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La Méthodologie de soin Gineste Marescotti : "un merveilleux outil de management", témoignage d'une cadre de santé - L'Ehpad "Les Lavandines", l'humanitude et moi

Temps de lecture 21 min

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L’Ehpad Les Lavandines”, l’humanitude et moi

Situé dans le sud de la France dans un triangle entre Avignon, Nîmes et Orange, L’EHPAD « Les Lavandines » est un établissement public autonome crée en 1990, conventionné , pouvant recevoir 92 personnes en hébergement dont 2 en hébergement temporaire , un service de type « CANTOU » de 14 places dont 1 en hébergement temporaire
Nous recevons aussi des personnes en accueil de jour (5 places autorisées) et nous commençons à leur venir en aide depuis le domicile avec un SSIAD de 40 places et un service de livraison des repas à domicile 50 repas /​jour
L’âge moyen de la population accueillie est de 84 ans, notre taux de remplissage est de 99.90%, notre GMP est de 653, mais ce chiffre n’est pas révélateur de l’état de « psycho-dépendance » des résidents car plus de 88% d’entre eux sont atteints de troubles cognitivo — mnésiques. Le ratio d’encadrement autorisé est de 0.63, le réel de 0.60


Entrée aux Lavandines ” en Février 2001 après avoir travaillé en début de carrière en milieu hospitalier (bloc, urgences, chirurgie) puis m’être orientée vers un Hôpital local pendant 18 ans car je recherchais d’avantage la relation humaine que l’aspect pûrement technique du métier.
J’ai très vite pris conscience qu’il fallait trouver d’autres voies pour prendre en soins nos aînés afin de leur proposer de vivre autre chose que d’attendre une fin médicalisée et désindividualisée et déshumanisée.
Personnellement je sentais le désir de pouvoir être « actrice » de ma pratique infirmière plutôt que simple exécutante et la fonction de cadre s’est imposée à moi pour « faire changer les choses » puis j’ai rejoint l’équipe des Lavandines.
J’ai pu trouver ici une équipe soignante qui avait déjà une vision très respectueuse du résident et qui se posait pas mal de questions sur sa pratique et avait envie d’évoluer vers une prise en soin personnalisée.
En même temps la population accueillie posait de plus en plus de problèmes aux agents désemparés par les troubles du comportement et je constatais qu’il y avait de plus en plus de demandes d’hébergement de personnes psycho-dépendantes, il fallait trouver un moyen de mieux en prendre soin.

Par le hasard des rencontres, nous avons pu aborder la méthodologie de soin d’Yves Gineste et Rosette Marescotti qui sont venus faire une première formation dans notre établissement sur la gestion des troubles du comportement en 2003 et depuis nous avons une voire deux sessions de formation chaque année.
Nous avons ainsi formé la quasi-totalité de nos effectifs, personnels de soins mais aussi certains des services logistiques et l’animatrice, deux aides soignantes ont suivi avec moi même la formation de référents avec Yves et Rosette à Port Leucate et ensuite une infirmière et trois autres aides soignantes sont formées comme référents pour le volet manutention
Nous avons mis en place un groupe de pilotage et des ateliers hebdomadaires où deux référents expliquent la méthodologie, montrent les techniques aux agents qui passent toutes à tour de rôle ensuite s’en suit la mise en application de tous les points abordés.

L’humanitude : résultats immédiats, difficultés, règles de l’Art

L’humanitude” s’est imposée aux Lavandines” :
-
parce que c’est une philosophie partagée par l’ensemble de l’équipe de direction (directrice, psychologue, cadre) et c’est devenu « la philosophie » de l’ensemble de l’établissement ;
- parce que pour moi elle est basée sur le respect de l’individu qui reste un être unique capable de choix qui peut rester digne jusqu’au bout. Elle permet de chercher à comprendre pourquoi telle ou telle personne réagit de telle manière. Elle implique de travailler sur les histoires de vie, les habitudes, de personnaliser le soin ;
- parce que pour moi c’est un merveilleux outil de management : les soignants sont centrés sur leur travail et sont dans une dynamique constante de qualité, d’amélioration. Ils peuvent trouver tous les jours des satisfactions auprès du résident si minimes soient elles, et sont valorisés dans leur pratique quotidienne. Le questionnement est permanent, rien n’est jamais acquis, c’est l’école de l’humilité à l’encontre de la toute puissance du pouvoir soignant ;
- parce que la bienveillance est contagieuse et cela rejaillit sur l’équipe, les relations professionnelles sont plus harmonieuses. C’est un formidable moteur de l’esprit d’équipe Cependant rien n’est parfait, et il peut y avoir des moments de « creux de vague », de tensions mais cela ne dure jamais bien longtemps ;
- parce que les familles se sentent impliquées et partie prenante de la prise en soins de leur parent, elles font partie de l’équipe dans une certaine mesure en nous aidant à mieux comprendre leur parent et se sentent accompagnées, déculpabilisées, partie prenante.

