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Alzheimer, un défi sanitaire à l'échelle planétaire

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 16/12/2013

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La recherche patine

La maladie d’Alzheimer qui, avec les autres types de démence, affecte plus de 40 millions de personnes dans le monde, représente un défi à l’échelle planétaire pour les systèmes de santé et pour la recherche qui n’a pour l’heure trouvé aucun remède. 

Le nombre de personnes souffrant de démence, dont la maladie d’Alzheimer est de loin la cause la plus répandue (60 à 70% des cas), a augmenté de 22% ces trois dernières années pour atteindre 44 millions, selon un rapport d’Alzheimer Disease International (fédération d’associations).

Ce nombre serait multiplié par trois d’ici 2050 avec quelque 135 millions de personnes atteintes de démence sur la planète dont 16 millions en Europe de l’Ouest, selon ce rapport.

Aux Etats-Unis, rançon de l’augmentation de l’espérance de vie et du vieillissement, les démences comme Alzheimer, coûtent déjà plus cher que le cancer et les maladies cardiovasculaires, selon la Rand corporation (organisme privé à but non lucratif). 

La maladie est caractérisée par des plaques séniles ou dépôts de peptides bêta-amyloïdes ainsi que par une dégénérescence neurofibrillaire, liée à la protéine tau anormale (“phosphorylée”) qui s’accumule dans les neurones et propage leur destruction.

En dépit des progrès, la recherche s’attache encore à mieux comprendre l’enchaînement de la cascade” d’événements qui aboutit à la mort des neurones et à mieux élucider les premières altérations.

La recherche ne va pas assez vite et les modèles animaux sont imparfaits”, selon le Pr Philippe Amouyel, directeur de la Fondation nationale Alzheimer (France).

Selon lui, pour stopper l’engrenage fatal avec une chance sur cinq d’être touché à plus de 80 ans, il faudrait sans doute intervenir bien avant l’apparition des symptômes”, ce qui suppose de pouvoir diagnostiquer très précocement le risque d’Alzheimer, quasiment dix ans avant les premières manifestations cliniques de la maladie.

Tests neuropsychologiques, dosage du liquide dans lequel baigne la moelle épinière, génétique, imagerie avec l’arrivée du PET scan (tomographie par émission de positrons) font partie des instruments d’exploration.

Des études sont ainsi conduites pour mieux déterminer les personnes à risque. Dans le cadre du consortium international IGAP, animé par l’Inserm, une vingtaine de gènes (dont une dizaine à paraître) qui prédisposent à la maladie dans sa forme sporadique (non familiale) offriraient de nouvelles pistes susceptibles d’aider au développement de traitements et de méthodes de dépistage.

Mais bien des mystères demeurent : pourquoi, par exemple, les protéines mal repliées d’un sujet atteint se propagent (par injection) dans le cerveau d’une souris saine et déclenchent la maladie à la manière du prion de la vache folle ?

Stimuler son esprit, conserver une activité, et même travailler plus longtemps comme l’ont montré des études française et américaine, diminueraient le risque de développer la maladie ou du moins en retarderaient l’apparition. Et ce n’est pas à négliger, soulignent les spécialistes.
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