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Edito : Michel Serres, l'anti papy ronchon

C'était vraiment mieux avant ?


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Quelle tristesse d'apprendre le décès du philosophe, scientifique, académicien, Michel Serres, à l'âge de 88 ans.

Cet infatiguable apprenant et professeur ne se départissait pas de son sourire... face aux nostalgiques du "c'était mieux avant" (pour lesquels il a écrit un livre manifeste), aux vieux ronchons à la critique facile sur ces nouvelles générations très, trop connectées (lire Petite poucette).

Rendez-vous compte que "quand vous avez le portable à la main, vous avez à la fois toutes les informations possibles, tous les gens accessibles, par conséquent vous tenez en main presque le monde... Je ne connais pas d'empereur dans l'Histoire qui puisse dire la même chose" expliquait-il ce 26 mai sur France Inter. 

"Nous sommes en train de vivre une période exceptionnelle de l'Histoire. On a vécu 70 ans de paix, l'espérance de vie a cru jusqu'à 80 ans, la population paysanne est passée de 75 à 2 %... Par conséquent, toutes les institutions que nous avons créées l'ont été à une époque où le monde n'était pas ce qu'il est devenu (...) Ces institutions sont désadaptées par rapport à l'état actuel du monde."

Michel Serres avait aussi conscience des douloureuses réalités de nos concitoyens comme leur solitude (voir le livre dialogue sur l'engagement, écrit avec son fils Jean-François Serres engagé dans le programme Monalisa : mobilisation contre l'isolement des plus âgés). Il avait un pied dans les sciences, un pied dans les humanités. Toujours curieux, toujours en quête.

"Je ne suis pas encore assez vieux pour donner des conseils avisés" s'amusait-il encore sur France Inter, mais il en appelait aux philosophes pour repenser nos institutions et trouver un avocat à la nature, avec des droits associés.

Des droits, tiens, il en est question cette semaine dans la tribune de Florence Leduc, présidente de l'Association française des aidants, qui nous interroge sur nos choix, comme celui de nous rapprocher "obligatoirement" de nos proches fragilisés.

Le droit d'aimer et de vivre sa sexualité jusqu'au bout, quelle qu'elle soit.

Le droit de rester chez soi, dans ces hauts plateaux de l'Ardèche, jusqu'au bout (comme dans le film"Lucie, après moi le déluge").

Le droit de se faire aider ou pas par la téléassistance, le relayage à domicile en Martinique.

Le droit de partir en vacances.

Le droit ou l'obligation de devoir vendre sa maison pour financer l'obligation alimentaire ?

Le droit de prendre sa santé et sa maladie en main comme le diabète ou le trauma cette semaine.

Un immense merci monsieur Serres pour votre insatiable envie d'apprendre et pour votre sourire tendre et malicieux jusqu'au bout !


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