Les résultats se sont très vite fait ressentir
car le regard même du soignant sur le prendre soin à été modifié
- Tout de suite la formation sur méthodologie a fait réagir chaque soignant individuellement car çà fait écho avec ce qui est la base du métier et ce pourquoi la plus-part des soignants ont voulu le faire à savoir « la relation d’aide » de ce fait chacun a mis aussitôt en application sur un plan individuel , le résultat est tellement rapide que les autres soignants prennent exemple et veulent faire de même , « puisque ça marche avec ma collègue pourquoi pas moi ».
- Il ne s’agit plus de faire pour faire, un acte technique, mais de donner du sens à ce que l’on fait et pourquoi /​pour qui.
- Les habitudes ont été changées, le report du soin fait que les soignants ont appris à s’adapter : de jour (toilettes, douches ou repas différés) comme de nuit (certains résidents sont couchés par la veilleuse, ne sont pas réveillés la nuit pour être changés), pas de soins « forcés ».
- Il n’y a plus du tout de contention (ni barrières, ni sangles, ni fauteuils coincés devant les tables).
- Le calme règne dans l’établissement, peu de cris, peu d’agitation, on peut même entendre des rires et des chants (de soignants ou de résidents). Une infirmière intérimaire me disait qu’elle avait été surprise par le calme le matin en arrivant, de ne rien entendre pendant les temps de soins, une autre me disait ressentir le profond respect de la personne. Les seuls troubles sont souvent le fait d’un nouvel arrivant pour lequel il nous faut un temps d’adaptation et de compréhension.
- En quelques années nous avons vu le nombre de grabataire diminuer considérablement (actuellement seulement 6 personnes ne sont pas « verticalisables » sur 92, avant la mise en place de la méthode plus de 35, tout un étage !).
- L’usage des neuroleptiques a été diminué de plus de 50%.
- Nous avons acquis dans la région une certaine réputation et la reconnaissance d’un certain savoir faire( ce qui a pour inconvénient d’avoir une liste d’attente très longue et des demandes de plus en plus importantes pour l’accueil de jour et l’hébergement temporaire : calendrier déjà complet jusqu’en octobre 2011).
- Nous travaillons en étroite relation avec les médecins traitants du secteur, les CLICS, les centres de consultation mémoire, les Hôpitaux du secteur qui ont accepté de nous renvoyer rapidement les personnes désorientées afin de ne pas majorer leurs troubles suite à des interventions (même des fractures) pour que la personne retrouve son milieu de vie rassurant.
- Nous travaillons en confiance avec les familles (à quelques exceptions près) qui voient les résultats rapides de la méthode sur leur parent.

Les difficultés rencontrées à la mise en place de la méthode
- Au départ les soignants pensaient qu’ils n’y arriveraient jamais : pas assez de temps, tout le monde ne le fera pas, le regard des autres soignants qui n’avaient pas encore suivi la formation, les familles qui ne comprenaient pas que l’on reporte un soin
- Il a fallu réorganiser pour arriver à mettre en place les toilettes évaluatives, les formations, les référents, les ateliers
- Beaucoup d’investissement personnel, de force de persuasion et de conviction car la critique était très facile dès qu’il y avait un échec
- Il a fallu apprendre à tous que l’on ne pouvait pas toujours y arriver du premier coup et qu’il fallait souvent changer d’avis et essayer de nouvelles approches
- Il a fallu accepter les « baisses de régimes » des agents et être vigilante pour rappeler à l’ordre lors de « dérapages » et là c’est un travail de tous les instants et ce n’est pas toujours facile de dire ce qui ne va pas et de faire comprendre que c’est pour le bien être du résident et pas pour faire plaisir au cadre ou à la direction
- Les médecins ont eu du mal à accepter ces techniques « non médicamenteuses »
- Nous avons perdu des agents qui sont partis dans les hôpitaux alentours parce qu’elles étaient formées (nous ne faisions pas le poids contre les hôpitaux où les ratios en personnels sont supérieurs)

