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Les associations de familles pointent les dysfonctionnements


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Alors que le financement de la perte d’autonomie  fait enfin débat, la FNAPAEF (Fédération nationale des associations de personnes âgées et de leurs familles) tient à informer le grand public sur les dysfonctionnements qu’elle a pu recenser tant à domicile qu'en établissements.
Ces listes ont été transmises dès décembre à Roselyne BACHELOT, ministre des solidarités et de la cohésion sociale.
La FNAPAEF indique n’avoir a ce jour reçu aucune réponse.

Les 18 dysfonctionnements relevés par la FNAPAEF concernant le domicile.
1) Manque de visibilité pour les vieilles personnes entre les avantages ou inconvénients du gré à gré, services mandataires et prestataires. Quelles sont les obligations du particulier employeur en cas d’absences, de vacances, d’hospitalisation. De nombreuses personnes se retrouvent ainsi au Prud’homme. Serait-il possible de donner une information lors de la première commande de CESU ?
2) Nécessité de savoir qui fait quoi. En effet les personnes âgées se voient refuser des services qu’elles pensaient aller de soi en matière d’aide à domicile comme laver les carreaux, laver à la main les vêtements fragiles, changer la lampe grillée, fermer les volets…voire prendre soin des animaux domestiques,  balayer la cour, etc…  Un livret devrait être remis à la signature du contrat, détaillant ce qui entre dans le plan d’aide et ce qui en est exclu.
3) Non respect du choix de la personne pour l’heure du coucher. Il est fréquent que les aides à domicile n'interviennent pas après 20 h ni d’ailleurs le week-end. Si la personne ne peut pas se faire aider par la famille, elle devra dîner à 18h et sera couchée dans la foulée. A ce sujet il semble urgent d’apporter aux familles une description des postes : aide ménagère, aide soignante, infirmière… Qui fait quoi ?
Quant au week-end il lui faut souvent faire appel à une autre association ce qui entraîne des frais supplémentaires, et des tracas parfois inextricables.
4) Faute de places en accueil temporaire ou en raison du coût du prix de journée, les personnes âgées souffrent beaucoup pendant les vacances d’été, le personnel étant parti en vacances.
5) Il arrive encore que des aides à domicile ne sachent ni lire ni écrire, et sont donc dans l’incapacité, de lire la liste des courses, les dates de péremption, le mode de cuisson des aliments congelés ou un livre de recettes…
6) De culture différente, certaines aides ne savent pas cuisiner et n’ont aucune notion de la cuisine traditionnelle aux saveurs d’autrefois capable de flatter le palais des personnes âgées et leur éviter la dénutrition.
7) La loi Borloo n’a pas amélioré le manque de formation des personnels, peut-être même cela a-t-il aggravé une situation déjà précaire. Les familles constatent parfois un manque réel de savoir faire pour aider la personne à se lever du fauteuil, l’habiller avec des vêtements adaptés au temps, sans brusquerie. Elles sont parfois démunies devant une personne grabataire, un malade Alzheimer ou Parkinsonien ou un malvoyant qui ne retrouve plus ses affaires car elles ont été changées de place.
8) Les familles déplorent un manque de contrôles impromptus des prestations. La personne âgée est parfois seule avec l’aide à domicile, sans regard extérieur avec un risque de maltraitance. Ce manque de contrôle est d’ailleurs cité dans le rapport de l’IGAS de 2009. Un suivi personnalisé répondant aux besoins de chacun est indispensable. L’enquête de satisfaction doit prendre en compte tous les aspects de l’aide et ne pas se limiter à des généralités.
9)  Un turn over incessant du personnel déstabilise complètement la personne âgée.
10) Nombreuses sont les personnes qui sont en liste d’attente pour bénéficier des services d’un SSIAD pris en charge par la solidarité nationale. Elles doivent donc faire appel à des services payants. La FNAPAEF dénonce cette injustice de traitement.
11)  La discrimination par l’âge en matière de crédit d’impôt pour les frais d’aide à domicile  est inacceptable. On ne peut accepter que seul les actifs en bénéficient quand la personne n’est pas imposable.
12)  Que dire des kinésithérapeutes qui refusent parfois de se déplacer ? Comment dans ces conditions la personne à domicile peut-elle entretenir ce qui lui reste d’autonomie ? Doit-elle faire appel à un VSL ? 
13)  Les unités mobiles de soins palliatifs sont loin de couvrir tous les départements, il y a donc une inégalité territoriale dans l’accompagnement de fin de vie (pour apporter un soulagement à la douleur).
14)  Difficultés de coordination, des sorties d’hôpitaux en catastrophes etc….
15)  Manque de communication, nous disent certains, avec le personnel ou avec ceux qui livrent les repas à domicile. Pas de respect du régime.
16)  « On nous prend pour des rebuts de la société, pour des personnes qui n’ont rien à dire », se plaignent les personnes âgées ! « La personne âgée est par définition une personne qui exagère, qui est exigeante.... »  
17)  Réel problème de solitude, plus de lien social, abandon par les clubs « Seniors » de ceux qui ne peuvent plus y venir. Il faudrait, comme l’a proposé la Fondation de France une « Charte des clubs » incluant l’aide aux plus seuls ou handicapés.
18)  Familles en désarroi qui n’ont pas d’écoute au sein des services d’aide à domicile. Confrontées à la baisse des plans d’aide tant de la part des caisses de retraites que de l’APA, (la situation étant aggravée par la fin d’exonération des charges sociales aux organismes gérant l’aide à domicile), elles sont confrontées à une baisse de service alors que les restes à charge vont augmenter. Par ailleurs elles n’ont aucune lisibilité sur les tarifs pratiqués par les services d’aide à domicile de type associatif ou privés et constatent souvent à leurs dépends que le tarif le plus élevé n’est pas  synonyme de qualité. L’aide aux aidants c’est d’abord leur permettre de pouvoir compter sur un accompagnement de qualité de leurs proches à un coût qui ne soit pas prohibitif.


