Aller sur la navigation Aller au contenu principal Aller sur la recherche

Vivre chez soi

Mon parent en Ehpad n’a plus de médecin, que faire ?

Auteur Raphaëlle Murignieux

Temps de lecture 2 min

Date de publication 05/09/2022

0 commentaires

Une image symptomatique de la pénurie de professionnels de santé. Vendredi dernier, à Evron, 8600 habitants, 120 personnes faisaient la queue pour s’inscrire auprès du nouveau médecin qui s'installe dans la commune de Mayenne. Car le manque de médecin généraliste s’accentue d’année en année. Selon un rapport du Sénat de mars 2022, 11 % des Français âgés de 17 ans ou plus n’ont pas de médecin traitant.

Qu’ils vivent chez eux, ou en Ehpad. Pour des raisons de démographie médicale, mais aussi parce que « de nombreux médecins se désengagent du suivi quand leur patient entre en institution », affirme le docteur Renaud Marin La Meslée, président du SNGIE (Syndicat national des généralistes et des gériatres Intervenant en Ehpad). Souvent pour des questions de temps et d’accessibilité.


C’est le cas de Virginie, dont la mère est entrée en institution l’an dernier. « Depuis, elle cherche désespérément », témoigne-t-elle. Mais sans succès pour l’instant.

Or depuis la réforme de 2006 de l’Assurance maladie, le médecin traitant joue un rôle clef dans le parcours médical des Français. Que faire, alors, dans cette situation ?

Selon l’Assurance maladie, il faut tout d’abord commencer à en chercher un autre. Pas évident au vu de la densité de généralistes par habitant qui diminue d’année en année (on comptait 91 médecins généralistes pour 100 000 habitants dans les années 2000, contre 78 aujourd’hui).

« Si vous ne parvenez pas à trouver de médecin traitant, vous pouvez vous rapprocher du médiateur de votre caisse primaire d’assurance maladie », invite l’Assurance maladie. « Il vous apportera des conseils personnalisés, adaptés aux possibilités locales », qui précise que la téléconsultation peut être l’une des solutions.

L’autre possibilité, c’est de faire appel au médecin coordonnateur en Ehpad. Ils y exercent très rarement à plein temps, et peuvent avoir une activité complémentaire de médecin libéral, explique le docteur Marin La Meslée… qui rappelle aussi qu’au moins un tiers des établissements n’arrivent pas à recruter leur médecin coordonnateur.

L’autre solution, pour des besoins ponctuels, faire appel à SOS médecins. Mais l’association ne peut intervenir partout, faute de praticiens disponibles. Et en cas d’urgence, appeler le 15.

Une situation complexe, et qui mettra du temps à s’améliorer. Selon les projections du ministère de la Santé, le nombre de médecins sera au plus bas en 2024. La densité ne retrouvera son niveau de 2021, déjà faible, qu’en 2035. La baisse la plus marquée concernant les médecins généralistes.

Partager cet article