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Les droits en fin de vie

Des pistes pour rédiger ses directives anticipées, par le Dr Bernard Pradines - Réflexions autour du suicide assisté

Temps de lecture 2 min

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Réflexions autour du suicide assisté


En ce contexte épidémique si particulier il est particulièrement important de sensibiliser les personnes accompagnées et leur famille à la rédaction des directives anticipées. Voici les recommandations du docteur Bernard Pradines, ancien anesthésiste-réanimateur puis gériatre au centre hospitalier d’Albi dans la deuxième partie de sa carrière qui se consacre désormais à la formation et au conseil.


Pour lui : Tout se passe comme si une nouvelle loi ne posait aucun problème pour les malades d’Alzheimer qui ne peuvent plus comprendre leur situation et exprimer leur volonté quant à la fin de leur vie.”


Il est fort étonné de voir de nombreux écrits élogieux, sans retenue, en faveur de la libéralisation du suicide assisté et de l’euthanasie. Certains arguments lui semblent pour le moins surprenants :

La notion d’autonomie de l’individu, promue à satiété par le néo-libéralisme, est devenue la norme.

Le fait que notre modèle économique et politique éprouve une des plus sévères crises de son histoire n’apparaît jamais en lien avec le développement contemporain de légalisation du suicide assisté ou de l’euthanasie.

Un peu comme si l’économie était définitivement déconnectée de l’individu, de sa morale, de son éthique, de la solidarité envers les plus faibles dont ceux qui vont mourir. Comme si le lien avec l’idéologie qui prévaut à un moment donné ne pouvait plus se répercuter sur la difficile situation de ceux qui sont devenus des « charges inutiles » pesant sur la productivité.

Comme s’il n’y avait aucun risque, en temps de crise, à permettre ‑encourager ?- une issue plus rapide que « cette dernière année qui coûte cher ».

Comme s’il n’y avait aucune possibilité, en situation d’interrogation sur la pérennité des pensions de retraite, de permettre — encourager ? — un raccourcissement de la période « à charge ».

Cette dernière considération est d’autant plus préoccupante qu’elle n’est jamais évoquée, ne serait-ce que pour la rejeter.

Comme si nous étions totalement, individuellement, maitres de notre destin.

Comme si nous pourrions individuellement résister à une société toute entière devenue (redevenue) impérativement contraignante.

Il y aurait pourtant tant à améliorer dans le champ des soins palliatifs et dans l’anticipation des situations de détresse en fin de vie.

Dans ce dernier domaine, je propose une traduction du formulaire de directives anticipées du ministère allemand de la Justice et un formulaire d’aide la rédaction de directives anticipées accompagné d’un bref rappel de la loi française dite Léonetti.


Pour aller plus loin

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