Zoom sur les règles de l’art de la méthode
- Le « toc-toc »est généralisé à tous les personnels, intervenants, visiteurs et un poème a été affiché sur la porte pour inviter tout visiteur à le faire.
- Les préliminaires aux soins sont systématiques.
- Le toucher « tendresse » a été travaillé et les gestes sont plus doux.
- Les toilettes évaluatives sont faites à J2 après l’arrivée d’un nouveau résident avec l’infirmière, la psychologue et une aide soignante, et sont refaite dès que le besoin se fait sentir s’il faut changer de méthode de manutention ou d’approche.
- Un soignant référent est régulièrement détaché une a plusieurs fois par semaine en renfort pour accompagner ses collègues dans la méthodologie.
- Il n’y a plus de soins « forcés » mais un report, nous faisons parfois des toilettes l’après midi ou a un autre moment plus propice
- Nous avons multiplié le couchage « en canoë »car avons remarqué qu’il était facilitateur pour des nuits de qualité
- Les techniques de manutentions sont revues régulièrement en ateliers et appliquées par l’ensemble des soignants puisque portées au plans de soins et validées
- Les nouveaux soignants sont pris en charge par les référents
- Les référents se corrigent mutuellement pour être sûr de ne pas perdre les bons gestes
- Pour les repas, nous proposons des collations ou gardons le plateau pour proposer à nouveau ultérieurement en cas de refus, nous avons à disposition certains aliments « faciles » que nous laissons à disposition (bananes, flans, gâteaux de riz, yogourts), il nous arrive de laisser manger les personnes debout plutôt que de les contraindre à s’assoir, ou les laisser manger avec les doigts plutôt que de passer au « mixé » en systématique
- Le « cantou » n’a d’intérêt à mes yeux que pour le côté rassurant de la petite structure et la proximité du personnel , je dis souvent qu’il pourrait rester ouvert , cependant les résidents n’y restent pas cloisonnés car ils vont participer à des ateliers , animations , groupes de paroles dans le restant de la structure mélangés aux autres résidents
- Nous avons fait un gros travail autour du sommeil, cela commence par la préparation au coucher , nous avons travaillé sur la qualité des repas du soir facilitateur d’un endormissement rapide , la qualité de l’accompagnement au coucher , le confort avec la méthode « canoë », et surtout aucun résident n’est réveillé s’il dort pour être changé mais est systématiquement accompagné aux toilettes s’il se réveille et l’heure de réveil est noté et nous analysons le contexte des réveils nocturnes afin de faire des liens, ensuite nous analysons tout cela en équipe pluridisciplinaire et prenons des mesures jusqu’à ce que l’apaisement soit établi
- Les réflexions en équipe pluridisciplinaires sont hebdomadaires afin d’approfondir telle ou telle situation, de l’analyser et de trouver ensemble des solutions à mettre en place, essayer et évaluer ( on réfléchit mieux à plusieurs)

Si je devais donner des conseils pour la mise en place de la méthode …

« Paris ne s’est pas fait en un jour », la patience est le meilleur atout ainsi que la conviction et la ténacité.
Il faut perdre un peu de temps au début pour en gagner beaucoup pour la suite, je dis souvent que c’est « un retour sur investissement ». Mais il faut se donner les moyens : former un maximum d’agent, s’appuyer sur des personnes de convictions, mettre en place un groupe de pilotage et des ateliers pour renforcer les acquis de la formation.

Lorsque je parle de donner les moyens cela ne veut pas dire de « donner des bras en plus » (je dis souvent que ce n’est pas parce qu’il y plus de bras qu’on travaille mieux) mais c’est de permettre à chacun de donner le meilleur de soi même donner les moyens de se réorganiser, de casser avec la routine, de s’adapter aux résidents , à leur rythme, d’être à leur écoute, de donner du sens à ce que l’on fait de toujours essayer même si çà ne marche pas tous les coups.

