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Dossier : tomber la blouse - Retours d'expériences & conseils

Temps de lecture 3 min

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Retours d’expériences & conseils

Faites le test autour de vous, et demandez à vos collègues s’ils seraient prêts à se passer de blouse. Le non a de grande chance de l’emporter, alors que rien n’oblige les professionnels d’Ehpad à porter des tenues spécifiques. A la différence des établissements sanitaires, les Ehpad sont des lieux de vie où la blouse n’est pas requise. Dans ce dossier, conseils et retours d’expérience de ces équipes qui ont tombé la blouse.

C’est la position adoptée par Pascal Champvert, président de l’AD-PA et directeur des Résidences et services ABCD à Saint-Maur des Fossés (94). Il l’avait d’ailleurs défendue lors du dernier colloque des approches non-médicamenteuses, consacré à la qualité de vie, en novembre 2018 sur la scène de la Villette, à Paris.


Mais il n’est pas le seul à avoir pris le parti d’un Ehpad sans blouse. En Bretagne, le personnel des établissements Les grands jardins et les menhirs (35) travaillent tous en tenue « civile » depuis 2011. Il aura cependant fallu 10 ans de concertation pour y arriver, explique le directeur, Christian Bertin.

Des freins tenaces

Car le sujet soulève encore des oppositions. Notamment car pour certains, la tenue renforce leur identité professionnelle.


Pour Christian Bertin, « si le personnel a des capacités, des compétences reconnues, il n’a pas besoin de revêtir un uniforme » : il s’agit donc de renforcer les compétences des équipes.
Autre résistance fréquente, la question de l’hygiène. Mais or cas particulier (épidémie…), les précautions d’hygiène de base suffisent : lavage des mains, tenue du Dari (document d’analyse du risque infectieux)…

Expérimentations positives

Il est essentiel, aussi, d’expliquer les avantages d’un passage à la tenue « civile ».

Plus grande proximité personnel, soignants, résidents ; atmosphère moins « médicale » ; matérialisation de l’Ehpad-lieu de vie… Les arguments sont nombreux.

Mais il faudra sans doute passer par une phase d’expérimentation pour convaincre. A la Maison de Jeanne à Villers-Bocage (14), trois groupes de travail ont testé le port de la tenue civile pendant un mois, puis évalué l’essai afin d’identifier les difficultés rencontrées et d’imaginer des solutions.

« Les trois groupes ont émis un avis favorable. Les blouses de l’ensemble de l’équipe seront retirées en juin. Nous achèterons des hauts pour les stagiaires ou saisonniers, et évaluerons la démarche dans un an », précise Elise Gambier, la directrice de l’établissement.

Même chose aux Balcons-du-Lot, à Prayssac (46), où une partie de l’équipe expérimente actuellement les tenues civiles. « Le premier retour est positif tant au niveau des agents (confortable, agréable et pratique) qu’au niveau des résidents (disent paraître normaux et non malades) », observe Caroline Abran, la cadre de santé de l’établissement.

Tomber la blouse en pratique

La législation n’exige pas le port de blouse. En revanche, le Cclin (aujourd’hui Cipias), propose une liste de recommandations en vue maîtriser le risque infectieux en Ehpad :

  • La tenue de travail est changée de préférence quotidiennement et dès que souillée.
  • Les poches sont vidées avant de les évacuer dans le circuit du linge sale.
  • Elle doit suivre la filière du circuit du linge de l’établissement.
  • Les professionnels n’emportent pas leur tenue de travail à leur domicile, la tenue est entretenue par l’établissement.
  • Pour le respect des précautions « standard » et des précautions complémentaires, des tabliers plastiques à usage unique sont à disposition pour la protection de la tenue de travail et la prévention de la transmission croisée.
  • Lorsque le nursing ou l’entretien des locaux et le service au repas est réalisé par la même personne, ce professionnel portera une tenue spécifique, une chasuble ou un tablier.
  • Des chaussures individuelles ou protections imperméables et antidérapantes et des tabliers imperméables sont portés pour accompagner les résidents à la douche.

Le port d’une tenue classique est donc tout à fait possible, du moment que ces recommandations sont respectées.

Côté achat, tout dépend des établissements. Parmi ceux qui sont passés aux tenues civiles, certains ont choisi les tenues chez des fournisseurs ou limitent le choix à une enseigne, d’autres ont alloué un budget par membre du personnel, à dépenser chez des enseignes de grande distribution, selon leurs préférences.

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