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Edito : Restes à charge : à quand la réforme ?


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Annie de VivieA nouveau ministre, nouvelle concertation.

Alors que l'ancien président de la Republique Nicolas Sarkozy s'était engagé sur la création d'un nouveau risque de protection sociale pour financer les services au grand âge fragilisé, alors que des débats ont eu lieu pendant près de six mois en 2011 pour aboutir à des rapports documentés, alors que la réforme a été reportée par l'ancien gouvernement en attendant "un retour à meilleure fortune des finances publiques", alors que le candidat Hollande s'est engagé à renforcer l'APA et mettre en oeuvre une "loi cadre sur le vieillissement", voilà que la nouvelle ministre Madame delaunay veut prendre le temps de la concertation.

Certes, les débats précédents n'avaient pas totalement abouti à la définition d'une nouvelle prestation financée (car les finances publiques ne pouvaient plus se le permettre).
Certes au-delà du financement de cette prestation, la refonte du panier de services labellisés, coordonnés, identifiés, la refonte de la "gouvernance" du risque, n'avait pas été définie, dans les recommandations des groupes de travail.
Devra-t-on encore attendre de longues et interminables concertations ? Les caisses, administrations centrales, sociétés savantes, fédérations professionnelles, représentation des personnes âgées elles-même ont pourtant des propositions à formuler et faire arbitrer.

Par ailleurs, face au manque de loi cadre, des réflexions, des expérimentations pour améliorer le parcours d'aides et de soin, fleurissent :
> les MAIA et leur "référents professionnels ou gestionnaire de cas" deviennent des super CLIC (centre local d'information et coordination) pour les malades Alzheimer et les situations complexes
> Près de deux milliards d'économie sont attendus de la lutte contre la sur-médicamentation, les hospitalisations indues ou trop longues (rapport du HCAAM).
Qu'attend-on pour dépasser le stade des expérimentations et déployer des filières coordonnées et labellisées partout sur les territoires ?

Toutes ces initiatives ne lèvent pas deux problèmes majeurs :
1. les "restes à charge" en établissements (environ 1400 euros par mois) pèsent sur la retraite des personnes âgées fragilisées et sur les revenus des aidants familiaux
2. L'épuisement de ces même aidants familiaux
Aider un proche n'est pas qu'un "fardeau", mais il faut avouer que le temps mobilisé, autant que les finances, impacte sur la vie quotidienne mais aussi professionnelle de ces aidants, qui sont très majoritairement des aidantes.
Ne pas régler ces problème vitaux impacte l'économie nationale toute entière et le marché du travail sans parler des coûts induits pour le système d'assurance maladie.

Par ailleurs, les modes de financement actuels arrivent à bout de souffle (entre l'Etat, les départements...). Des associations de services à domicile cessent leur activité. Les enjeux pour les personnes aidées, leurs aidants, les professionnels, l'emploi ne sont là encore pas neutres. L'association des Paralysés de France lance un cri d'alerte "A l'aide à domicile" et appelle à manifester ce 5 juin devant le ministère des affaire sociale à Paris.

Non, nous ne pouvons plus attendre.
Notre pays doit définir un nouveau droit à compensation des situations de handicap quel que soit l'âge.
Les arbitrages ne seront certes pas simples (Nouvel impôt, taxes, assurances, refonte des filières, guichet d'entrée...), mais ils libèrent les choix des acteurs économiques (citoyens et entreprises), rendent possibles des investissements rentables pour l'emploi, l'activité économique, et le bien vieillir en France.

La ministre déléguée Michelle Delaunay a annoncé ce 28 mai sur RTL que "De forts engagements sur la dépendance seront mis sur la table après les Législatives".
A suivre donc.


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