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Oldyssey : un tour du monde de la vieillesse

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 14/10/2019

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Afrique du Sud, Chine, Sénégal, Belgique : comment y vieillit-on ?

Il y a trois ans Julia Mourri et Clément Boxebeld venaient nous rencontrer chez Agevillage pour partager leur projet de tour du monde des initiatives sur la vieillesse. Nous les avons guidé vers le Japon où Yves Gineste, co-auteur de l’Humanitude, forme les proches aidants de personnes âgées fragilisées, désorientées. Fort du succès de leurs reportages vidéos, ils publient aujourd’hui Oldyssey : un tour du monde de la vieillesse aux éditions du Seuil. Et repartent demain à la rencontre d’initiatives positives, en France cette fois-ci.



La vieillesse ne serait que déprimante ?

L’expérience de leurs propres grands-parents n’ayant rien à voir avec les images désastreuses véhiculées sur la vieillesse, les deux globe trotters ont voulu en savoir plus sur les manières de vieillir partout dans le monde.

Pendant une année, ils sont allés la rencontre de vieilles dames, de vieux messieurs qui avancent en âge, un jour après l’autre, d’un continent à l’autre.

Leur constat : quelles que soient les cultures, les conditions environnementales, sociales, les survivants essaient certes de survivre mais aussi de rester actifs, insérés : debout jusqu’au bout.

Chaque société a les vieillards qu’elle mérite selon l’historien G. Minois (page 65)

A trop médicaliser la vieillesse, les plus âgés intègrent leurs pathologies invalidantes et leur image ne donne pas envie, dans notre riche Occident.

Or même dans des pays en voie de développement comme en Inde (où la retraite des plus pauvres s’élève à 13 euros par mois), Oldyssey donne à voir des systèmes d’entraide entre personnes âgées, exclues… qui se sentent encore capables d’aider et n’ont pas d’âge pour le faire.

Citoyens âgés, ici et maintenant

En Afrique du Sud, des mamies footballeuses décident de s’entrainer régulièrement malgré les handicaps et les incapacités. Elles reprennent des forces, confiance en elle, elle s’entraident et finissent par organiser une coupe du monde des grands-mères en France cet été 2019.

Jouer permet d’oublier les douleurs (page 50), on se sent moins vulnérables ensemble, exliquent ces grands-mères dont certaines se mettent à la boxe pour savoir se défendre disent-elles. Depuis que le sport est entré dans ma vie, c’est merveilleux” raconte une octogénaire de Johannesburg qui ne rate pas un entrainement collectif, trois fois par semaine.

Croire aux potentiels des gens âgés

Le livre fourmille d’initiatives portées par les séniors : beaucoup sont au travail, par nécessité, comme à Hong Kong, aux Etats Unis, en Chine, d’autres ne veulent pas s’arrêter et s’inventent de nouvelles missions comme cette Youtubeuse Pékinoise qui sait se moquer d’elle-même et donne des conseils avisés à ses pairs.

Beaucoup militent pour les droits, pour l’environnement comme ces grands-mères sénégalaises leaders” qui luttent contre les mariages forcés et l’excision ou ces retraités belges qui aident les jeunes migrants.

Les vieux sont des passeurs. L’ancien ne s’oppose pas nécessairement au nouveau, la tradition n’empêche pas le progrès, soulignent les auteurs (page 86).

Ces octogénaires, nonagénaires, centenaires, comme les adhérents de Old Up en France se voient comme des sujets en devenir et non des objets à distraire (page 27).

Et quand on les voit vieillir, cela donne de l’avenir aux plus jeunes !

Oldyssey
Julia Mourri et Clément Boxebeld
Editions du Seuil
224 pages — 17 euros

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