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Edito : Plusieurs formes de pauvreté

Argent, logement, santé et surtout liens humains


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Au lendemain du Plan pauvreté du gouvernement, force est de constaté que la pauvreté des plus citoyens les plus âgés est restée sous silence.

ADV"Or les dernières mesures prises par le Gouvernement, ont participé d’une précarisation renforcée des personnes âgées disposant de revenus modestes : baisse des APL en 2017, non revalorisation cette année, augmentation de leur participation financière pour les tutelles et curatelles, hausse étalée sur 3 ans du minimum vieillesse" pointe Alain Villez président des Petits frères des Pauvres. "Il est urgent que l’Etat donne un signe fort à nos aînés les plus démunis et favorise une société plus inclusive et fraternelle".

La pauvreté économique va aussi de pair avec la précarité énergétique, avec des logements où l'on respire mal... même si le Gouvernement vient de lancer la campagne Faire pour mobiliser tous les acteurs, relancer l'emploi local et baisser les émissions des gaz à effet de serre.

La pauvreté est aussi en lien avec la dénutrition, la malnutrition et la pauvreté nutritionnelle qui est combattue cette semaine par le Nutri-score. Ce dernier  veut aussi montrer que les aliments les plus favorables à la santé ne coûtent pas forcément plus cher que les autres.

Mais quid de ces examens médicaux de prévention qui exigent une mutuelle comme l'ostéodensitométrie cette semaine ? Sans ces examens, le risque de fracture augmente, avec les conséquences individuelles et collectives évidentes. Mais comment les payer ? Que faire face aux médicaments en rupture (pour la maladie de Parkinson cette semaine) ? Comment payer l'aide nécessaire à la vie, la survie quotidienne (pour mettre ses bas de contention par exemple) ?

Sachant qu'à la pauvreté économique s'ajoute généralement la pauvreté des relations, des liens sociaux (réseaux sociaux pour les proches aidants à la Réunion, vers des solutions de transport adaptés)...

Et ces formes de pauvreté peuvent être renforcées avec la survenue de pathologies neurodégénératives, neuro-évolutives, comme Alzheimer. Pour la journée mondiale, ce 21 septembre, France Alzheimer va proposer partout en France des initiatives pour changer le regard sur les personnes malades et lutter contre les idées reçues.

Ces représentations mortifères ont la vie dure comme en témoigne l'émission Réplique d'Alain Finkelkraut sur France Culture. Les deux écrivaines Mara Goyet, auteur de Ca va mieux ton père ?, et Béatrice Gurrey, La tête qui tourne et la parole qui s'en va, y expliquent la réalité des liens vivants malgré tout avec leurs parents malades.

Ces relations peuvent même être éclairés d'une nouvelle force avec cette maladie... sans tomber dans l'angélisme (face aux coûts des maisons de retraite et leur qualité de service discutable selon ces auteurs... malgré un personnel souvent très dévoué... paupérisé lui aussi...).

Changer le regard par des conseils concrets, pratiques, c'est aussi le pari de Colette Roumanoff sur son site Bien vivre avec Alzheimer et dans son nouveau livre sur son défunt mari malade L'homme qui tartinait une éponge.

Nous rêvons tous d'une "société bienveillante" (titre du manifeste de l'espace éthique des maladies neuro-évolutives), encore nous faut-il admettre individuellement et collectivement, les réalités du vieillissement.

Elles n'échapperont pas à une refonte de notre système de santé, à des arbitrages économiques destinés aux plus âgés fragilisés eux-mêmes mais aussi aux millions d'aidants de tous les âges qui les accompagnent.

Pour ne pas renforcer encore la pauvreté et ses différentes formes.


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