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Trouver son lieu de vie

Intergénération : vivre ensemble dans son domicile, sa résidence, son quartier

Auteur Raphaëlle Murignieux

Temps de lecture 3 min

Date de publication 04/04/2022

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Du domicile individuel au quartier, les bienfaits de l’intergénérationnel séduisent de plus en plus. Partager son chez soi avec un jeune ou opter pour une résidence intergénérationnelle : il existe différentes manières de vivre entre générations, y compris en résidences pour senior.

Pour créer des liens, lutter contre les stéréotypes et créer une société bienveillante, inclusive, ouverte sur les autres, les relations intergénérationnelles constituent un levier essentiel.

Elles peuvent se dessiner à l’échelle d’un logement comme d’un territoire entier.

À domicile, avec la cohabitation intergénérationnelle solidaire, où un jeune loge chez un plus vieux dans une logique d’entraide. Le jeune y gagne notamment un logement à coût très modeste ; les seniors, une présence et la satisfaction d’accomplir un geste solidaire.

En effet, l’intergénérationnel ne doit pas se penser que dans un sens, insiste le sociologue Dominique Argoud (université Paris-Est Créteil), dans un webinaire organisé par FuturAge. Créer du lien implique de la réciprocité, une pratique de don et de contre-don.

Ce type de cohabitation est d’ailleurs soumis à contrat et encadré par la loi. Si ce n’est pas obligatoire, il est fortement recommandé de s’adresser à une structure ou une association avant de se lancer.

Il existe des dizaines d’associations spécialisées, fédérées en réseau ou indépendantes. Vous en trouverez une liste dans notre dossier consacré à la cohabitation intergénérationnelle.

En résidence pour seniors aussi

Certaines d’entre elles étendent leur action en dehors du domicile des particuliers. 

L’association le Pari solidaire a ainsi créé le dispositif Les voisins du cœur : des logements indépendants et à un loyer modéré en résidences autonomie en échange de temps de présence auprès des habitants âgés.

Les jeunes, âgés de 18 à 30 ans, assurent en retour des temps de présence le soir, le week-end, quand le personnel de la résidence est moins nombreux.

Un dispositif également mis en place dans des résidences sociales parisiennes : 14 jeunes habitent actuellement dans 12 résidences, où ils bénéficient d’un petit loyer, contre des visites à domicile et des sorties avec leurs voisins âgés.

D’autres résidences sont imaginées dès leur conception avec une ambition intergénérationnelle. C’est le cas, par exemple, de Concertô, à Bordeaux, récompensée d’un prix Ville amie des aînés en 2016.

Ou encore des résidences CocoonAge ou Chers Voisins, des projets de l’entreprise solidaire d’utilité sociale Recipro-Cité.

Des solutions qui fonctionnent grâce à une présence humaine forte, un accompagnement du lien par un professionnel/​animateur qualifié : « la mayonnaise ne prend pas comme par magie  », commente Didier Argoud.

L’intergénérationnel au cœur du quartier

À Laval, dans le même esprit, une résidence senior vient d’ouvrir ses portes au sein de l’espace Saint-Julien. Ce projet urbain accueille au sein d’un parc de deux hectares la résidence Le logis, pour personnes âgées autonomes, mais aussi une résidence étudiante, un accueil périscolaire, un internat de collégiens et lycéens scolarisés en ville, une micro-crèche, un café solidaire tenu notamment par des personnes en situation de handicap, ainsi qu’une maison de santé.

Car l’intergénérationnel peut aussi se penser aussi à l’échelle du quartier, voir de la ville. À condition de le penser en amont, et d’associer toutes les parties prenantes, le service petite enfance de la Ville comme le service senior : « il s’agit de réfléchir collectivement, sur un territoire donné, à ce qu’il est souhaitable de faire », résume Didier Argoud.

Sans le limiter pour autant aux âges extrêmes (grand âge et petite enfance) ni aux institutions (Ehpad et école) : ce serait prendre la question par le petit bout de la lorgnette, ajoute le sociologue.

Vivre ensemble, entre générations, l’affaire de tous.

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