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Edito : droit au risque ?


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Le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) a déposé un avant-projet de loi pour le Premier ministre pour étendre les compétences du contrôle général aux établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD).

Ces maisons de retraite médicalisées accueillent des personnes âgées fragilisées, malades, désorientées pour lesquelles le fait de rester chez soi devient difficile ou trop épuisant pour les proches aidants. Parce qu'elles sont à risque chez elles, ou en sortant, ces personnes sont majoritairement "placées" sans leur consentement explicite, lequel est parfois bien difficile à obtenir.

Malgré leurs contraintes financières et réglementaires, les professionnels déploient des trésors d'imagination pour proposer des lieux où la liberté d'aller et venir reste une réalité.

Ainsi des jardins sont étudiés pour venir créer, planter, rêver, se promener ... même s'ils sont fermés (Participez au Prix 2013 des jardins Thérapeutiques avec Agevillage et les principales fédérations professionnelles).

L'injonction contradictoire de "liberté" et "sécurité" 24h/24, 7 jour sur 7, n'est évidemment pas facile à vivre.

Concrètement ces établissements, notamment les unités Alzheimer, sont fermés. De nombreux digicodes permettent aux seuls professionnels et visiteurs d'entrer et sortir.
« La privation de liberté n’est ici pas de droit mais de fait et peut donc entrer dans le champ de compétences du contrôle général », estime Monsieur Delarue.

Oui mais ces personnes malades, si elles partent, risquent de se perdre, de tomber, sans pouvoir donner l'alerte. De nombreux et récents faits-divers en témoignent, en ce rude hiver.

On voit se développer aujourd'hui de nombreux matériels couplant géolocalisation et système d'alarme. Gageons qu'ils sont présentés aux principaux intéressés afin de les associer à leur protection, dans un sourire. Grâce à ce joli pendentif, cette montre (qui donne aussi l'heure), ou ce smartphone dernier cri, la personne peut sortir, être localisée si elle se perd. On peut aussi lui parler à distance pour la rassurer.

Les aidants se disent soulagés, et moins enclins à pister leur proche voire à l'enfermer pour aller faire une course.

En revanche, on peut s'interroger sur les systèmes qui sont cachés aux malades (dans leurs semelles par exemple).

Alors : impossible droit au risque ?
Les possibilités technologiques ouvrent le champ d'un authentique questionnement de société. Des systèmes sont conçus pour rassurer (mais qui ?), pour réduire les risques, prévenir des dangers, ce qui aboutit à la question du contrôle (sur les comportements ? sur les personnes désorientées ?). Et les professionnels là-dedans : ces outils ne modifient-ils pas les critères du prendre soin ?
Jusqu'où avancerons-nous sans réfléchir vraiment?

On peut comprendre l'envie de certains de fuir ces ambiances étouffantes !


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