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Bonnes pratiques linge : méthode RABC - Au sommaire de ce dossier

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Au sommaire de ce dossier

Les types de linge traités

Le linge plat” et hôtelier

Il désigne les draps, taies, alèzes, couvertures, serviettes de toilette, gants, nappage, serviettes de table… Les critères de choix de ces articles :

  • Qualité : polycoton (35 % coton, 65 % polyester), sachant que les choix évoluent de plus en plus vers des textiles synthétiques qui ne favorisent pas l’ancrage bactérien, ni l’effet particulaire, tout en maintenant un confort quotidien indispensable aux personnes souvent alitées (escarres…).
  • Grammages : investir dans des produits (éponges, gants,draps…) au grammage suffisant pour éviter un renouvellement trop fréquent (usure,réforme…).
  • Couleur : le célèbre blanc-blanc”, ou les couleurs grand teint”
  • Finitions : coutures, qualité repassage rapide”, no iron”.
  • Températures de lavage : 35°, 60°, 90°… Plus les températures de lavage sont élévées moins il est nécessaire d’ajouter des produits desinfectants, anti-bactériens…

Les stocks initiaux, ainsi que les consommations doivent être évalués et synthétisés dans des protocoles (cf protocoles de lits selon les degrés d’autonomie + KITS de lits pour le suivi budgétaire).Protocoles de lit- couettes non feu, polyester et cotton, change au moins un/mois- drap housse, jersey (cf.ci-dessous)Exemple de Protocole pour un résident autonome” :

ARTICLENombre d’articles par litConsommation théorique hebdomadaireRègle de change
Drap 1 personne261 change par 48 heures
Taie d’oreiller131 change par 48 heures
Serviette éponge171 change par jour

Les articles pour l’incontinence

Ils désignent les alèses, housses de matelas, bavoirs…

Les critères de choix sont :

- la performance : imperméabilité, qualité de lavage et d’entretien ;
- le confort : douceur type polycoton”.

Les vêtements professionnels

Les grandes caractéristiques des ces articles à consigner dans un cahier des charges : - Qualité du tissus : mélanges : polyester/​coton, polycoton (attention aux allergies de certains personnels, à l’inconfort lié à l’usage : transpiration…), grammages…- Couleurs : blanc-blanc”, grand teint, bi-couleurs…- Finitions : personnalisation possible (logos), boutons, pressions, coupe/​plis : assurer l’aisance du personnel, quelque soit sa taille, sa corpulence…- garanties de lavages (imposant des procédures de suivi strictes : T°, produits, temps… autant en interne qu’aux éventuels prestataires exterieurs), repassage rapide no iron”.Exemple de descriptif de tenues (à rapporter au nombre de personnels en place et/​ou prévu, les tailles, le rythme de changes):

  • Personnel médical, para-médical : blouses, tuniques-pantalon, poches, porte stylos, porte badge…Mais aussi tenues de ville en dehors de l’acte de soins
  • Agents de service, personnel d’entretien : blouses, tuniques/​pantalon… blousons pour l’extérieur, les livraisons…
  • Personnel de cuisine : cuisiniers, commis : vestes, pantalons, tabliers, torchons (toques, calots, masques,gants jetables),employés de restauration : blouses, tuniques/​pantalon… (calots, charlottes, masques, gants, jetables).
  • Personnel Hôtelier, Service en salle à manger : jupe/​pantalon, chemisier/​chemise, noeud papillon, cravatte, lavalière…

Sans omettre : les chaussures de sécurité , de service ; les serre-tête, chou-chou… Le tout marqué au nom des personnes !(Intervenants métiers : Agevillagepro​.com, Marie-Edith Quoniam — Initial BTB)

Le linge des résidents

La gestion de ce linge n’est pas négligeable. On compte une moyenne d etraitement de 700 gres/jour/résident.Ce linge peut être traité sur place (buanderie, matériels achetés ou loués, lingères). Le personnel peut être délégué à une société spécialisée.Le linge peut être envoyé à l’extérieur en gestion : pressing…Textile à éviter : angora, fibres synthétiques non feu (“Damart”). Le trousseau par résident doit être suffisant (linges de corps, chaussettes, pyjamas…), facile à utiliser et entretenir, marqué au nom du résident.


