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Comprendre les fragilités

Vérification : a-t-on vraiment « tué les seniors au Rivotril » ?

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 07/12/2020

1 commentaires

La rumeur enfle sur les réseaux sociaux

« On a tué les seniors au Rivotril ». Depuis le début de la pandémie de covid-19, qui n’a pas lu cette affirmation sur les réseaux sociaux ? Qu’en est-il exactement ? Explications.

La crise sanitaire a donné lieu à d’innombrables thèses plus ou moins farfelues, et la fermeture des Ehpad au printemps dernier n’a rien fait pour apaiser les esprits. Parmi les rumeurs lues et entendues à maintes reprises, celle d’une euthanasie massive des résidents d’Ehpad au Rivotril. Parfois de la part de personnes a priori dignes de confiance…



Qu’en est-il exactement ? Et d’abord, c’est quoi, le Rivotril ? Le Rivotril est l’un des noms commerciaux du clonazépam, une molécule de la famille des benzodiazépines (anxyolitiques).

Il est en temps normal destiné aux personnes épileptiques, et a pour vocation de contrôler les convulsions,comme l’explique le guide Vidal.

Il est habituellement prescrit par un neurologue ou un pédiatre, étant utilisé pour l’épilepsie chez l’adulte et l’enfant.

Quel est le lien avec le covid-19 ?


Depuis 2016, les personnes en fin de vie peuvent être endormies profondément afin de ne pas souffrir avant le décès : on parle de sédation profonde et continue.

C’est une pratique encadrée par la loi, et réservée aux personnes atteintes d’une affection grave et incurable, si leur pronostic vital est engagé à court terme et si leur souffrance est réfractaire aux traitements.

Cette sédation profonde et continue est normalement obtenue par l’administration d’une autre molécule de la famille des benzodiazépines, le midazolam, indique la Haute autorité de santé, qui précise « en cas de difficulté d’approvisionnement du midazolam (délai de rétrocession), d’autres benzodiazépines peuvent être utilisées en recours temporaire : diazépam, clonazépam ».

C’est ce qui s’est passé au printemps : face à une pénurie de midazolam, un décret daté du 23 mars 2020 a permis de le remplacer si besoin par du clonazépam.

Molécule qui, comme le midazolam, a vocation à induire une sédation mais aussi à contrôler l’anxiété induite par les détresses respiratoires, fréquentes en cas de covid-19, rappelle le Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie, qui conclut : « le rivotril, comme les benzodiazépines plus généralement, servent à endormir le patient pour qu’il ne souffre pas et non à provoquer son décès. Le patient décède du fait de la détresse respiratoire, et non à cause de l’administration de rivotril ».

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Sankara

Justement, le Rivotril accentue la détresse respiratoire, il devrait donc être contre indiqué ! Au lieu de cela on l'a autorisé. Dans quel but ?