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Composer avec la famille - Comment trouver l'équilibre au sein de la triade soignant/soigné/famille ?

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Comment trouver l’équilibre au sein de la triade soignant/​soigné/​famille ?

Alors que la relation de soin, d’accompagnement, incluait initialement les patients et les professionnels, les équipes doivent de plus en plus composer avec les familles, notamment en Ehpad au vu du degré élevé de perte d’autonomie des résidents. Quels mécanismes sont à l’œuvre dans la triade soignant/​soigné/​famille ? Comment trouver un équilibre ? Eclairage de Patricia Leroy, cadre de santé au centre hospitalier de Versailles.



« Nous ne saurions exclure le rôle important que jouent les familles et les proches », soulignait Patricia Leroy lors des Journées francophones des aides-soignantes.

« Cette relation triangulaire, si importante dans le prendre soin, se doit d’être équilibrée pour être efficiente. »

Seulement, plusieurs facteurs viennent la mettre à mal : les modes de communication, les temporalités des uns et des autres, et surtout l’angoisse, la frustration nées de la maladie d’un proche ou de son entrée en Ehpad.

Mais si la famille ne doit pas perturber la prise en soin, la prise en soin ne doit pas non plus avoir d’incidence négative sur le fonctionnement de la famille.

« La famille est une ressource pour le patient comme pour le soignant », rappelle la cadre de santé.

Connaître la typologie de la famille


Pour trouver l’équilibre, il est tout d’abord nécessaire de comprendre à quelle typologie de famille les professionnels ont affaire.

Patricia Leroy en identifie sept.

La famille partenaire, à l’écoute du malade et de l’équipe ; la famille submergée, noyée par les émotions mais aussi les démarches ; la famille agressive ; la famille absente ; la famille sidérée ; la famille manipulatrice et la famille fusionnelle.

Essentiel, aussi, de comprendre les réactions que peuvent susciter la situation chez la personne concernée et ses proches, notamment en cas d’annonce d’un diagnostic grave ou d’un pronostic pessimiste : choc du diagnostic qui bouleverse l’équilibre de la famille ; désir de protéger qui peut entraîner un blocage de la communication ; isolement du patient et perte de son rôle au sein de la famille ; loyauté familiale ; inversion des rôles (les enfants prennent la posture des parents par exemple) ; et une acceptation de la situation propre à chacun.

Une compréhension de la situation, des ressentis de chacun qui doit permettre au professionnel d’aider, sans pour autant « entrer dans l’intimité ni le jeu psychologique des familles », souligne Patricia Leroy.

Objectif mieux-être


Pour que la triade fonctionne, il fait viser le mieux-être de toutes ses composantes.

Pour ce faire, la cadre de santé conseille :

  • De mettre en place une communication circulaire et bienveillante, d’où les postures de supériorité sont absentes ; 
  • D’utiliser une démarche de soins éthique et une conception de soin humaniste ;
  • De développer ses capacités d’écoute individuelles et collectives ;
  • De mieux comprendre les processus menant à l’agressivité ;
  • De pratiquer les analyses de pratiques et d’évaluer ses pratiques ;
  • De s’inscrire dans une démarche de bientraitance.
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