Le cadre doit s’investir pour accompagner les équipes dans ses difficultés, ses réussites, ses hésitations, ses maladresses et ses manquements et leur permettre de mettre en place ce qui a été décidé en équipe pluridisciplinaire, permettre à tout un chacun de s’exprimer et de proposer des solutions
Ce n’est pas sans difficultés car donner la parole au plus grand nombre, rendre les équipes parties prenantes, les faire participer peut provoquer des moments de tensions auxquelles il faut faire face. Laisser chacun s’exprimer et arriver à trouver le consensus sans faire perdre de vue l’objectif pour le résident.

Il faut être vigilant pour s’assurer de la mise en place effective, des gestes des paroles, des regards, s’assurer que les plans de soin soient mis à jour et appliqués, que les lits soient faits avec les draps de manutention ainsi que sur les fauteuils, que le coucher en « canoë » soit efficace, que l’on verticalise quotidiennement, que l’on ne cherche pas la solution de facilité mais ce qui est bon pour le résident pour lui garder un maximum d’autonomie le plus longtemps possible.

Il convient aussi travailler de façon transversale avec les équipes logistiques : la lingerie qui fournit le matériel nécessaire en quantité suffisante et a accepté d’augmenter son volume de linge (draps, oreillers , traversins ), la cuisine qui adapte les repas , les collations ; l’atelier qui trouve des solutions pour des petits bricolages ; l’animatrice qui va organiser les moments de vie sociale, de plaisir de joie ;les équipes d’hygiène qui font le ménage au fur et à mesure du lever de chacun et maintiennent leur environnement respectable malgré les désordres occasionnés par leurs déambulations ou troubles du comportement. Il faut savoir tirer le meilleur de chacun, savoir valoriser. L’ensemble de l’établissement, tous services confondus, doit parler le même langage, c’est une philosophie commune et partagée.

Témoignages des soignants eux-mêmes

J’ai demandé aux référents de me dire ce que l’Humanitude avait apporté : à eux mêmes, à l’établissement, à l’équipe, aux résidents et quelles ont été les difficultés rencontrées.

Nathalie (infirmière référent Humanitude en manutention)
” Cela m’a amené plus de patience à l’égard des résidents, la sensation du travail bien accompli, la satisfaction personnelle de travailler en accord avec ses convictions ( pas de soins de force , pas de contention).” Pour l’établissement : une certaine reconnaissance et popularité, pour la qualité du travail effectué.
Pour les résidents : moins de stress, plus de clame, une meilleure prise en charge globale, moins de médicaments.
Pour l’équipe : des conseils pour la manutention afin de ne plus se faire mal, et de ne pas faire mal aux résidents, l’équipe a pu identifier des personnes ressources et a uniformisé les pratiques.
Les difficultés : faire comprendre la nécessité de travailler toutes dans le même sens, tenir un discours commun, au début avoir le matériel nécessaire et trouver le temps de l’apprentissage ».

Isabelle (aide soignante référent manutention)
« L’humanitude m’a permis de retrouver les bases de mon métier, le respect, se mettre à la place du résident et de sa famille“
Les aspects positifs de la méthode — Une évolution dans mon métier depuis mes débuts, apprendre à réfléchir sur le bien être du résident de façon personnelle et en équipe, travailler plus intelligemment sans laisser la routine s’installer, être valorisée dans son travail, être satisfait de sa journée, c’est encourageant de voir les résultats sur les résidents et l’équipe : gain de temps sur le long terme , soins confortables et sécurisants pour le résident.
Les aspects négatifs — Difficultés à faire passer le message, transmettre notre savoir et le faire durer dans le temps
Le regard du référent « dérange » par peur d’être jugé, l’argument de la perte de temps ou encore ceux qui pensent que çà ne sert à rien, certains nous « attendent au tournant » en cas d’échec ».

Pascale (aide soignante référent Humanitude en manutention)
L’humanitude m’a appris à travailler différemment et faire des soins plus agréables et favorables, à ne pas faire à la place, à laisser leur autonomie le plus longtemps possible , a avoir une approche plus en douceur
Pour le résident : une meilleure prise en soins, sont moins opposants, plus calmes, le résident est respecté.
Pour l’équipe : demande de conseil, reconnaissance de la compétence du référent, aller tous dans le même sens.
Pour l’établissement : une très bonne réputation dans la région, reconnaissance du travail effectué. 

