Aller sur la navigation Aller au contenu principal Aller sur la recherche

Bien vieillir (prendre soin de soi)

Comment va ta peine ?

Auteur Annie De Vivie

Temps de lecture 2 min

Date de publication 15/02/2021

0 commentaires
La mienne est comme ça

Benjamin Biolay, nommé artiste masculin aux Victoires de la Musique 2021, a été primé notamment pour son tube Comment va ta peine ?” 

Une incroyable chanson autour d’une rupture amoureuse que je me permets de décliner ici dans le cadre de notre actualité du grand âge, de la crise Covid, source de peines au pluriel.

Comment va la peine des habitants des établissements pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) ? Ils vivent bien trop enfermés depuis le début de la crise sanitaire. Tout le monde le sait, le dit… et après ?

Comment va la peine des proches aidants ?
Ils n’en peuvent plus de ne plus voir leurs parents et multiplient les recours en justice.

Comment va la peine des professionnels de l’aide à l’autonomie ?
Ils voudraient tous, quel que soit leur lieu d’exercice (à domicile, en établissement), prendre soin dans de bonnes conditions, au bon niveau de soin. Oubliés du Ségur de la santé, ils assistent à une fuite des candidats.

Il faudrait qu’on apprenne, à vivre avec ça” chante Benjamin Biolay.

Merci aux artistes de nous aider à vivre nos joies, nos peines, notre condition humaine, fragile, vulnérable, quel que soit notre âge.

Il faudrait qu’on apprenne à vivre avec cette saleté de virus. Certains lui survivent comme la doyenne des européens du haut de ses 117 ans. La vaccination devient une priorité partout sur les territoires. Quant à l’accueil de nuit : c’est une solution de répit aussi en temps de crise sanitaire. A nous tous d’accepter de respecter scrupuleusement les mesures barrières et de savoir compenser toute limitation de liberté, de mouvement.

Mais n’est-ce pas le rôle des élus, des décideurs de mener des politiques d’anticipation, de prévention mais aussi de traitement, de soulagement de ces souffrances qui se multiplient ? Au point que les coûts de la non-qualité asphyxient la possibilité de vieillir debout avec une fuite des professionnels alors que les besoins explosent (et exploseront encore plus avec le Papy-boom à partir de 2030).
Et qui désignent ces élus ? Les citoyens.
Alors à nous de jouer, de pousser à une vraie politique pour une vraie société pour tous les âges.

Comment est ta peine ?
La mienne s’en vient, s’en va.
Elle s’en vient quand je vois ces non-réponses, ces violences parfois, ces sentiments d’impuissance et d’abandon alors que des réponses existent. Elle s’en va quand on voit les initiatives positives de terrain que l’on vous relaie chaque semaine, quand j’appelle une équipe labellisée Humanitude qui me remonte le moral par la qualité qu’elle déploie.

Faut pas qu’on s’entraîne, À toucher le bas”,
chante toujours Benjamin Biolay.

Une politique du grand âge est ultra-nécessaire (et rentable) pour vivre, vieillir debout, malgré tout, jusqu’au bout.

Partager cet article
Tags