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Edito : Ouvrir, sortir en responsabilité

En confiance, en bonne intelligence


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La crise sanitaire et son obligation de confinement évoluent positivement vers un déconfinement progressif, prudent.

Très, trop prudent pour les uns qui sont très, trop frustrés de ce confinement aux conséquences qui sont aussi délétères rappellent les Petits Frères des Pauvres.

Les professionnels, les familles, les habitants de ces établissements pour personnes âgées dépendantes sont nombreux à estimer que le nouveau protocole continue de maintenir dans l'isolement ces citoyens, qui ne sont pas considérés comme les autres. Voir ce témoignage de sortie au restaurant d'un habitant d'Ehpad près de Niort.

Mais pour d'autres, ce déconfinement ne serait pas assez prudent avec la crainte de ne pas préserver suffisamment la santé des plus âgés les plus fragiles.

Difficile alors de savoir sur quel pied danser.

Les pouvoirs publics font appel à la responsabilité des professionnels (aux épaules décidément très larges au vu des moyens qui leurs sont accordés).

Ces professionnels continuent de faire face : ils ajustent leurs stratégies d'adaptation aux moyens disponibles, aux capacités, aux envies, aux pathologies des personnes aidées. Ils continuent de se former même en période de crise : voir cette semaine ces modules ouverts aux salariés des particuliers-employeurs à domicile.

Les pouvoirs publics font aussi appel à la responsabilité individuelle de tout un chacun : des générations qui s'entraident, des aidants qui cherchent des solutions, des téléconsultations qui explosent.

Parce que vieillir est une expérience personnelle, individuelle mais qui dépend aussi de l'environnement disponible.

Parce que vieillir, c'est continuer de grandir, de vivre, d'avoir des envies : "L'aventure est au coin de la ride", rappelle la psychosociologue Danielle Rapoport. Pour vieillir debout.

Reste à savoir quelle responsabilité est accordée aux citoyens quel que soit leur âge. Quel niveau de risque peuvent-ils prendre ? Dans sa lettre à son père Guy Bedos qui vient de partir alors qu'il était atteint de la maladie d'Alzheimer, sa fille raconte "« On n’a pas pu venir te voir par peur de te tuer en t’embrassant. Et on t’a tué en ne venant pas t’embrasser finalement"(...) « Tu as cessé de manger, de marcher, de lutter. A quoi bon puisque mes enfants ne m’aiment plus ? Maman avait beau te rappeler que c’était à cause du confinement, tu ne voulais pas, ne pouvais plus comprendre ». 

Quelle qualité d'accompagnement proposer partout sur les territoire, jusqu'au bout ? Vers quels services se retourner, rassurant, labellisé ? Quelles possibilités d'ouvrir, de sortir ? Comment accompagner les plaintes voire les menaces ? Quels recours en cas de conflits ?

Des questions complexes, éthiques, politiques, qui ne devraient pas relever que des experts, des sachants, mais des citoyens eux-mêmes, avec ou sans leurs proches.

Des questions qui demandent des éclairages, des informations, des pistes de réponses gérontologiques et gériatriques professionnalisées, valorisées, certes, mais des questions qui demandent à entendre la parole des concernés eux-mêmes.

Finalement « cet isolement, ça t’a tué », s'émeut Victoria Bedos.

Que veulent les personnes, nos frères, pour les jours, les mois, les années qu'il leur reste à vivre ?

Que voulons-nous pour nous demain ?


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Vos réactions

caro pierre

09/06/2020 14:06

retraite et long vieillissement


Sur quel pied danser ! Deux mesures – elle est essentielle dans la danse – et trois temps, comme la valse par exemple Les deux mesures sont la responsabilité et le bon sens, les trois temps, le gouvernement, les entreprises, les citoyens, mais il peut y en avoir d’autres…. La valse à mille temps… du grand Jacques. La danse se pratique à tout âge, il s’agit d’adapter les possibilités, physique et intellectuelle, au rythme, celles-là étant, comme les habits du moment, choisies ou en l’état, pour le plaisir et le bonheur d’être avec soi même et/ou d’autres. Elle se pratique à deux, exemple le citoyen* et le professionnel*, ou en groupe, le citoyen, le foyer, la famille, l’entreprise, les environnements… Elle est guindée, canaille, endiablée, langoureuse, intime, ou difficile … suivant l’esprit qui anime le ou les partenaires. La danse que nous devons entreprendre dans les mois, les années prochaines, est celle posée dans les questions de cet édito et parmi : quelle responsabilité est accordée aux citoyens, quel niveau de risque peuvent-ils – et je me permets : doivent-ils - prendre, car je vois les personnes âgées, le plus longtemps possible, toujours en capacité d’assumer leurs responsabilités en gardant leur bon sens pour demeurer acteurs de leur vie le plus longtemps possible. Sur quel pied danser ? Celui qui permet aux personnes âgées de mieux participer en simplifiant et remplaçant la performance par la volonté à être connues, reconnues et considérées comme des personnes respectables, respectées dans leur intégrité, leur volonté, et dans un accompagnement afin qu’elles conservent leur autonomie le plus longtemps possible. Guy et Sophie, maintenant réunis, certainement ont repris, à leur rythme, en confiance et bonne intelligence… leur danse, sur le même pied d’une drague perpétuelle. Amitiés à toutes et tous. Pierre, retraité professionnel * nous employons le masculin pour simplifier, mais il comprend le féminin bien entendu




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