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Les droits en fin de vie

Rites funéraires & croyances religieuses

Temps de lecture 15 min

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Des rituels propres à chaque religion

Au moment de la mort, beaucoup se tournent vers la religion, même si elles ne sont pas pratiquantes, et celles qu’elles enterrent ne l’étaient pas forcément non plus. Pourtant, la famille trouve dans la pratique des rites funéraires un réconfort, et en s’occupant du défunt, elles parviennent à mieux faire le deuil. La manière d’approcher les funérailles peut être très différente selon la religion.


Plus tard, pour rester en lien avec ses proches décédés d’autres rites existent. En novembre la commémoration des défunts, au lendemain de la fête de la Toussaint est pour beaucoup l’occasion de se rendre au cimetière pour se reccueillir.

Internet, d’une autre manière, permet maintenant aussi de se souvenir et de faire partager (www​.memoiredesvies​.com ; www​.traverserledeuil​.com;…). Sur le web, il devient même possible de s’organiser de son vivant pour transmettre des messages à ses proches après sa mort !

En savoir plus sur les rites funéraires : 

Le judaïsme

Pour les juifs, la fin de vie est un événement naturel quiconditionne l’entrée dans une nouvelle vie. La bonne” mort d’un fidèle juif est celle qui intervient à la suite d’une longue maladie. Celui qui s’en va a ainsi le temps de régler ses affaires et d’accomplir un repentir total avant de remettre son âme à Dieu.

Les derniers instants

La loi juive interdit d’abandonner le mourant dés lors que son agonie a commencé, son âme souffrirait d’être seule au moment où elle quitte le corps.

S’il le peut, avant de mourir, le fidèle récite le Viduy. Cette dernière confession lui permet de placer son sort entre les mains de Dieu, et de lui demander la permission de vivre dans le Monde à venir réservé aux Justes”.

Lors des ultimes instants, toute parole frivole est interdite, ainsi que tout geste qui hâterait la mort. Au moment de la mort, les présents proclament l’unité de Dieu : Chema Israël, Ecoute Israël, le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est Un (Ehad) “. C’est sur ce mot que l’âme quitte le corps. Les yeux sont alors fermés par un proche et le visage recouvert d’un drap. Plus personne ne verra les traits du défunt.

Avant les funérailles

Les fidèles pleurent la perte de l’enveloppe de l’âme. Ils traitent le corps sacralisé avec beaucoup d’égards. D’autant que, au départ, l’âme reste solidaire du corps.

Le rituel est minutieux et confié aux personnes dûment habilitées. Si ce n’est pas possible, la prise en charge sera de toute façon confiée à des juifs.

Après le décès, le corps est déshabillé et recouvert d’un drap blanc. Il est ensuite déposé sur le sol. Une bougie allumée près de sa tête témoigne de l’immortalité de son âme.

La Tahara (purification ou toilette rituelle), est effectuée, si possible par une personne du même sexe que le mort. Le corps est alors déposé sur une table adaptée. Il est très minutieusement nettoyé, savonné… Des seaux d’eau fraîche sont ensuite jetés sur le corps. Enfin, il est revêtu d’habits de toile blanche, et son visage est recouvert d’un bonnet. Les hommes revêtent le Talith (châle de prière), duquel un fil aura été sectionné.

Si la législation du pays ne permet pas une inhumation directe, le corps est déposé dans un cercueil, dont la base est perforée, afin que le mort redevienne poussière. Ainsi, il se mêlera à la poussière de la terre. La présence d’un rabbin ne s’impose pas.

Les funérailles

Escorter le défunt du domicile au cimetière est un commandement essentiel. Tout au long du trajet, le cortège doit comprendre au moins 10 hommes juifs. Le passage devant la synagogue est parfois prévu, mais, seuls les dépouilles des grands maîtres talmudiques peuvent y pénétrer.

Lorsque le cercueil est mis en terre, chacun jette dessus trois pelletées de terre en disant (en hébreu) :“Tu es poussière et retournes à la poussière”. Les endeuillés (Avelim) procèdent à la keria” pour exprimer leur affliction : ils déchirent leurs vêtement sur une hauteur de 10 cm au niveau du coeur. Les enfants du défunt la conservent sur le côté gauche pendant 7 jours, les autres, à droite. Le fils aîné récite le Kaddish et la cérémonie s’achève par la consolation de la famille.

Pendant 7 jours, les proches ne quittent pas la maison de deuil”, ne se lavent pas (sauf les pieds, les mains, le visage…), ne se rasent pas, ne portent pas de chaussures, ni de vêtements neufs, n’étudient pas la Torah, ce qui leur réjouirait le coeur et les détournerait de la douleur,… La liste des interdits s’allège jusqu’au 30ème jour.

