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Covid-19 : le confinement vu des résidences services seniors et autonomie

Auteur Rédaction

Temps de lecture 3 min

Date de publication 25/11/2020

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Retours d’expérience

Comment les seniors, plus autonomes, des résidences avec services et des résidences autonomie ont-ils vécu la crise sanitaire et le confinement ? Quelles politiques spécifiques ont été mises en place ? Retours d’expériences.


« La première vague a donné lieu à une espèce de sidération collective », se souvient Frédéric Walther, directeur général du groupe Domitys (110 résidences en France, Belgique et Italie).

« Notre première obsession a été de protéger les résidents, mais aussi les collaborateurs pour éviter les absences. »

Le groupe a donc fait le choix d’imposer un confinement strict dans les appartements, et de fermer ses espaces communs. « Il a fallu s’organiser extrêmement vite (…) pour porter les repas en plateau, dans de bonnes conditions sanitaires, dans les différents appartements ; pour mettre en place les EPI (NDLR : les résidences services ne bénéficient pas de dotation d’Etat). Ça a été très brutal, très compliqué, mais en même temps assez simple puisque la consigne était très claire : on ferme, on verrouille. »

Une stratégie qui a porté ses fruits puisque le groupe a obtenu « de bons résultats » : peu de décès, peu de contestation.

Après le confinement, le groupe a souhaité organiser des tables rondes avec les résidents volontaires et une psychologue pour revenir sur cette situation hors-norme.

Environ 1000 résidents ont répondu présent et participé à 100 rencontres, ce qui a permis, aussi, de constater une dégradation générale de leur autonomie. Avec un impact sur le turnover : 10 à 15 % de départs en plus par rapport à la même période l’année précédente.

Confinement allégé

Aujourd’hui, les mesures prises par le groupe sont beaucoup plus souples. En écho aux envies des résidents, au risque de perdre leur autonomie, « justement ce qu’ils souhaitaient préserver en venant ici », souligne le directeur général.

« On a beaucoup appris et mis en place un nouveau mode opératoire », poursuit-il. « Nous nous attachons plus à individualiser les échanges. » Les piscines, salles de sport et restaurants sont pour la plupart ouverts mais ferment si plus de deux cas positifs sont décelés dans une résidence.

Certains établissements ont mis en place un roulement pour dédensifier la salle de restaurant, et il reste possible de se faire monter des plateaux repas.

Par ailleurs, le groupe a déployé des campagnes massives de tests antigéniques, avec une bonne acceptation : seuls 5 à 10 % des résidents ont refusé.

Des tests qui permettent d’adapter les protocoles, et laissent de la flexibilité aux résidences.

Digitalisation accélérée en résidence autonomie


En tant qu’établissements médicosociaux, les résidences autonomie ont pu bénéficier de la distribution de masques chirurgicaux et étaient concernées par les consignes ministérielles (sauf la suspension des visites mise en place à compter du 11 mars en Ehpad et USLD).

Mais leurs habitants ont souffert, comme les autres, de l’isolement accru durant la période de confinement.

A la résidence autonomie gérée par le CCAS de Vendin-Le-Vieil (62), les réactions ne se sont pas fait attendre à l’annonce du confinement le 16 mars : « Comment va-t-on les voir ? Qui va nous donner des nouvelles ? Ma mère ne sait pas utiliser son téléphone ! Ça va être long sans se voir… »

Le CCAS a misé sur les réseaux sociaux pour maintenir les liens, avec la création d’une page Facebook pour donner quotidiennement des nouvelles et la création d’un compte Skype.

En termes de moyen humain, l’animateur a pu être accompagné d’un jeune en service civique afin d’accompagner les résidents dans l’utilisation des tablettes et de Skype. Tablette soigneusement désinfectée entre chaque utilisateur.

La résidence de 48 logements a également fait l’acquisition d’un ordinateur adapté (police et icônes de grande taille…) et crée des adresses mail pour favoriser les échanges.

Enfin, pour dédramatiser le numérique, différentes initiations ont été organisées : écoute de musique sur YouTube, jeux en ligne… jusqu’à la découverte de Tik Tok.

Malgré les appréhensions et les réticences initiales (tant de la part des résidents que des familles), tout le monde s’est finalement bien adapté à ces nouveaux outils. Des ateliers numériques sont désormais programmés chaque semaine.

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