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Edito : 80% des plus de 75 ans vont bien

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 28/03/2011

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Annie de VivieLors du congrès 2011 de la FNAR (Fédération nationale des associations de retraités) et de l’UFR (Union française des retraités), le 22 mars à Paris, le sociologue Bernard Ennuyer, directeur de services à domicile, qui participe notamment au collectif une société pour tous les âges” et pour un vrai 5ème risque (pétition en ligne), a souhaité marteler un chiffre : après 80 ans, moins de 15% des personnes vivent avec des incapacités sévères et très sévères, ce qui veut dire que 85% des personnes n’ont pas d’incapacités sévères !

Cette réalité n’est pas la plus reprise dans les médias. Les termes controversés de dépendance”, de maladie d’Alzheimer, eux, s’insinuent plus facilement. Bernard Ennuyer cite volontiers son homologue Pierre Bourdieu :“l’âge est une donnée biologique socialement manipulée et manipulable”.

A quel âge est-on, devient-on vieux ?
C’est une des questions que j’ai posées lors de mes interventions au salon des seniors organisé par Notre Temps ces 24, 25 et 26 mars à Paris-Porte de Versailles.
J’aime citer les propos de Geneviève Laroque, présidente de la FNG : on est tous le jeune et le vieux de quelqu’un, le vieux c’est celui qui a au moins cinq ans de plus que moi !”.
L’âge est donc relatif. Ce qui vient peser sur la qualité de la vie, c’est plutôt l’état de santé, la trajectoire de vie (le travail effectué, la catégorie sociale), l’entourage familial ou le lieu d’habitation (inégalités de prises en charges selon les territoires), l’accessibilité aux services, aux transports, aux loisirs, activités diverses (culturelles…).

Autre question piège : Quand entre-t-on dans le grand âge” ?
D’aucun pense qu’il ne faut jamais y entrer”, d’autre que c’est inéluctable de mal vieillir”, de finir sa vie tristement, isolé, avec des handicaps lourds, désorienté…
La réalité est autre mais elle a du mal à passer.
D’autant que les services au grand âge continuent d’avoir mauvaise presse (maltraitances…), malgré leurs efforts, malgré l’évolution du prendre soin, qui se professionnalise de jour en jour.
Sans angélisme, car les besoins des personnes âgées sont couverts à moitié” a posé la Cour des Comptes dans son rapport de 2005. Et les difficultés soulevées par les professionnels perdurent.
Le besoin de nouveaux financements, pour de nouveaux services, un meilleur accompagnement sont réels tout comme de nombreuses souffrances des personnes directement concernées, de leurs proches, de professionnels (travaillant aux domiciles, dans les établissements…).

Il va nous falloir nous mobiliser dans les débats lancés par le gouvernement pour réformer l’aide aux personnes âgées : les débats publics s’ouvrent, il faudra s’inscrire en ligne pour y participer physiquement.

L’enjeu reste les projets individuels et collectifs pour ces nouvelles années de la vie. Nous n’avons pas d’expériences, de recul. C’est en effet la première fois qu’un grand nombre d’entre nous va vivre et vieillir longtemps.

Vieillir debout, ça s’invente, ensemble !

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