Tous ces rituels s’adressent au disparu, car tant que le corps n’est pas retourné à la poussière, l’âme ne peut atteindre son ultime destination. En assistant aux manifestations d’affliction, elle se sent moins isolée.

Le souvenir

L’année qui suit le décès est très importante. Les enfants sont interdits de manifestation festive. Pendant 11 mois, ils doivent se rendre à la synagogue, et, en présence d’un quorum de 10 hommes, récitent le Kaddish. C’est durant cette période qu’est jugée l’âme des justes. Le jugement des âmes impies intervient au bout de 12 mois. Mais il serait indécent de laisser croire que le défunt fût un impie.

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Catholiques et protestants

Pour les catholiques, il est important de recevoir les derniers sacrements, de confesser ses péchés et de recevoir l’absolution avant de rejoindre le royaume de Dieu. De même, les funérailles sont un élément essentiel. C’est le moment où l’âme du défunt est confiée et est recommandée à Dieu, qui l’accueille dans son royaume.

De fait, les catholiques accordent une grande importance aux funérailles.En revanche, les protestants partent du principe que l’âme ira directement vers Dieu. Le corps du défunt ne bénéficie donc d’aucun égard particulier. Le pasteur va s’adresser aux vivants, mais ne s’occupera pas du disparu. 

Les derniers instants

Lors des derniers instants, la venue d’un aumônier témoigne de la miséricorde de Dieu, souffrant avec le malade comme il a souffert avec son Fils, mort sur la croix.

Sa simple présence peut être demandée. Il apporte alors un réconfort moral au malade et à la famille. En effet, l’aumônier ne donne les sacrements (confession, communion ou onction des malades) que si le malade le désire. En présence de la famille, il lit un passage de la Bible, lequel est suivi d’un instant de partage, une réflexion sur le texte, puis des intentions de prières. La communion peut ensuite avoir lieu. Toutefois, si elle est précedée d’une confession et d’un désir d’absolution, la présence d’un prêtre est exigée.

L’onction des malades, apporte un réconfort, une force nouvelle pour entrer dans le combat de la Foi. Elle donne sens à la maladie en unissant le malade à Jésus qui a souffert pour nous”.

Ce sacrement commence par une imposition des mains, effectuée au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, en invoquant la Vierge Marie et tous les Saints. L’onction, faite sur le front et les mains avec une huile bénite, marque la consécration de la personne dans sa fidélité à Dieu. Elle est suivie d’une lecture de la parole de Dieu, d’une prière universelle, de la communion, et du Notre Père.

Avant les funérailles

L’aumônier prie, fait un signe de croix, un geste … C’est une façon pour la famille d’adresser un dernier adieu. Les prières sont dites avec le coeur, sans rituel. Un cierge allumé manifeste la présence de Dieu.

La fermeture du cercueil est accompagnée d’une cérémonie d’adieu. Généralement, l’aumônier lit le psaume 129. Ensuite l’assemblée garde le silence et est invitée à penser aux moments qui l’ont unie au défunt.

L’officiant continue avec des extraits du Premier Epître de Saint Jean ou une lecture de l’Evangile selon Saint Matthieu. Suivent des intentions de prières et le Notre Père. L’officiant termine avec une aspersion (qui rappelle le baptême) et le signe de croix.

Les funérailles

L’Eglise propose un chemin de Foi aux familles qui souhaitent des funérailles catholiques.Le prêtre rencontre d’abord la famille, et avec elle évoque le défunt. Le déroulement de la célébration n’est abordé que dans un second temps.Généralement, les fidèles empruntent un chemin qui suit 4 étapes.

Première étape, c’est l’accueil du corps par le célébrant. Il accompagne le cercueil jusqu’au choeur où il est déposé. Deux rites sont proposés. Celui de la lumière : un cierge est allumé au cierge Pascal qui est présence du Christ ressuscité, de sa lumière donnée aux baptisés ; celui de la croix qui symbolise la mort et la résurrection du Christ. Une prière d’ouverture est adaptée aux circonstances.

Deuxième étape : la liturgie de la Parole, qui proclame le mystère pascal (la mort et la résurrection du Christ). Après une première lecture, vient l’Evangile, suivit d’un éclairage sur ce qui vient d’être lu. La liturgie de la Parole se termine par une prière universelle.

Troisième étape : la liturgie de l’Eucharistie. Elle est célébrée par le prêtre qui consacre le pain et le vin. Ceux qui le désirent peuvent communier. Cette liturgie se termine par un Notre Père.