Laurence (référent de la méthodologie complète a suivi la formation globale à Leucate)
Les apports de la formation sur un plan personnel :
- grande motivation et envie de partager et de faire appliquer dans le service
- meilleure connaissance des différentes démences et du ressenti de la perso ;nne âgée et gestion des « CAP » de ce fait même si l’on ne peut tout désamorcer , on se sent mieux, moins de stress d’énervement, plus de self control , l’exemple devient contagieux et même s’il ya des réticences au départ , les collègues finissent par adhérer et mettre en application , suivent l’exemple ;
- le soin reporté n’est plus considéré comme un échec mais l’on cherche à comprendre pourquoi çà n’a pas marché. Il n’est pas rare de passer des journées dans la sérénité, les résidents nous renvoient des gestes de tendresse, des remerciements

Pour l’établissement : une volonté commune, un appui réel et efficace de la hiérarchie, qui permet de péréniser « l’esprit de l’ Humanitude »dans toute la maison également dans les services autres que les soins
Pour les familles : instauration d’une relation de confiance, de transparence, aide et soutien réciproque , ils sont rassurés sécurisés , les relations sont globalement très bonnes
Les difficultés rencontrées : au départ stigmatisation du référent, mise à l’écart, critiques, peu de confiance, puis très vite retour vers une relation plus stable et sereine avec l’exemple comme meilleur outil pédagogique. Difficultés à leur enlever l’horloge de la tête”, ce temps, stress inutile, lorsqu’elles arrivent à s’en départir, cela permet l’expression des capacités de la personne et c’est gagné.

Brigitte (référente en méthodologie à suivi la formation globale à Leucate)
Sur le plan personnel : un enrichissement intellectuel, de la confiance en soi, de la maîtrise dans mes pratiques professionnelles, une énergie nouvelle positive.
Pour l’établissement : une ligne de conduite commune, une certaine reconnaissance par d’autres professionnels du secteur, une image de « bientraitance » et de bonnes pratiques.
Pour l’équipe : de la cohésion, un nouvel élan, d’avantage de travail d’équipe, plus de rigueur, uniformité des pratiques professionnelles, un langage commun.
Pour les résidents : le respect de leur autonomie, de la douceur dans les gestes dans la mobilisation, la mise en place de projets de vie individualisés.
Les difficultés : faire que tous les soignants fassent la même chose, respect des plans de soins, correction des mauvaises pratiques.

Témoignages de familles

A l’établissement

Courrier envoyé par une famille d’un résident décédé après 2 ans de vie dans notre établissement, hémiplégique aphasique avec des troubles du comportement d’origine frontale, et une fin de vie que nous avons voulue digne en évitant la pose d’une gastrostomie :

« A l’attention de :
La Direction des Lavandines“
Au Cadre se santé
Au Médecin coordonateur
A la Psychologue
Aux Infirmières
Aux Aides soignantes jour et nuit
Au personnel de l’Accueil
A l’équipe d’Animation
Au personnel de l’Entretien
A l’équipe des Cuisines
Au personnel de la Lingerie

Ainsi que les personnes extérieures à l’Etablissement :
Notre médecin traitant
Le kinésithérapeute
L’orthophoniste
Le Docteur chef de service à l’Hôpital de B
Le Docteur responsable des soins palliatifs à l’Hôpital de B

Mesdames, Messieurs,

Mon mari, C C, né le 19 Septembre 1935, s’est éteint le 12 Décembre 2009 dans la maison de retraite des Lavandines” après 2 ans de séjour dans cet établissement où il était rentré après un AVC survenu le 22 Mars 2004, le laissant à 80% handicapé, hémiplégique et aphasique” jusqu’à la fin de sa vie, soit un calvaire de 6 années.

Après quelques mois de récupération, nécessaires à mon équilibre personnel, je tiens à vous dire, par écrit, la satisfaction que j’ai ressentie durant toute la période où mon mari a séjourné dans votre Maison. Il est bien évident que je n’ai pas attendu aujourd’hui pour me manifester. Je l’ai fait oralement tout au long du séjour puis après le décès de mon mari, tant auprès de la direction, du médecin, de la psychologue que du personnel soignant et des personnes intervenant dans la vie de tous les jours.