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Auditer pour garantir la qualité

La Fonction Linge bénéficie de peu de supports synthétiques rassemblant les réglementations auxquelles se référer. Néanmoins, étant donné les réelles responsabilités, il s’agit de mettre en oeuvre des process assortis de procédures déclinées, connues, affichées et respectées. Que ce soit via des méthodes d’analyse des risques (HACCP), des supports tels que le référentiel ANAES, ou ANGELIQUE, qui révèlent quelques exigences précises (locaux, procédures…) autour de cette fonction linge. Chaque zone, process peut en effet être source de contamination par : l’air, l’eau,les matériels, les procédures de lavages non respectées (temps, T°, produits),le personnel en contact (hygiène des mains, passage d’une zone sale à une zonepropre sans desinfection, changement de vêtement…), les croisements et contacts des linges propres et sales, le linge sale mal géré (stockage, durée)…Il s’agit donc de mettre en place la garantie d’un linge propre et sain : éloigner et gérer les risques infections nosocomiales par une organisation rigoureuse et un suivi srupuleux des process, quasi certifiables” !

Première étape : la gestion des circuits propres/​sales”.

Les circuits ne doivent JAMAIS permettre un croisement des linges propres et sales (contaminations par contacts, micro-organismes dégagés dans l’air, sur les mains des personnels), et ce que ce soit au sein des lieux de production du traitement du linge (lingerie, blanchisserie, usine du loueur…) qu’au sein de l’établissement lors du ramassage du linge sale et de la livraison du linge propre.Chaque circuit : propre et sale doit être indentifié, connu et respecté.

  • Blanchisserie, lieu de production aux normes” : marche en avant : centre de tri ( chariots dédiés, personnel formé et équipé : gants, masques, charlottes, blouses…), évaluation (pesées), procédure particulière pour le linge contaminé (identification, décontamination), centre de lavage (sale d’un côté, propre de l’autre, couples : temps/T°/produits lessiviels connus, affichés et respectés par type d’articles), SAS pour le personnel (lavage des mains, des chaussures, changement de vêtements : cf. SAS pour les salles micro-biologiquements maîtrisées), séchage, finition, repassage, pliage, réformes, comptages, emballage, rangement en chariots de distribution, transports.
  • camions dédiés, équipés, entretenus (lavages,desinfection), chauffeur-livreur formé, encadré (procédures, bon de livraisons…).
  • Ascenseurs dédiés ou si croisements : linges enfermés dans des sacs hermétiques, identifiés en chariots dédiés (tri par grand type d’article : linge plat, linde des résidents, vêtemenst du personnel…), procédure de nettoyage-desinfection.
  • Acheminement : procédures (protocoles de lits, taux de changes, dotatins par services…) connues, affichées, respectées : horaires, chaque jour, qui fait quoi : lingères, personnels d’étages, homme d’entretien…
  • Transports, contenants : tri du linge sale en chariots dédiés/​fermés/​desinfectés, chariots de distribution identifiés/​fermés/​desinfectés, emballages des articles propres : linge plat, vêtements des personnels, identification facile des livraisons, utilisation interdite d’éventuelles goulottes”
  • Procédures connues et respectées (protocoles de lit, taux de change…) par un personnel formé, compétent et en nombre suffisant.

2e étape : réaliser des cahiers des charges techniques

Que ce soit pour les articles traités, les matériels utilisés, les produits recommandés, il s’agit de réaliser des cahiers des charges pour l’achat mais aussi des supports (procédures) d’utilisation et de suivi des chaque point.

  • Cahier des charges : achat des articles : linge plat, hôtelier, vêtements professionnels + protocoles/​procédures de lit (taux de changes : housses, alèses, draps, couverture…), taux de change des vêtement des personnels connu et respecté.
  • Procédure pour le linge contaminé : tri, emballage, transport, décontamination, lavage, suivi (prélèvements, analyses micro-biologiques…)…
  • Cahier des charges locaux, matériels et équipements : garantir la marche en avant”; l’hygiène du personnel (SAS); la fiabilité des machines : définir la formation du personnel pour une utilisation optimale, la maintenance préventive, corrective, le service après ‑vente ; les procédures de lavages (type de linge : temps/T°/Produits, tout en respectant l’environnement)…
  • Enquêtes de satisfaction : auprès des utilisateurs, résidents, personnels, responsable lingerie, personnels de service et d’entretien au contact du linge…

3e étape : mettre en oeuvre une démarche qualité

Il ne semble plus possible de faire l’économie d’une telle démarche autour de cette Fonction Linge. Trop porteuse de risques pour l’établissement, elle est à construire en tant que telle ou à insérer sérieusement au sein d’une démarche qualité plus globale. Elle peut êtr eportée par des outils tels que la méthode HACCP, les référentiels existants : ANAES, ANGELIQUE, des ouvrages tels que celui du COTEREHOS de la DRASS Rhône-Alpes, des interventions d’entreprise d’audits, de formations, prestataires de service…

Il s’agit donc d’auditer, de repérer les points critiques puis d’établir un process, des formations, des procédures : outils d’enregistrement, de mesures et de contrôles, et peut-être devoir réaliser des investissements indispensables à la mise en pratique de la démarche (locaux aux normes, chariots dédiés…).(Intervenants métiers : Agevillagepro​.com, Marie-Edith Quoniam — Initial BTB) )

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Les différents modes de gestion : interne, externe, mixte

La gestion interne

Auto-gérer sa fonction linge, c’est investir dans les articles à traiter, les locaux, le matériel de lavage, séchage, repassage…, les produits lessiviels, et bien sûr organiser un personnel dédié et sa formation.

