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Bien vieillir (prendre soin de soi)

« A quel âge n’a-t-on plus le droit d’aimer ? » : la sexualité des âgés mise en lumière pour lever les tabous

Auteur Raphaëlle Murignieux

Temps de lecture 2 min

Date de publication 17/05/2021

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Encore bien présents, notamment concernant les seniors LGBT +

Même si le sujet émerge timidement, chaque mise en lumière de la sexualité des plus âgés reste un événement. Une sexualité aussi riche et aussi diverse que celle des plus jeunes, même si beaucoup de personnes LGBT+ craignent de « retourner dans le placard en vieillissant ». Une piqûre de rappel indispensable en cette journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie.

Double discrimination : pour les personnes âgées LGBT +, l’âgisme peut se doubler d’homophobie ou de transphobie. A tel point que vieillir inquiète une partie des personnes concernées : peur d’être isolé(e), peur d’être pris(e) pour une « bête de foire », peur de vivre moins facilement son identité… d’après les nombreux témoignages recueillis par Stéphane Sauvé, de Rainbold Society, une association qui a pour projet de monter une maison de la diversité pour accueillir des seniors LGBT.

« Les personnes lesbiennes, gays, et bisexuelles (LGB) sont souvent stigmatisées et expo-sées à diverses formes de discrimination et violences hétérosexistes. L’expérience de violences est associée à un risque accru de troubles mentaux et de comportements suicidaires », confirment des chercheurs dans un article paru ce lundi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire de Santé publique France.

« Il n’y a rien de plus cruel que de vieillir seul »

Un point de vue partagé par l’association GreyPride, qui milite « pour créer un environnement bienveillant pour toutes les minorités (orientation sexuelle, identité de genre, PVVIH) et pour le respect de l’identité des vieux, de leur altérité, de leurs besoins affectifs et sexuels. »

Pour Francis Carrier, le président de l’association, « en vieillissant, nous disparaissons dans nos placards ou dans des institutions pour personnes âgées, nous devenons invisibles et nous vivons amputé-e‑s d’une partie de nous-même ».

Il témoigne de la crainte « d’être moqués ou de subir des actes homophobes au moment où nous sommes les plus fragiles », de « l’angoisse d’une vieillesse qui se passera dans un environnement inadapté et même parfois hostile ».

Pour rendre visible les seniors LGBT +, GreyPride déploie depuis plusieurs années des campagnes de communication pour mettre en lumière l’amour au grand âge.

Les joies de l’amour au grand âge

C’est aussi l’objet de la campagne diffusée depuis fin avril par l’organisation britannique Relate, intitulée Parlons des joies du sexe au grand âgé (Let’s Talk the Joy of Later Life Sex).

Photographiés par le célèbre photographe de mode Rankin, des couples de personnes âgées racontent leur sexualité et le plaisir qu’ils y trouvent. 

Des clichés en noir et blanc magnifiques, des témoignages d’autant plus indispensables que selon Relate, seul un Britannique sur cinq pense que la société est prête à parler de la sexualité des plus de 60 ans, et que 60 % des plus de 65 ans eux-mêmes n’osent pas aborder le sujet.

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