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Gérer le confinement quand on accompagne un proche atteint d'une maladie d'Alzheimer ou d'une pathologie apparentée

Les conseils aux aidants de l'IM2A


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La rédaction d'Agevillage a interrogé l'équipe des psychologues et psychothérapeutes de l'Institut de la mémoire et de la maladie d'Alzheimer - IM2A (AP-HP). Ils livrent leurs conseils aux aidants, en six chapitres. Première partie : comment rassurer son proche malade ?



Comment gérer le confinement quand on accompagne un proche atteint d’une maladie d’Alzheimer ou d’une pathologie apparentée ?

La propagation de l’épidémie et la mise en place du confinement ont bouleversé les routines quotidiennes essentielles au bien-être des malades et de leurs proches. Les parcours de soins (accueil de jour, orthophonistes, consultations neurologiques, etc.) sont ralentis voire totalement interrompus, ce qui a pu générer une perte de repères chez votre proche malade.

En conséquence, la situation pour vous, aidant.e.s, peut être encore plus difficile à vivre, car cela diminue vos possibilités de répit.

Avec l’arrêt des activités de détente et la confrontation permanente aux troubles et à la maladie de votre proche, il existe un risque d’épuisement plus important.

Par ailleurs, les troubles cognitifs et comportementaux de la maladie peuvent rendre difficile le respect des gestes sanitaires pour votre proche malade et vous inquiéter davantage.

En somme, cette période difficile peut faire émerger ou accentuer de l’anxiété, des affects dépressifs ou un état d’épuisement chez votre proche malade et vous-même.

C’est pourquoi, il est important d’introduire de nouvelles routines et de suivre certaines recommandations pour traverser cette période le plus sereinement possible.

Rassurer votre proche malade

Communiquer sur le contexte actuel dans un langage clair :

- Indiquez-lui que le confinement ne le prive pas de son autonomie.

- Il est possible que votre proche pose plusieurs fois la même question. N’hésitez pas répéter votre message le plus clairement et calmement possible, même si cela peut susciter de l’agacement chez vous.

- Légitimez ses questions et ses inquiétudes. Questionnez-le sur son ressenti émotionnel sans chercher à l’alerter ou à provoquer des émotions chez lui s’il n’en exprime pas.

Renforcer son sentiment de sécurité :
Votre proche malade remarque et ressent vos émotions et votre état d’esprit. Il a besoin, pour se sentir en sécurité, de se sentir en confiance et de trouver de la cohérence dans ce qu’il perçoit.

Il ressent l’émotion associée à votre message, même lorsqu’il ne comprend pas tout à fait ce que vous dites et sera souvent plus inquiet de votre détresse que de la situation elle-même. Un message à tonalité trop anxiogène peut empêcher sa compréhension et générer de l’anxiété.

- Essayez ainsi de rester en cohérence avec votre discours. Par exemple, si vous dites : « Il n’y a pas de raison d’avoir peur », mais que vous lui demandez sans arrêt s’il s’est lavé les mains sur un ton anxieux, cela peut causer de la confusion chez votre proche malade et lui faire ressentir de l’anxiété.

- Régulez votre expression émotionnelle. Il est bien entendu naturel que vous puissiez exprimer vos ressentis, dire « j’ai peur, je suis inquièt.e », mais en évitant d’être débordé.e par eux. Si vous manifestez vos craintes par un visage effrayé ou alarmé, vous risquez d’inquiéter votre proche malade. Quelques techniques de gestion des émotions vous sont proposées dans la section « Prendre soin de soi » afin de favoriser ce contrôle émotionnel... (NDLR : nous les publierons prochainement).

Favoriser une exposition aux informations utiles :

- Evitez de surexposer votre proche aux informations et aux images médiatiques qui ne seraient pas adaptées à son niveau de compréhension. Cela peut créer un environnement stressant pour vous mais également pour votre proche qui peut entendre le caractère anxiogène des informations diffusées.

- Tenez-vous informé.e via des sources sûres une fois dans la journée, en faisant attention aux fausses informations qui circulent.


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