  • Les articles traités requièrent la définition d’un cahier des charges étudié : composants, grammages, finitions, traitement, renouvellement prévu, déclinaison : linge plat, hôtelier, vêtements professionnels… sans oublier le linge des résidents.
  • Les locaux et surfaces alloués : buanderie, blanchisserie, lingerie : à chacun sa définition. il s’agit néanmoins de réfléchir au respect des normes d’hygiène et de sécurité pour ces locaux : marche en avant (entrée sale opposée à la sortie propre), plain-pied… et les circuits du linge (linge propre/​linge sale) au sein de l’établissement . Ces locaux doivent être nettoyés, entretenus, maintenus (maintenance corrective, préventive) conformément aux risques encourrus (méthode RABC).
  • Les matériels à acheter, gérer (programmes, cycles), entretenir et amortir : machines à laver, sécheuses, repasseuses, calandres, presse, cabines de finition, mannequins, chariots de distribution, sacs hermétiques (en cas de croisements dans les circuits sales et propres).
  • Les lessives : choix, achats, renouvellement, évaluation de l’efficacité pour les fonctions de lavage, blanchiment, entretien, désinfection…
  • Les énergies : eau, vapeur, électricité, sources de chaleurs …
  • Gestion, suivi qualité : évaluation des tonnages, pesées, enregistrements, tableaux de bord, enregistrement (RABC, démarches qualité…)
  • Autour d’un personnel dédié ou non (lingères, personnel de service, d’entretien pour le transport…), formé (risques encourrus, procédures de suivi, de gestion) et équipé ( blouses, masques, gants, charlottes…).

La blanchisserie externe

Les articles traités sont achetés par l’établissement client et entretenu par le prestataire blanchisseur.Entretien sous-traité au blanchisseur : ramassage (procédures, chariots et sacs dédiés, camions spécialisés…), comptages (nombre de pièces rendues correspondant aux pièces livrées, stocks tampons…), traitements du linge (locaux, procédures, produits lessiviels et matériels performants…)…Les process décrits ci-dessus sont transférés au blanchisseur qui ne gère pas le renouvellement des articles, leur finition… Au blanchisseur d’investir dans les locaux aux normes, machines adaptées, produits lessiviels calibrés, personnels formés et équipés, véhicules de transport dédiés.Attention aux prestaires non spécialisés qui pourraient mélanger le linge d’activités autres que ùédicales.Les outils de suivi (comptages : stocks, évaluation qualité : qualité de lavage…) doivent aussi être instaurés et gérés au quotidien.

La location de linge

Dans le cadre d’un contrat forfaitaire pour les vêtements ou à la pièce (linge plat, hôtelier…), l’établissement client sous-traite intégralement toute sa fonction linge.C’est au loueur que reviennent les responsabilités d’achat et d’entretien des articles : transport, traitements, gestion, comptages, livraisons, finitions, suivi de la qualité servie…Le loueur se doit donc de proposer le cahier des charges précis des articles (qu’il achète, entretient et renouvelle) dans le cadre de son contrat. Comme pour le blanchisseur, il aura investi dans les locaux, matériels, produits, process industriels (si possible dédiés à l’activité santé : cycles de décontamination…, voire certifiés !).Plus qu’un blanchisseur, le loueur de linge doit approter un accompagnement quotidien, dans le respects des normes d’hygiène mais aussi des budgets fixés (Kits de lits, protocoles…).

Les solutions mixtes

Cette solution est la plus représentative, face aux éxigences d’hygiène et de sécurité, les établissements évoluent plus ou moins vers la sous-traitance et maintiennent certaines activités en interne.

  • gestion interne du linge des résidents (la lingerie peut ainsi devenir un lieu d’échange, voire d’animation”. Les odeurs, le repassage, l’accès en libre service et/​ou assisté” délient les langues, mobilisent une activité, responsabilise…
  • traitement en blanchisserie externe ou location complète du linge plat (draps, alèses, taies d’oreillers…), hôteliers (nappes, serviettes..).

