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Créer un jardin thérapeuthique en Ehpad - Le jardin des sens

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Le jardin des sens

Mettre les cinq sens des malades Alzheimer en émotion constante dans la totale sérénité d’un jardin thérapeutique sécurisé, tel est le projet développé par l’entreprise Danse avec les houx en direction des maisons de retraite médicalisées. Notre mot d’ordre et fil conducteur : repères, fournir des repères.

La vue.

Les fleurs sont des repères dans le temps des saisons. 

Les perce-neiges, crochus, narcisses et jacinthes annoncent la fin de l’hiver. Puis les tulipes, le muguet et les fruitiers en fleurs confirment le printemps. L’iris appelle l’été et les roses le claironnent avec les clématites. Les hortensias l’automne. Les ellébores, dites roses de Noël”, l’hiver.
Les résidents de maison de retraite d’origine rurale, le savent davantage qu’ils ne s’en souviennent. Mais leur mémoire s’active en entendant au petit matin les sabots du cheval de trait, les roues de la carriole passant sous leur fenêtre, puis en voyant plus tard les jardiniers effectuer tous les gros travaux avec leur paisible colosse. Labours, cueillettes… Quand le temps le permet, Fanfaron l’ardenais promène les plus faibles dans sa carriole aménagée.
Les oiseaux, attirés par les baies des arbustes, donnent un constant spectacle devant le balancement de légères graminées qui laisse apercevoir, en transparence, un bassin au-dessus duquel un angelot discret conseille aux nymphéas de garder leur secret. Tout paraît si tranquille… Quand soudain, bouquet vivant, un paon déploie sa roue au milieu du jardin.

L’odorat.
Tout au long de l’année des parfums jalonnent la promenade : le mimosa, d’abord, qui attend le printemps au jardin d’hiver, puis lilas, seringa, muguet, lys, arôme, arôme, romarin, lavande, rose, œillet, jasmin se succèdent. Sans oublier à la Saint Jean, non pas en ville, bien sûr mais à la campagne, si la résidence voisine un champ, les senteurs inoubliables des foins coupés. Repères de temps aussi.
Et pas loin peut-être l’écurie de Fanfaron, producteur bénévole d’engrais naturel, premier responsable de la folle exubérance des rosiers grimpants. Repère constant.

L’ouïe.
Les oiseaux, encore eux, avec leurs chants variés. Mésanges, rouges-gorges, merles, tourterelles, alouettes, bouvreuils et moineaux… Le vent dans les bambous. Les fontaines : extérieure, au bassin ; intérieure, au patio. Le carillon de roseaux accroché à une branche du polonia. Les sabots du cheval, encore lui. Un jardinier qui chante. La cloche de l’église du village et celle de la maison appelant aux repas. Les rires des enfants aux récréations de l’école voisine. Parfois, la musique militaire de l’Ecole Supérieure des Officiers de Police, de l’autre côté de la rue. Repère de 14 Juillet, de 8 Mai et de 11 Novembre… Des dates inoubliables !

Le toucher.
Le velours d’un pétale, le satin d’une feuille, un bois lisse à l’accoudoir du banc, la fraîcheur du fer forgé de la chaise disposée à l’ombre des bouleaux, la douceur d’un coussin, le souffle frais et léger du vent soulevant le plis des jupes … Et, sur le gazon dru des déambulatoires, le souvenir ld’une marche pieds nus.

Le goût.
Des baies à picorer tout au long de la promenade. Framboises, groseilles, cassis, mûres (de mûriers sans épines). Au verger, cerises, pommes, prunes, poires, noix et châtaignes. Au potager, fraises, melons, des pastèques… Repères de saisons. Rien de toxique, bien sûr. Du beau, du bio, sans autre engrais que le compost maison et le fumier du cheval (toujours lui!).

Enfin, après les feuilles mortes, en attendant les tulipes du prochain printemps, dans le jardin d’hiver qu’une large baie vitrée isole des frimas etd’où l’on regarde la neige tomber, un écrin de verdure et de plantes tropicales.
Dans le grand aquarium, les poissons multicolores savourent paisiblement leur perpétuel été. Dehors, les passereaux dansent un ballet constant de nichoirs en nichoirs garnis de nourriture. On écoute Mozart, Schubert et Vivaldi devant le sapin de Noël ou près des jacinthes qui lui succèdent …

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