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Cinq sens

Entretenir la mémoire, stimuler les sens, communiquer autrement

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Sens, mémoire, communication : des conseils pour les aidants de malades d'Alzheimer

Confiner un Alzheimer ” dans une chambre en fermant la porte revient à l’isoler au plan sensoriel. Au contraire, l’utilisation des fonctions cérébrales va stabiliser son état, ralentir l’évolution de la maladie, rendre plus confortable la vie de la personne et de sa famille.

A cet égard, la famille demeure le lieu le plus riche pour la stimulation des sens. C’est en elle que la mémoire du groupe est inscrite : les événements heureux ou malheureux, les brouilles et les affections, les naissances et les décès, les anecdotes mémorables qui se transmettent de l’un à l’autre… C’est le meilleur stimulant possible. A condition que l’amour et l’affection soient au cœur de la prise en charge familiale. Cette thérapeutique” commence par le sourire, la main qui se tend et se prend, puis se pose sur l’épaule…

Autant le savoir : les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ne prêteront pas attention aux mots mais à la façon dont ces mots seront prononcés. Gentillesse, douceur seront parfaitement ressenties par le malade.

Le toucher est une forme de communication et d’apaisement. Dans le toucher, la douceur tient le rôle principal. Eviter les saisies en pince. Elles font mal, provoquent des hématomes sur les avant-bras des personnes âgés, et même parfois des plaies ; mais surtout, elles sont très agressives sur le plan psychologique.

A‑t-on jamais vu des amoureux se balader en se tenant par le poignet ? Et chaque fois que dans notre vie quelqu’un nous a pris par le poignet, en pince”, cela a été pour nous punir.

La mémoire de ces punitions liées aux saisies est profondément inscrite dans notre cerveau limbique, siège de toutes les émotions, de tous les souvenirs liés à un état corporel. L’affectivité siège dans la partie basse du cerveau, région dont l’atteinte est très tardive au cours de l’évolution de la maladie d’Alzheimer. C’est pourquoi les malades comprendront toujours mieux les signaux affectifs émis par votre corps que les mots qui les accompagnent.

Les expressions de votre visage, vos attitudes, vos gestes seront décodés et feront de vous un ami à accepter ou un ennemi à fuir ou agresser. Quoi que vous disiez, votre corps sera votre seul interprète.

Le toucher doit solliciter l’autorisation corporelle du patient. Imaginez le bond que vous feriez, si dans la rue, un inconnu posait sans vous avertir la main sur vous. C’est pour éviter cette surprise” que nous préconisons d’entrer sur le corps de l’autre par le bout des doigts, la paume se posant ensuite, et l’inverse pour quitter le corps du patient. Ce toucher très tendre est en lui-même porteur de la douceur, et favorise le lien.

Avant de toucher, se placer dans le champ de vision de votre proche. 60 % des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ont une vision en tunnel : elles ne voient plus sur les côtés.

Pour entrer en communication avec eux, il faut se placer de face, dans le champ de vision. Mettez vous légèrement en contrebas, prenez lui doucement la main, caressez-la pour afficher vos intentions pacifiques et plongez votre regard dans le sien. Si votre proche est alité, il faut parler depuis le pied du lit, et non les côtés.

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