Enfin, le célébrant s’approche du cercueil. C’est le moment où l’on peut témoigner par des textes courts de ce que fut le défunt. L’encensement du corps est une marque de respect et symbolise l’oraison qui monte vers Dieu. Les membres de l’assemblée pourront venir asperger de l’eau bénite. Puis c’est le départ pour le cimetière.

Le souvenir

Pour se souvenir, la famille, les amis font dire des messes pour les personnes disparues. Elles peuvent avoir lieu au bout d’une semaine, d’un mois et d’une année.

Par la suite, la famille peut également demander une intention de messe pour le défunt. Les familles qui ont connu un deuil dans l’année sont invitées à la messe du 2 novembre, jour de prière pour les morts.

Le protestantisme

Nous avons l’assurance que toute personne qui vient de décéder ira en Dieu. Ce ne sont pas nos rites qui modifieront la donne.”

Une grande sobriété est donc la règle d’or chez le protestants. Quelques rites peuvent quand même avoir lieu pour réconforter l’âme de celui qui part. Le malade récite une prière, le Notre père, parfois un psaume, et partage la Sainte Cène si il est conscient. Le corps, destiné à la putréfaction ou à l’incinération, ne fait l’objet d’aucune prière ou bénédiction.

L’ensemble du rituel est destiné aux vivants. On prévoit une courte liturgie au moment de la levée du corps et de la mise en bière. Elle consiste surtout en la lecture du psaume 23.

L’inhumation a lieu directement après la levée du corps. C’est seulement dans un deuxième temps qu’un culte d’action de grâces est célébré.

Cependant, aujourd’hui, de nombreuses familles protestantes demandent une célébration au temple en présence de la dépouille. Les pasteurs acceptent de plus en plus cette démarche qui permet de formaliser le dernier adieu. Le cercueil est alors déposé devant l’assemblée et le culte se déroule toujours de la même façon, sans rituel particulier.

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L’islam

Les rituels de fin de vie, très codifiés dans l’islam, sont souvent accompli sur la terre natale des personnes ayant immigré en France : en 2015, près de 80 % des musulmans d’origine maghrébine décédés sur le sol français avaient été rapatriés dans leur pays d’origine, notamment par peur que les rites ne soient pas respectés à la lettre.

Les derniers instants

L’agonie est une épreuve prescrite par Dieu, mais c’est aussi la chance de se parfaire avant de rejoindre l’autre monde. Il faut donc aider le mourant à prendre conscience de son état. Les femmes s’occupent de son bien-être physique, et les hommes le soutiennent sur le plan moral et spirituel.

Dans la mesure du possible, le malade doit faire son testament moral et matériel, toutes ses affaires devant être en ordre avant de quitter ce monde. Dans ses derniers instants, son regard doit être dirigé vers La Mecque.

Un homme pieux est à ses côtés pour lire le Coran. Avant de mourir il doit prononcer la Chahada, la profession de foi de l’islam. S’il ne peut pas, un proche la chuchote à son oreille, en tenant son index relevé. Dieu ne pourra alors se tromper sur l’identité du récitant : c’est celui qui lève le doigt. Après la mort, la sourate de Yasin est récitée intégralement.

Avant les funérailles

La mort est entourée du plus grand respect. Le visage du défunt est recouvert d’un drap blanc, pendant qu’un verset coranique est récité : C’est à Dieu que nous appartenons, c’est à Lui que nous faisons retour.” Il n’y a pas de musique… mais des prières et la lecture du Coran. Après la toilette rituelle, il ne sera plus possible de toucher le mort sans le souiller.

La personne chargée de la toilette peut être une professionnelle envoyée par la mosquée ou un proche ayant effectué un pèlerinage à la Mecque. Si c’est une femme, elle devra porter le voile, et ses poignets et ses jambes devront être couverts. Les femmes lavent les femmes. Un mari peut laver sa femme, mais pas l’inverse. De même, une femme ne peut laver son enfant que jusqu’à ce qu’il ait 7 ans.

Les personnes qui font la toilette doivent se purifier : elles se lavent entièrement et font leurs ablutions. L

es gestes de la toilette vont toujours par paire car Dieu est unique. A la fin, le visage du mort est tourné vers La Mecque.

Les impuretés (gaz, urine …) sont évacuées par une légère pression sur le ventre. Les hommes sont rasés et les femmes épilées (sauf les jeunes filles vierges), pour arriver imberbes devant Dieu. Sur le corps, on verse de l’eau tiède parfumée avec de l’eau de rose. Avec un gant, on le frotte de haut en bas, puis on le retourne et on recommence les mêmes gestes. Les cheveux longs des femmes sont coiffés et nattés. Les ablutions rituelles sont accompagnées des prières du Coran.

Le défunt est ensuite placé dans un linceul blanc. Normalement l’enterrement doit avoir lieu dans les 24 heures suivant le décès.