Conclusion

Le mode de gestion de la fonction linge dépend de l’historique de cette fonction au sein des structures (locaux dédiés ou non à l’ouverture…), de son évaluation actuelle : audit des circuits, procédures, amortissements des investissements, locaux et équipements plus ou moins aux normes” (exigences de la réglementation), des équipes en place (formations, compétences, ancienneté…), de la qualité (hygiène, confort, régularité…) du linge traité, des budgets alloués, mais aussi de la montée du consumérisme.Lorsqu’un ensemble de signaux (qualité/​hygiène, locaux, circuits, matériels, équipes…) s’allument, il s’agit d’auditer l’ensemble de la fonction pour sereinement établir un ou plusieurs cahiers des charges selon les options recherchées : gestion interne, blanchisserie externe, location, mixte de ces solutions. Agevillagepro​.com, au sein de cette rubrique FONCTION LINGE vous fera part des témoignages, expériences réalisées…mais aussi des analyses de ses experts, consultants… vers des outils d’analyses, audits, voire cahiers des charges.

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Hygiène — réglementation

Si la notion de confort reste importante dans les lieux de vie que sont les établissements d’accueil pour personnes âgées, celle d’hygiène prend aujourd’hui toute sa place. Le linge étant au contact de l’environnement, il se charge des micro-organismes et les transporte. On parle ainsi de maladies nosocomiales, de démarches qualité, protocoles… Le point sur le contexte législatif.

  • Création ou connaissances des CLIN (Comité de lutte contre les infections nosocomiales — article L.711 – 1 du code de la santé publique, décret du 6 mai 1988) : il est obligatoire dans les centres hospitaliers, les cliniques privées. Le CLIN le plus proche de la structure peut être d’un très bon conseil pour la mise en oeuvre des bonnes démarches dans l’établissement.
  • Accréditation et référentiel ANAES. Au sein des maisons de retraite, les exigences d’hygiène sont considérées comme élevées. La démarche d’accréditation et ses référentiels sont recommandés
  • Convention tripartite et référentiel ANGELIQUE, sur le site sante​.gouv​.fr
  • La norme EN 14065 = méthode RABC. Cette norme européenne a été publiée en 2003. Elle développe la méthode RABC : Risk Analysis Biocontamination Control soit la Maîtrise des risques de biocontamination. Elle va permettre d’assurer continuellement la qualité microbiologique des articles textiles.Pour chaque article, un usage sera déterminé et un niveau de qualité microbiologique défini.
  • Site rhone​-alpes​.sante​.gouv​.fr : Quel textile pour quel usage à l’hôpital ? Hygiène et architecture dans les établissements de santé (format pdf).

(Intervenants métiers : Agevillagepro​.com, Marie-Edith Quoniam — Initial BTB) )

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La norme EN 14065 = méthode RABC

Découvrez cette norme. Ses étapes :

  • Définir le process du linge et les dangers potentiels à chaque étape : livraison/​réception, tri/​lavage/​essorage/​finition/​séchage/​transports/​livraison (linge emballé)
  • Définir les étapes sensibles, les points de contrôle : circuits propre/​sale, zone de tris, circulation des personnels, de l’air, entretien d’un local, qualité de l’eau…
  • A chaque point de contrôle, définir les indices/​niveaux/​limites de tolérance : indices de qualité d el’eau, durée de stockage du linge…
  • Déterminer les outils de surveillance des indices : analyses des eaux, relevés des temps de dépôts, températures…
  • Mettre en oeuvre les actions correctives : aménagement des locaux,achat de matériels, produits lessiviels et détergents, protocoles de lavages …
  • Analyse des remontées clients, vérification des procédures, de la démarche : questionnaires qualité, fiches de non-conformité, audit des circuits…
  • Etablir un manuel qualité : audits, enregistrements, protocoles, documentation : articles traités, traitements, circuits, protocoles…


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Identification du linge

Identification du linge

Afin que le linge des résidents ne soit pas égaré, il doit être identifié par le nom. Parfois quand le résident arrive, son trousseau a déjà été marqué par la famille.S’il ne l’est pas, une solution rapide consiste à thermocoller les noms​.Au moment de la collecte du linge sale, celui-ci est systématiquement placé dans un filet individuel et nominatif. Nous remettons à chaque résident un filet qu’il garde et accroche à une patère dans sa salle de bains. Ces filets se ferment et il n’y a pas de risques de mélange.Une liste exhaustive peut être également apposée sur la porte de l’armoire, dans la chambre du résident. Chaque vêtement est nommé, avec sa couleur et la taille.

Traitements particuliers

Chaque résident remplit une fiche indicative sur les éventuelles maladies contagieuses qu’il peut avoir et allergies aux lessives. Il est ainsi possible de traiter le linge avec les produits adéquats.

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