubles digestifs, neurologiques graves.
Renoncules (ficaire et bouton d’or) : troubles digestifs
Rhododendron : troubles digestifs, circulatoires ; convulsions.
Ricin : douleurs abdominales, diarrhées, vomissements ; sueurs froides, hypertension, convulsions ; troubles vasculaires graves.
Sceau de Salomon : troubles digestifs, parfois cardiaques
Sorbier : troubles digestifs, diarrhées ou constipation ; somnolence.
Sureaux rouge (les graines) : crues ou cuites, provoquent des vomissements et de la diarrhée ; l’écorce : roubles digestifs et cardiaques.
Symphorine : troubles digestifs et neurologiques.
Tamier (Tamus communis) : irritation des muqueuses, vomissements et diarrhée. Le contact avec des feuilles fraîchement coupées provoque rougeur de la peau et fortes brûlures.
Troène : troubles digestifs
Viorne (obier et mancienne) : irritations de l’estomac et des intestins.

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Adresses utiles

Location d’engins (national)
LOXAM
KILOUTOU

Revêtements sol extérieur (national)
BATIPRODUITS

Brumisateurs (national)
PRIMETECH
ATECH

Systèmes alarme-chute informatisés (national)
YNOLIS Société DHS Thomas Perier : contact@d‑h-s.net

Exercices et jeux cognitifs (national)
Votre mémoire, Bien la connaître, mieux s’en servir
Bernard Croisile — Collection : Hors collection Larousse Pratique

Electriciens (par région)
Fer forgé (par région)
Menuiserie d’extérieur (par région)
Tailleurs de pierre (par région)
Fontaines et fontainiers (par région)

Chambres des métiers (portail France)

Les meilleurs :
Les compagnons du devoir

Sculptures abordables
Giuseppe Finamore

Fournisseurs végétaux

Arbres et arbustes (national & par région)
Rungis (Végétal, Cabane, Plantassistance…)

Pépinières :
roses
André Eve
Delbard
Meilland
iris
Cayeux
vivaces
Lepage
prairies et jachères fleuries :
Novaflore
bambous
La Bambouseraie

Jardineries (nationales) :
Truffaut
Jardiland

Quelques magazines et sites de professionnels du jardinage
Rustica
L’ami des jardins
Jardinage bio

Des jardins inspirants
Jardin des sens Yvoire
Référencement jardins thérapeutiques (en anglais)

Jardins et matériel adaptés
TERRAform
Jardin adapté pour personnes à mobilité réduite
La boutique du Mieux Vivre
Des tables de culturepour faire un potager en hauteur

Fondations et organismes médico-sociaux spécialisés (Recherche de financements et concours)
Jardins et santé : Jardins ouverts au service de la santé
Laboratoires Eisai
France Alzheimer
Fondation Médéric Alzheimer

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