Les manifestations de chagrin exagérées sont interdites, car l’amour porté au disparu ne doit pas être plus important que celui porté à Dieu.

Les funérailles

Tandis que la récitation du Coran commence au domicile, les hommes se relaient pour transporter le corps jusqu’au cimetière, sans passer par la mosquée, réservée aux personnages importants. Normalement les femmes n’accompagnent pas le cortège, car, d’une part, elles donnent la vie, et d’autre part, leurs pleurs ne conviennent pas à un tel moment.

Au cimetière, chaque homme est invité à jeter de la terre sur le corps. Celui-ci est inhumé directement (en France, la législation impose un cercueil, il est toutefois troué), afin qu’il retourne à la poussière. Entre-temps, le domicile du disparu s’est transformé en lieu de lamentations des femmes. Les hommes s’installent dans une pièce, voire une maison voisine et écoutent les pleurs en silence.

La première nuit qui suit le décès est consacrée à la récitation du Coran, conduite au moins par une personne qui connaît bien le texte sacré. Ces prières sont surtout destinées à Allah, afin de lui recommander l’âme du défunt.

Le souvenir

La période de condoléances s’étale sur sept jours, au cours desquels prières et récitations coraniques se succèdent. Le quarantième jour, famille et amis se recueillent en écoutant le Coran et en partageant un repas offert par la famille. Selon la tradition, c’est à ce moment que l’âme du défunt revient faire ses adieux définitifs. Les femmes ont alors le droit de se rendre au cimetière.

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Bouddhisme et hindouisme

Le nombre de bouddhistes en France est estimé à 600 000 personnes, et un peu plus de 120 000 hindouistes.

Le bouddhisme

La conception de la mort est très différente chez les bouddhistes, par rapport aux religions chrétiennes, juive et musulmane.

La mort est en fait une nouvelle naissance. L’esprit va quitter le corps et effectuer un voyage de 49 jours vers une nouvelle destination, une renaissance dans l’un des six états d’existence : dieu, demi-dieu, homme, animal, fantôme affamé, ou être infernal.

Les fidèles sont préparés durant toute leur vie, grâce à une série de pratiques de méditation qui les formeront à affronter le passage avec sérénité.

Ceci car la dernière pensée d’un individu détermine les conditions de sa future naissance.

Malgré cette préparation, lors des derniers instants, des moines récitent des prières et lisent des paritta, des textes de bénédiction. Au Tibet, les moines lisent le Livre des Morts de manière ininterrompue.

Même si après la mort, le corps n’est plus qu’une coquille vide”, la conscience reste présente. Le corps doit donc être traité avec mille égards. Il est lavé, habillé… puis exposé devant l’autel des ancêtres, où les proches se relaient, en attendant la crémation (sauf au Vietnam, où il enterré).

Pendant les 49 jours suivants, les rituels destinés à soutenir la conscience pendant son voyage se multiplient. 


L’hindouisme

L’esprit va quitter le corps par le sommet du crâne au moment où le mourant poussera son dernier soupir. Dès lors, son corps n’est plus que matière vouée à la destruction. Il sera quand même entouré de mille égards, car la société a le devoir de l’accompagner après sa mort.

C’est le fils aîné qui va s’occuper de tout : toilette, vêtements, fleurs…

Les proches affluent pour lui rendre un dernier hommage alors que les prêtres poursuivent leurs prières. La famille pleure, et le défunt entend ces pleurs. Il apportera des bénédictions en fonction de l’affliction de ses proches. Le corps reste exposé jusqu’à son départ pour le bûcher, dans un délai de 8 à 24 heures.

La crémation se déroule aujourd’hui dans des crématoriums. Mais dans les villages, la tradition est préservée et est entourée d’un important rituel.

La préparation du bûcher est dévolue au fils aîné. Le corps du défunt est déposé sur le bûcher, la tête tournée vers le sud, puis recouvert du bois restant. Seule la tête reste exposée à la vue.

Les cendres sont récupérées le lendemain et escortées jusqu’à un fleuve ou une mer pour y être jetées au milieu des prières.

Le Manut Smriti, code de lois” hindou, oblige les vivants à honorer leurs morts. Si l’homme ne s’y plie pas, il peut s’attirer de graves ennuis.

Le premier rituel commence le lendemain, quand l’esprit devient un fantôme qui rôde autour des siens pendant 10 jours. Nourri, il reconstitue son corps astral, et le onzième jour, il est prêt pour le voyage vers le pays des morts. Il faut un an à l’âme pour effectuer ce voyage. Elle rencontrera des obstacles, d’autant plus aisés que les vivants procèdent à des offrandes et des prières.

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