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Métier : assistant(e) laïc(que) de communauté - Naissance d'une nouvelle profession de l'accompagnement

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Naissance d’une nouvelle profession de l’accompagnement

Comme les autres, les religieuses et les religieux vieillissent. Mais peu de nouvelles recrues rejoignent les congrégations. Pour accompagner les frères et les sœurs âgés, les communautés ont dû innover, et créer un nouveau métier. Rencontre avec Mireille Godin-Caillon, assistante laïque de communauté.


La congrégation de la Retraite subit comme les autres les effets conjugués du contexte démographique et de la crise des vocations.

Aussi, il y a huit ans, elle se résout à embaucher une laïque pour accompagner les religieuses âgées de sa communauté d’Angers, puis un an plus tard, Mireille Godin-Caillon, qui travaille pour la communauté de Pontchâteau (44).

Plus précisément, l’assistante laïque de communauté accompagne 13 religieuses qui vivent aujourd’hui dans un Ehpad associatif, sous la responsabilité de la sœur supérieure, résidant en dehors de l’établissement.

Aidante professionnelle


« Concrètement, mes missions s’apparentent à celle d’une aidante familiale », résume-t-elle.

La charge la plus importante concerne le suivi de la santé des sœurs : prise des rendez-vous, organisation du transport ou accompagnement chez les professionnels de santé, ré-explication si nécessaire des diagnostics, des traitements… sans oublier de faire le lien avec les professionnels de santé de l’établissement.

Viennent ensuite les missions liées à la vie quotidienne, des petits achats réalisés pour les sœurs aux sorties, et la gestion du trousseau des religieuses.

Pour les religieuses qui possèdent un ordinateur, un mobile ou un appareil photo numérique, un accompagnement est aussi nécessaire pour prendre en main les appareils.

« Sans oublier les temps de transmission avec ma collègue et un rendez-vous mensuel d’analyse de pratiques avec une psychologue », complète Mireille Godin-Caillon, et l’accompagnement à la vie spirituelle (célébrations, réunions communautaires…).

« Tout cela est possible uniquement grâce à la confiance et à l’acceptation des soeurs. »

Un métier à structurer


Mais ces missions peuvent changer selon le lieu, le contexte ou la culture de la congrégation.

« Une de mes consœurs, qui porte elle le titre de coordinatrice médicale, ne s’occupe que du suivi médical des religieux dans la communauté où elle exerce. »

Le métier, naissant, n’a pas encore de fiche de poste, et son intitulé pourrait évoluer.

La Corref (Conférence des religieux et religieuses de France) travaille actuellement sur ces questions.

« Nous avons en effet organisé deux rencontres sur ce sujet et nous accompagnons les instituts dans leurs réflexions sur ces nouveaux métiers », précise Sœur Anne-Claire Dangeard, de la Corref.

Une formation en 2020 ?


« Nous travaillons aussi en lien avec l’Institut Catholique de Paris sur une proposition de formation de type universitaire pour les personnes déjà en poste ou se préparant à prendre ce type de fonctions. Le dossier est en cours et pourrait aboutir à la rentrée prochaine. »

Car tout est à créer, aussi, en matière de formation. Pour Mireille Godin-Caillon, culture religieuse et gérontologique aident, même si le plus important à ses yeux pour exercer ce métier est l’envie de côtoyer des personnes âgées.

Avant de devenir assistante laïque de communauté, elle exerçait en tant qu’aumônier à l’hôpital. C’est d’ailleurs dans ce vivier que la congrégation de la Retraite a choisi de recruter, puisque trois de ses quatre assistantes laïques de communauté en proviennent.

Elle est également titulaire d’un DU de gérontologie.

En 2009, 37 000 personnes (essentiellement des femmes) vivaient dans des communautés religieuses. Elles étaient âgées de 66 ans en moyenne. Un âge moyen qui ne cesse d’augmenter, ouvrant la voie à de nouveaux besoins.

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