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Bien vieillir (prendre soin de soi)

Fausses routes

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 06/03/2017

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Dépasser les peurs… légitimes

A côté des campagnes de sensibilisation et dépistage sur le rein et le côlon, la journée européenne de l’orthophonie 2017 (ce 6 mars) est l’occasion de parler des personnes atteintes de troubles de la déglutition, de dysphagie (difficultés à avaler).

Annie de VivieCes troubles détériorent la qualité de vie des personnes et de leur famille. Ils entraînent une perte du plaisir de manger, un sentiment de gêne ou de honte, avec un fort risque d’isolement.

La peur légitime de la fausse route” entraîne chez les proches le besoin de protéger, de sécuriser les repas qui sont alors mixés, moulinés… au risque de devenir monotones, informes, inappétissants au possible.

Avec comme autre conséquence, parfois plus délétère que la fausse route, la dénutrition, la dépression, le repli sur soi, la mésestime de soi…

Comment de sortir de la spirale du mixé un jour — mixé toujours ?“

Première piste : échanger avec la personne concernée et son médecin sur ces risques de fausse route” et les moyens de les contourner.

Réfléchir avec elle sur sa posture pendant qu’elle mange (il vaut mieux avoir le buste droit, être bien assis), utiliser des boissons qui pétillent, varier les plaisirs, les repas qui seront peut-être parfois moins mixés… Renseignez-vous aussi auprès des prestataires qui livrent les repas car des variantes peuvent parfois être proposées. Le pharmacien connaît aussi les compléments alimentaires qui peuvent aider sans dégoûter.

Deuxième piste : se former aux gestes de secours pour savoir réagir en cas d’étouffement (voir les conseils de la Croix Rouge : désobstruer, claques dans le dos, compressions abdominales — manoeuvre de Heimlich — manoeuvre de la table). Etre formé rassure et permet de s’autoriser quelques folies” comme manger des frites !

Troisième piste : se rapprocher des orthophonistes qui participent au dépistage, à l’évaluation et au diagnostic des troubles ainsi qu’à des séances de travail pour permettre aux patients de retrouver des capacités d’alimentation.

Leur action va renforcer le sentiment de sécurité des personnes malades et de leurs proches aidants. Ils se mettent en lien avec les professionnels de santé (comme les acteurs de l’HAD : hospitalisation à domicile) et comme les diététiciens, pour optimiser l’alimentation et l’hydratation. Ils peuvent aussi former les familles, les intervenants au domicile à identifier, évaluer et prendre en charge la dysphagie.

Ces pistes réclament du temps, une volonté farouche de maintenir l’autonomie de son proche, mais aussi des moyens qui ne sont pas tous remboursés aujourd’hui (même si un simulateur des aides sociales tente d’en simplifier l’accès)

Elles entrent en résonnance avec le respect des droits fondamentaux des plus fragiles. Et il y a du travail face aux situations de maltraitances, selon le rapport du Défenseur des droits.

Elles sont aussi complémentaires d’initiatives comme le taï chi ou des recommandations du livre que notre rédaction a lu cette semaine : Vivons plus vieux en bonne santé”.

Pour ne pas faire… fausse route !

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