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Urgences hospitalières

Les « flux tendus» continuent


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A mi-parcours de l'été, plusieurs responsables de services d'urgences soulignent les difficultés persistantes dans les hôpitaux, qui travaillent «à flux tendus», affirmant qu'encas de canicule, la situation se compliquerait nettement.

«On profite d'une météo qui est assez clémente et qui fait qu'on arrive à travailler», a déclaré le président de l'Association des médecins urgentistes hospitaliers de France (Amuhf), Patrick Pelloux, jeudi 28 juillet, lors d'une conférence de presse destinée à faire le point sur la situation dans les services d'urgence fin juillet.Le médecin urgentiste, qui le premier avait tiré la sonnette d'alarme lors de la canicule d'août 2003 (près de 15.000 morts), a même reconnu que cette année, «la situation s'est améliorée dans les hôpitaux généraux». «Ca va pas trop mal dans la plupart des régions, il n'y a pas de catastrophe», a, de son côté, affirmé François Stirlé, président du Syndicat des urgences hospitalières (SUH).«L'activité est semblable à ce que l'on connaît habituellement, il n'y a rien d'extraordinaire», a estimé, pour sa part le président de Samu de France Marc Giroud. Le président de la Société francophone de médecin d'urgence (SFMU) Gérard Bleichner, a fait remarquer que «les gens sont préparés, sur le plan de l'organisation et de la préparation technique médicale» à une éventuelle canicule.Derrière l'unanimité du discours de ces professionnels, perce toutefois une inquiétude plus forte. «Aux urgences, on travaille à flux tendus toute l'année, il ne faut pas grand-chose pour gripper leur fonctionnement. En Rhône-Alpes par exemple, avec la vague de chaleur de juin dernier, nous avons été +limite+ en terme de disponibilité en lits» d'aval, après passage aux urgences, a expliqué M. Stirlé.

«août s'annonce plus tendu"

Un des soucis majeur de l'été, pour les services d'urgences, est de trouver un lit dit «d'aval» pour le malade après son passage aux urgences. Ce problème est davantage sensible dans la période des congés, marquée par une plus forte pénurie de personnels et parfois de pics d'activité. Un casse-tête qui oblige les praticiens à passer une partie de leur «temps médical» à chercher un hôpital d'accueil.Ainsi, selon le Dr Pelloux, «il y a toujours des points noirs encore assez aigus, notamment dans les centres hospitalo-universitaires (CHU), où ce qui fait défaut, c'est des (...) personnels - médecins, infirmières - et, bien entendu, des lits d'aval». Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, avait indiqué en juin que 93% des lits seraient disponibles en juillet et 88% en août, des chiffres contestés par l'Amuhf qui estime que les fermetures se situent «entre 20 et 30%».M. Pelloux a cité, parmi les «points noirs», Lyon et sa région, Marseille et Paris. Dans la capitale, la direction de l'Assistance-Publique-Hôpitaux de Paris a de son côté estimé que «la situation est en passe de devenir satisfaisante». A la question de savoir si, en cas de nouvelle canicule, les services des urgences pourraient faire face, M. Pelloux n'a pas caché que «ce serait mentir que de dire oui. Si nous avions une grande variation» de fréquentation, nous «aurions des difficultés très importantes. On est sans arrêt sur la corde raide», a-t-il ajouté.M. Bleichner, par ailleurs médecinurgentiste à l'hôpital Argenteuil, a d'ailleurs averti: «si le mois de juillet ne s'est pas trop mal passé, août s'annonce déjà beaucoup plus tendu, avec des fermetures de lits plus importantes».



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