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Les Souliers d'Eglantine : voyage plein d'humanité au pays d'Alzheimer

Auteur Rédaction

Temps de lecture 3 min

Date de publication 26/03/2018

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« Tout y est ». Le 20 mars après 1h15 de spectacle, l’émotion est palpable dans la salle de spectacles d’Othis (77). 250 aides à domicile, aidants, personnes âgées ou bénévoles de France Alzheimer sont venus assister à une représentation des Souliers d’Eglantine, par la Compagnie des vers luisants. Une pièce riche et dense, empreinte d’humanité et d’émotion, qui nous entraîne dans « une étonnante escapade au pays où l’on marche à côté de ses pompes », celui de la maladie d’Alzheimer.

Les souliers d'Eglantine théâtre

Catherine Blanchard, dite Tamèr, est issue de la scène slam. Confrontée à la maladie de Parkinson de sa mère, elle finit par comprendre pourquoi elle n’arrive pas à entrer en lien avec elle. Un déclic qui la poussera à imaginer les Souliers d’Eglantine.

Après le décès de sa mère, la pièce naît en 2015, mûrit, pour être jouée pour la première fois à l’occasion de la Journée nationale des aidants, en octobre 2016.

Pendant sa gestation, Catherine Blanchard s’est entourée d’un musicien pour créer la bande-son (Fabien Blanchard), d’une régisseuse lumière (Violaine Parcot), mais aussi d’experts de la maladie, de représentants d’associations de familles… pour un regard le plus juste possible sur la maladie d’Alzheimer et son impact.

Une comédienne, neuf personnages


Les souliers d'Eglantine théâtre

Le spectacle tourne autour du personnage d’Eglantine, 68 ans au début de la pièce, passionnée de souliers. Un premier incident le jour de son anniversaire inquiète ses proches : pourquoi leur épouse, leur mère, leur grand-mère cherche donc ses bottes dans le réfrigérateur ?

Puis le verdict tombe, c’est Alzheimer. Et avec le diagnostic, le monde d’Eglantine est bouleversé.

Entièrement interprété par l’autrice, la pièce donne la parole à tous ces personnages qui gravitent autour de la malade, chacun avec un registre qui lui est propre (chant, conte, slam…).

Parmi eux, son époux Pierre, follement amoureux mais qui souhaite parfois « qu’elle dorme six pieds sous terre », sa fille Cécile, celle à qui revient la lourde charge de prendre les décisions qui fâchent, comme de faire entrer sa mère en institution, et qui n’a personne à qui rendre son tablier, sa petite-fille Léa…

Mais aussi les professionnels, du neurologue à l’aide à domicile en passant par les soignants de l’Institut des Pampilles. Une galerie de personnages justes et nuancés, qui permettent de prendre la mesure de l’impact de la maladie.

Sans oublier Eglantine elle-même, perdue, angoissée et en colère face à sa maladie.

« Tout y est »


Les souliers d'Eglantine théâtre

Au-delà de l’émotion qui se dégage des textes et de l’interprétation, de l’humanité qui en émane, l’intérêt de la pièce réside aussi dans la richesse des thèmes abordés, de l’éthique à l’épuisement des aidants, de la peur de la maladie à son acceptation, de la culpabilité à l’incompréhension. Et puis l’amour et la vie qui continuent…

« Tout y est », commente une bénévole de France Alzheimer, gériatre à la retraite.

A Othis, la représentation était suivi d’un théâtre-forum, qui a permis à une dizaine de spectateurs de s’exprimer. Mais le spectacle peut aussi être joué seul, poursuivi par un débat…

Et la Compagnie des vers luisants travaille sur une version acoustique, plus « light », destinée à être jouée en plus petit comité, en maison de retraite par exemple, mais aussi sur une version contée.

En attendant, n’hésitez pas à consulter la page Facebook ou le site de la compagnie pour connaître les prochaines dates.


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