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Les associations de familles pointent les dysfonctionnements

Auteur Rédaction

Temps de lecture 4 min

Date de publication 07/02/2011

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Alors que le financement de la perte d’autonomie fait enfin débat, la FNAPAEF (Fédération nationale des associations de personnes âgées et de leurs familles) tient à informer le grand public sur les dysfonctionnements qu’elle a pu recenser tant à domicile qu’en établissements.
Ces listes ont été transmises dès décembre à Roselyne BACHELOT, ministre des solidarités et de la cohésion sociale.
La FNAPAEF indique n’avoir a ce jour reçu aucune réponse.

Les 18 dysfonctionnements relevés par la FNAPAEF concernant le domicile.
1) Manque de visibilité pour les vieilles personnes entre les avantages ou inconvénients du gré à gré, services mandataires et prestataires. Quelles sont les obligations du particulier employeur en cas d’absences, de vacances, d’hospitalisation. De nombreuses personnes se retrouvent ainsi au Prud’homme. Serait-il possible de donner une information lors de la première commande de CESU ?
2) Nécessité de savoir qui fait quoi. En effet les personnes âgées se voient refuser des services qu’elles pensaient aller de soi en matière d’aide à domicile comme laver les carreaux, laver à la main les vêtements fragiles, changer la lampe grillée, fermer les volets…voire prendre soin des animaux domestiques, balayer la cour, etc… Un livret devrait être remis à la signature du contrat, détaillant ce qui entre dans le plan d’aide et ce qui en est exclu.
3) Non respect du choix de la personne pour l’heure du coucher. Il est fréquent que les aides à domicile n’interviennent pas après 20 h ni d’ailleurs le week-end. Si la personne ne peut pas se faire aider par la famille, elle devra dîner à 18h et sera couchée dans la foulée. A ce sujet il semble urgent d’apporter aux familles une description des postes : aide ménagère, aide soignante, infirmière… Qui fait quoi ?
Quant au week-end il lui faut souvent faire appel à une autre association ce qui entraîne des frais supplémentaires, et des tracas parfois inextricables.
4) Faute de places en accueil temporaire ou en raison du coût du prix de journée, les personnes âgées souffrent beaucoup pendant les vacances d’été, le personnel étant parti en vacances.
5) Il arrive encore que des aides à domicile ne sachent ni lire ni écrire, et sont donc dans l’incapacité, de lire la liste des courses, les dates de péremption, le mode de cuisson des aliments congelés ou un livre de recettes…
6) De culture différente, certaines aides ne savent pas cuisiner et n’ont aucune notion de la cuisine traditionnelle aux saveurs d’autrefois capable de flatter le palais des personnes âgées et leur éviter la dénutrition.
7) La loi Borloo n’a pas amélioré le manque de formation des personnels, peut-être même cela a‑t-il aggravé une situation déjà précaire. Les familles constatent parfois un manque réel de savoir faire pour aider la personne à se lever du fauteuil, l’habiller avec des vêtements adaptés au temps, sans brusquerie. Elles sont parfois démunies devant une personne grabataire, un malade Alzheimer ou Parkinsonien ou un malvoyant qui ne retrouve plus ses affaires car elles ont été changées de place.
8) Les familles déplorent un manque de contrôles impromptus des prestations. La personne âgée est parfois seule avec l’aide à domicile, sans regard extérieur avec un risque de maltraitance. Ce manque de contrôle est d’ailleurs cité dans le rapport de l’IGAS de 2009. Un suivi personnalisé répondant aux besoins de chacun est indispensable. L’enquête de satisfaction doit prendre en compte tous les aspects de l’aide et ne pas se limiter à des généralités.
9) Un turn over incessant du personnel déstabilise complètement la personne âgée.
10) Nombreuses sont les personnes qui sont en liste d’attente pour bénéficier des services d’un SSIAD pris en charge par la solidarité nationale. Elles doivent donc faire appel à des services payants. La FNAPAEF dénonce cette injustice de traitement.
11) La discrimination par l’âge en matière de crédit d’impôt pour les frais d’aide à domicile est inacceptable. On ne peut accepter que seul les actifs en bénéficient quand la personne n’est pas imposable.
12) Que dire des kinésithérapeutes qui refusent parfois de se déplacer ? Comment dans ces conditions la personne à domicile peut-elle entretenir ce qui lui reste d’autonomie ? Doit-elle faire appel à un VSL ?
13) Les unités mobiles de soins palliatifs sont loin de couvrir tous les départements, il y a donc une inégalité territoriale dans l’accompagnement de fin de vie (pour apporter un soulagement à la douleur).
14) Difficultés de coordination, des sorties d’hôpitaux en catastrophes etc….
15) Manque de communication, nous disent certains, avec le personnel ou avec ceux qui livrent les repas à domicile. Pas de respect du régime.
16) « On nous prend pour des rebuts de la société, pour des personnes qui n’ont rien à dire », se plaignent les personnes âgées ! « La personne âgée est par définition une personne qui exagère, qui est exigeante.… »
17) Réel problème de solitude, plus de lien social, abandon par les clubs « Seniors » de ceux qui ne peuvent plus y venir. Il faudrait, comme l’a proposé la Fondation de France une « Charte des clubs » incluant l’aide aux plus seuls ou handicapés.
18) Familles en désarroi qui n’ont pas d’écoute au sein des services d’aide à domicile. Confrontées à la baisse des plans d’aide tant de la part des caisses de retraites que de l’APA, (la situation étant aggravée par la fin d’exonération des charges sociales aux organismes gérant l’aide à domicile), elles sont confrontées à une baisse de service alors que les restes à charge vont augmenter. Par ailleurs elles n’ont aucune lisibilité sur les tarifs pratiqués par les services d’aide à domicile de type associatif ou privés et constatent souvent à leurs dépends que le tarif le plus élevé n’est pas synonyme de qualité. L’aide aux aidants c’est d’abord leur permettre de pouvoir compter sur un accompagnement de qualité de leurs proches à un coût qui ne soit pas prohibitif.

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