Les infirmières ont toujours pris le temps nécessaire pour m’écouter, être attentives à mon mari, répendant une ambiance apaisante, communiquant auprès de nous d’une manière spontanée.

Mon mari s’exprimait par les yeux, une main, savait charmer mais aussi se révolter violemment … il vivait au moins !! Mais quelle patience pour toutes les personnes qui se sont occupées de lui sans cesse, sans se plaindre avec professionnalisme.

Toute l’équipe des aides soignantes est aussi à féliciter pour les soins enseignés qu’elles appliquaient, les toilettes apportées à mon mari aux heures où il était le plus réceptif, ce qui indiquait la disponibilité, le regard, la compassion. J’avais été informé qu’elles suivaient une formation sur l’ Humanitude ” qui, sur de nombreux points convenait à mon mari.

Cette ambiance calme et attentive se répercutait sur tout le personnel de l’établissement avec qui j’ai toujours pu dialoguer spontanément et qui a montré une équipe soudée, souriante et sympathique.
J’ai pu, grâce à elles et eux, accompagner mon mari tout au long de cette terrible épreuve et suis absolument consciente que sans l’aide colossale de cette grande équipe soignante, nos vies auraient pu basculer dans le cauchemar. Il serait utopique de penser que tout a été toujours facile, idyllique mais le dialogue avec les personnes concernées par nos problèmes a toujours été possible entraînant leurs résolutions dans la grande majorité.


Son orthophoniste et son kiné lui ont permis d’avoir encore un peu d’espoir en lui apportant leurs savoirs.
Je terminerai en félicitant les médecins des Lavandines et du service de l’hôpital de B où avait été hospitalisé mon mari ainsi que notre médecin de famille car ils se sont concertés, déplacés de nombreuses fois pour le soigner humainement dans des conditions de fin de vie extrêmement dures. Je leurs en suis très reconnaissante.J’ai rencontré des personnes de grande qualité et je vous en remercie.
Madame C C‑R

Au Secrétariat d’Etat aux personnes âgées

Madame la Secrétaire d’état

Ma mère Geneviève M — — atteinte de la maladie d’Alzheimer, a résidé à la maison de retraite « Les Lavandines » de juin 2008 à Février 2009

Je tenais à vous faire part de ma grande satisfaction sur les conditions de vie de ma mère durant son séjour dans cet établissement
Sa fin de vie et son décès ont étés gérés avec la même humanité et le même professionalisme.
Les résidents dont le personnel s’occupe activement sont traitées avec respect, sollicitude et compétence.
L’encadrement joue pleinement son rôle « d’animation » mais aussi de contrôle, très disponible pour les familles, celles-ci sont écoutées et leurs remarques sont prises en compte dans la mesure du possible.
Je porte à votre connaissance quelques faits qui peuvent paraître anecdotiques, mais sont en fait significatifs.
Malgré de nombreuses pathologies lourdes, d’origine dégénératives, type Alzheimer, le calme règne dans les locaux, peu de cris ou s’ils se produisent, intervention du personnel.
Pas d’odeur d’urine, preuve que les personnes âgées incontinentes sont changées régulièrement.
La famille peut se présenter à n’importe quelle heure, sans prévenir, et voir son parent.
Ce tableau idyllique est un peu assombri par l’insuffisance de budget dont dispose l’établissement qui se manifeste par l’aspect défraichi et parfois un peu vétuste des communs et des chambres.

Je tenais également à souligner qu’il est nécessaire qu’il y ait un nombre plus important de structures de ce type. En effet, le maintien à domicile, quelles que soient les aides est, sauf exception, impossible, à un certain moment, dans le grand âge. Que la maladie et le grand âge ne peuvent donner lieu à bénéfices”. La collectivité doit en assurer la gestion et le financement complémentaire par la voie fiscale.
Les « maisons de retraite » doivent être publiques comme « Les Lavandines » et de ce fait accessibles à tous sans condition de revenus.

Seule une prise en charge de la dépendance, par le secteur public, peut assurer aux personnes âgées dépendantes que les valeurs qui président à la gestion de ces établissements sont :
- le respect
- l’humanité
- la recherche du bien être du résident
- le désintéressement

Je vous prie d’agréer, Madame la Secrétaire d’Etat, l’expression de ma respectueuse considération.
Monique M.

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