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Comprendre les fragilités

Colette Roumanoff : bien vivre avec la maladie d'Alzheimer, c'est possible !

Auteur Rédaction

Temps de lecture 3 min

Date de publication 25/05/2010

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Contre les images terribles de la maladie

Lors de la soirée de soutien au Réseau Mémoire Aloïs, le 17 mai 2010 à Paris, Colette Roumanoff, épouse de Daniel, malade, et mère de quatre enfants dont l’humoriste Anne Roumanoff, est venue témoigner qu’il est possible de vivre et bien vivre avec cette maladie.

C’est très simple et très subtil
Colette Roumanoff est une battante. Quand son mari a été diagnostiqué, elle n’a pas souhaité écouter les Cassandre”. Elle témoigne que l’affectif, l’émotion, l’intelligence, ne sont pas affectées par la maladie, au contraire. Elle a décidé d’adapter la vie quotidienne, l’environnement aux difficultés de repères de temps, d’espace, de contexte et de toujours donner à Daniel la possibilité de rendre service, d’être utile.
La maladie pousse à se détacher des valeurs clé de notre société : elle s’oppose à la rapidité, au zapping, à la compétition, au jugement, au stress.
On vit même mieux sans ces exigences, insiste Colette Roumanoff.

L’image de la maladie est trop négative, elle étouffe.
La famille Roumanoff s’insurge contre l’image cataclysmique qui est avancée sur la maladie, notamment pour lever des fonds pour la recherche.
Elle aimerait même changer son nom pour lever les inhibitions, provoquer des regards positifs, bienveillants

Avec sa fille Valérie, Colette anime le site Internet http://​www​.alzheimer​-autrement​.org/

Concernant les nouveaux diagnostiqués, Colette Roumanoff explique :


Colette Roumanoff précise :
La perte de mémoire est ce qui retient l’attention mais les risques de confusion” sont bien plus gênants dans le quotidien.
Les catégories abstraites qui nous servent à ranger ou à classer les choses n’existent pratiquement plus et chaque chose est vue individuellement comme un objet séparé.
Il faut donc faire un effort pour comprendre comment cela se passe dans la tête de l’autre quand il demande, par exemple, s’il peut ranger le grille-pain dans le réfrigérateur. Comme le frigidaire ressemble à un placard et que l’endroit où on range le grille pain est un autre placard, la confusion est possible et ne doit pas être considérée comme une catastrophe. Elle est tout simplement normale pour une telle personne. Il n’est pas interdit d’en rire, et il ne faut surtout pas en conclure que tout est perdu.

Ensuite, quoi faire ? Plusieurs solutions, mettre des étiquettes, garder une attention flottante au moment du rangement du petit déjeuner, ou milles autres choses possibles, c’est juste une question d’imagination et de circonstances. Une confusion qui se produit un matin ne va pas forcément se renouveler car le processus est aléatoire.
Il est possible de ressusciter la mémoire ” en évoquant le contexte ou des éléments particuliers reliés de près ou de loin à l’élément oublié, et il arrive souvent que la mémoire revienne d’un coup. Il faut en quelque sorte tourner autour du pot jusqu’à ce que l’autre retrouve le pot, ce qui est toujours pour lui une source de joie.

Voila pour les problèmes techniques mais le plus important est le fond. Un être humain a besoin de se sentir exister, de donner et de recevoir, de faire et d’échanger. Comment maintenir cette satisfaction de vivre quand il y a des difficultés de repères et de mémoire ?
En cherchant on peut découvrir des activités qui ne sont pas ou peu touchées par les changements qui se produisent, par exemple : jouer au tennis, au ping pong, écouter de la musique, faire une traduction d’une langue étrangère. Tout dépend des centre d’intérêts et des domaines qui ont été investis en profondeur auparavant. Certaines activités abandonnées depuis des années peuvent être retrouvées ou d’autres poursuivies avec des aménagements techniques. Ensuite *il est possible de réapprendre* ce qui a été oublié, mais cela demande un contexte relationnel où la confiance existe de part et d’autre.“

Retrouver aussi notre dossier La vie quotidienne avec une personne malade d’Alzheimer”
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