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Jean-Christophe Combe lance une stratégie nationale de lutte contre les maltraitances

Auteur Raphaëlle Murignieux

Temps de lecture 2 min

Date de publication 19/09/2022

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Afin de mieux lutter contre les maltraitances envers les plus âgés, le ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées Jean-Christophe Combe a annoncé vendredi la saisine de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), le Haut conseil de santé publique et la Conférence nationale de santé. La veille, la fédération 3977 alertait sur une flambée des signalements au premier semestre 2022.

Ehpad : les autorités sanitaires incapables de mesurer les maltraitances, titrait Le Monde mardi 6 septembre.

S’interrogeant sur la fréquence et la nature des maltraitances en Ehpad, le journaliste Adrien Sénécat avait demandé des comptes au gouvernement, et fini par obtenir – difficilement – les rapports annuels établis par le ministère de la Santé en 2018, 2019, 2020 et 2021.

Des rapports qui montrent, explique-t-il, des lacunes de taille et ne permettent pas un réel suivi de la situation, et encore moins la mise en place d’actions correctives.

De son côté, la fédération 3977 constate une flambée des appels visant à signaler des situations de maltraitance en Ehpad.

Le 15 juin déjà, à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre les maltraitances aux plus âgés, la fédération annonçait une hausse de 40 % du nombre de signalements au premier trimestre 2022 par rapport à l’année précédente.

« Une rupture de tendance à caractère explosif » qui se poursuit. 

« Avec 5 040 dossiers pour maltraitances possibles ouverts au 1er semestre 2022, soit une augmentation de + 974 par rapport au 1er semestre 2021 (+24 %), le bond en avant de ces alertes, amorcé au 1er trimestre, se poursuit. Le cap des 10 000 alertes annuelles devrait ainsi être franchi fin 2022 », prévoit le 3977 dans un communiqué publié le 15 septembre.

Les signalements concernent principalement des personnes très âgées, et ne sont pas uniquement dus à l’affaire Orpea, selon la fédération. 

« Il est habituel que des faits très médiatisés en lien avec des maltraitances favorisent pendant quelques jours ou quelques semaines les alertes reçues à la Fédération, mais cette poursuite après la hausse des alertes au 1er trimestre 2022 surprend », explique-t-elle.

Et ne rend pas nécessairement compte de l’ampleur du phénomène : le 3977 est encore loin d’être connu de tous.

De son côté, le ministre Jean-Christophe Combe a donc saisi l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), le Haut conseil de santé publique et la Conférence nationale de santé. 

Objectif : « mieux prévenir les situations de maltraitances partout où elles peuvent survenir, dans des établissements comme par exemple les crèches ou les Ehpad, mais aussi à domicile ou au sein des familles », indique le ministère.

Cette saisine s’inscrit dans le cadre d’une stratégie nationale de lutte contre les maltraitances. Le ministère en attend des rapports précis pour mieux documenter la situation.

« Il en va de la responsabilité collective pour que le sujet des maltraitances ne soit plus ignoré, ni passé sous silence et qu’une réponse forte soit apportée avec et pour toutes les personnes en situation de vulnérabilité », conclut-il.

Les résultats de ces différentes saisines ne sont pas attendues avant l’an prochain, précise le cabinet qui ajoute que la stratégie du ministère ne se limite pas aux rapports attendus par les trois instances. D’autres réponses doivent être apportées « dans les prochains mois », avant la fin de l’année.

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