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Film "L'année des robots" sur les relations malade-machine

Exploration des rapports ambigus, étonnants entre l'image et le réel, entre la machine et les personnes malades


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"Bonjour madame x (le robot reconnaît la personne), je suis une machine, est-ce que je vous dérange ? Est-ce que l'on peut jouer ensemble ?" Entre documentaire et oeuvre d'art contemporain, L'année du robot du vidéaste Yves Gellie, avec le soutien de Malakoff Médéric Humanis, nous donne à voir d'étonnantes conversations entre le robot Zora/Nao et des résidents de maisons de retraite médicalisées et de centres pour personnes en situation de handicap.



Intégration du robot parmi les humains des maisons

Intrigué par les études menées par l'armée américaine sur les liens entre les démineurs et leurs robots, le vidéaste Yves Gellie s'est installé en résidence d’artiste/chercheur auprès du professeur de gériatrie Anne-Sophie Rigaud et de Maribel Pino du laboratoire Lusage qui travaillent sur l’entrée des robots sociaux dans la santé.

Il a ensuite posé ses caméras et ses décors pendant deux années dans plusieurs lieux d'accueil pour personnes en situation de handicap : pour personnes atteintes de troubles autistiques, dans l'Ehpad Ferrari à Clamart, une résidence pour personnes malades Alzheimer.

Il a filmé l'arrivée progressive de Zora/Nao imaginé par la société belge Zora Robotics, dans la vie des maisons, dans les couloirs, lors des ateliers collectifs.

Le cadre neutre, en plan large, laisse évoluer les liens, qui se tissent une fois l'effet de surprise passé.

Des liens d'attachement au robot humanoïde

Quand un être humain répond au robot et cherche à attirer son attention, voire sa sympathie, ce phénomène s'appelle la dissonance cognitive, explique l'auteur Yves Gellie.

L'être humain a beau savoir qu’il est face à une machine (qui s'est même présentée à lui en tant que robot), il ne peut pas s’empêcher de croire qu'elle ressent des émotions et tente de développer une relation affective (regards, échanges, jeux, danses).

Zora/Nao est un petit robot autonome, dont les capteurs lui permettent reconnaître les personnes qu'il croise et leur proposer une activité personnalisée stockée dans sa mémoire.

On le voit ainsi dans un couloir, déclencher une musique et des pas de danse aux côtés d'une résidente qui lâche alors la rampe pour se déhancher en rythme avec le robot jusqu'à ce que la musique s'arrête. Zora/Nao sait aussi relancer avec tact un interlocuteur qui s'arrête de jouer avec lui.

Ni soignant, ni animateur : robot accompagnateur ?

Zora/Nao se présente et a bien l'allure d'un robot. Cette machine humanoïde ne cherche pas à ressembler aux humains à l'extrême (au risque de provoquer un rejet comme le suggère la théorie de la Vallée de l'étrange).

Sans démonstration, ni caricature, le film L'année du robot donne à voir des relations qui se créent, réelles, complexes, entre différents êtres humains et cette machine.

Des scènes étonnantes, ténues, entre les lignes... comme pour nous interroger sur notre recherche éperdue de liens.

Voir le teaser du film L'année du robot qui rêve d'être visionné dans des musées d'art contemporains selon le site internet de l'auteur Yves Gellie.

Pour le programmer : écrire à la société de production Upian : camille@upian.com

Voir d'autres expériences sur les robots à domicile en Italie, en Chine.


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