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Comprendre les fragilités

Syndrome de Stockholm

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 25/02/2018

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Face aux situations de maltraitance

Le syndrome de Stockholm est un phénomène psychologique que l’on peut observer chez des otages qui ont vécu longtemps avec leurs geôliers et ont développé une sorte d’empathie, de contagion émotionnelle vis-à-vis d’eux. Les spécialistes pointent des mécanismes complexes d’identification et de survie.

Annie de VivieFace aux vols, abus, escroqueries, extorsions de fonds que peuvent subir des personnes âgées fragilisées, on sent poindre ce syndrome. Le rapport Koskas qui vient d’être remis à Agnès Buzyn pointe la difficulté pour les victimes de dénoncer la situation. Elles sont comme sous emprise d’un proche, d’un aidant professionnel (proche lui aussi), de très « gentils » commerciaux qui proposent des services, des produits, des solutions en tout abus de faiblesse.

Trop seuls, trop enclins à accepter de payer pour un échange, un sourire, quitte à supporter l’extorsion, l’escroquerie, les plus âgés sont difficiles à protéger. Ils peuvent cacher, taire délibérément la situation. Ils ont aussi honte quand le vol, l’abus sont découverts… et donc se taisent à nouveau, ne vont pas jusque la plainte en justice…

Il ne s’agit pas ici de jeter la pierre sur toutes les entreprises qui s’adressent à ces personnes fragilisées (pour lesquels une « charte de confiance face à la vulnérabilité » serait bienvenue), ni de jeter l’opprobre sur tous les professionnels de l’aide et du soin. Ces derniers relancent le mouvement social du 30 janvier, n’ayant pas été ne serait-ce que reçus par la ministre des Solidarités et de la Santé, par le Président de la République.

La question des maltraitances financières éclaire sur la nécessité pour notre société de s’adapter à son vieillissement. Il nous faut organiser les alertes individuelles et collectives, déployer des médiateurs, des professionnels de l’aide et du soin formés, compétents, en nombre suffisants, renforcer l’information, la communication, l’adaptation des logements connectés.

Le retard français est réel. Des aidants prennent les choses en main et créent la structure de répit à laquelle ils ont rêvée (voir Les bobos à la ferme en Normandie). D’autres personnes désorientées au Japon portent un QR code pour être retrouvées. En Haute-Vienne des équipes mobiles de psychiatrie viennent en appui.

Mieux se comprendre les uns, les autres, c’est l’idée de ce clip qui fait le buzz sur Youtube, sur l’idée de « Vis ma vie ». Des résidents jouent les rôles des professionnels, des soignants d’une maison de retraite.
Une idée pour nous projeter : nous serons demain plus âgés, plus vulnérables au risque d’abus. Nous serons peut-être victimes nous aussi du syndrome de Stockholm, vis-à-vis d’abuseurs souvent de notre entourage.

Prévenir, adapter, se prémunir de ces risques de situation de maltraitances financières.
Des enjeux individuels et collectifs.

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