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Vos réactions

AIDE AU DOMICILE

09/02/2011 17:02

La prise en compte des personnes aidées


Tous ces constats sont pertinents. Il faut savoir que dans tout service d'aide à domicile, plus de 99% du temps de contact avec les usagers est toujours réalisé par les aides à domicile. Beaucoup de responsables de service se retrouvent dans un cercle vicieux de gestion administrative, contraints de répondre à des critères de qualité administrative et absoluement démunis en ce qui concerne le suivi des prestations. Une prestation bien préparée demande presque une demi-journée (ce temps est souvent très administratif) et derrière, pendant une année, il ne peut y avoir aucun suivi de terrain et des questionnaires de satisfaction qui approchent les 100 % d'usagers satisfaits! Beaucoup d'usagers se déclarent satisfaits et n'osent pas dire que leurs habitudes de vie et capacités restantes ne sont pas respectées. Il est grand temps que les dirigeants de service,formateurs et consultants ... prennent du temps pour partager des heures de travail avec des aides à domicile. Quand les personnes aidées sont trop "exigeantes" et les aides à domicile "épuisées", il faut prendre le temps de regarder dans une toute série de domiciles les difficultés concrètes. Beaucoup d'aides à domicile sont démunies, il importe, avec des outils simples de management de les aider à prendre en compte, dès les premières heures les habitudes de vie et les capacités des usagers. Les toutes premières interventions sont capitales pour la bonne marche de toute la durée de l'aide. Une personne dépendante peut être accompagnée sur plusieurs anées.Le secteur a besoin d'outils simples pour mettre les aides à domicile sur les bons rails. Ce ne sont pas des dizaines de pages de documents papiers: livrets d'accueil, contrats de prestations, règlement de fonctionnement qui donnent de la qualité de vie à des usagers fragilisés. Les services pourraient alléger certaines procédures pour finaliser des plans d'action après quelques interventions, avant que des mauvaises habitudes de travail ne soient prises. Pour soutenir les bonnes pratiques sur les domiciles, il faut du pragmatisme pour que l'équilibre soit présent dans les actions. Je termine par un exemple: pour répondre aux exigences de la liste de tâches déterminée avant la prestation, une aide à domicile lave le sol déjà propre (elle pourra ainsi cocher la case "lavage du sol" sur le cahier de liaison!)et la personne aidée pleure sur son canapé (elle fait un "début d'Alzheimer!!!" et elle refuse tout ce qui je lui propose: paroles de l'aide à domicile)... Cet exemple peut être en effet choquant... Il n'est pas inventé... et peut se concerner un service qui affiche le top des certifications existantes sur son site internet et ses documents papiers. Heureusement qu'il existe quand même beaucoup de responsables de services et d'aides à domicile capables de donner de la qualité de vie à des personnes dépendantes... Pour avancer, le secteur doit travailler sur la notion de bonne conscience professionnelle!



nathalie

09/02/2011 07:02

exonérations


Jean bonjour, Il est exact que l'exonération est maintenue, mais juste pour le personnel intervenant au domicile des personnes de plus de 70 ans. Tout le personnel "administratif" : responsables, gestion des planning, compta, facturation.... qui gèrent les dossiers de ces personnes de plus de 70 ans ne sont plus exonérées. Lorsque l'on sait qu'au tarif APA les structures peuvent perdre entre 3 et 7 euros de l'heure selon la qualification de l'intervenante, cela est un pousse au crime de la part du gouvernement et des Conseils Généraux qui obligent les structures à vendre à perte, pratique interdite en France !!!!! nous espérons beaucoup de la réforme du financement de la dépendance car nous croyons fermement en l'utilité de la prévention pour faire faire des économies importantes à notre pays en matière de santé. à bientôt



estaco

08/02/2011 21:02

usager


on ne parle que rarement des personnes handicapées qui sont confrontées aux problèmes identiques, avec des revenus bas. Les aides à domicile ne sont pas formées pour être confronté à l'handicap qui est déjà perturbant pour des personnes de moins de 60ans



JEAN

08/02/2011 14:02

exonérations


Une question : comment peut-on parler de la "fin des exonérations" de charges sociales pour ce public âgé,sachant que celles-ci ont été maintenues au-delà de 70 ans ,sauf erreur...?




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