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Comprendre les fragilités

Ethique : peut-on mentir à une personne malade, désorientée ?

Auteur Raphaëlle Murignieux

Temps de lecture 1 min

Date de publication 23/08/2021

1 commentaires

« adapter la vérité en vérité audible »

Dans son rapport sur la relation médecin-malade daté de juin dernier, l’Académie nationale de médecine insiste sur l’importance de donner aux patients une information claire et sincère. Mais quid de la relation aidant-aidé ? Un (petit) mensonge, dans certaines circonstances bien particulières, peut-il être bénéfique ?

L’article est paru dans la lettre Ensemble avec les familles, diffusée par France Alzheimer 93 à ses adhérents.

Il donne l’exemple suivant : 

Une résidente refuse de s’asseoir pour le petit-déjeuner parce qu’elle doit « aller chercher les enfants ». Un soignant lui dit, en dernier ressort : « votre sœur est partie les chercher », ce qui était le cas dans le passé. La résidente s’apaise et s’assoit.

La réalité perçue par la personne malade est en dissonance avec celle vécue par les professionnels, les aidants. Faut-il lui rappeler ce qui est vrai, au risque de la perturber, ou mentir pour aller dans son sens ?

Rosette Marescotti, co-autrice de la philosophie de soin Gineste-Marescotti dite Humanitude, propose une troisième voie.

« Personnellement si une personne est angoissée parce qu’elle doit par exemple aller chercher son enfant à l’école, je préfère faire diversion en lui parlant de l’enfant, des bons moments qu’ils ont passés ensemble… »

Une solution qui ne fonctionnera pas toujours, avertit-elle : « il faut toujours tenter de s’adapter à la personne… tout le monde ne réagit pas de la même manière ».

Face à une angoisse, l’essentiel est de rassurer, avec bienveillance. Si la diversion initiale ne fonctionne pas car l’angoisse est trop forte, « il est possible de lui dire tout simplement que l’on s’en occupe et passer sur une stratégie de diversion. Il me semble qu’il vaut mieux alors se mettre dans le temps de la personne pour diminuer l’angoisse », poursuit Rosette Marescotti.

Pour trouver la réponse adaptée, il est essentiel de bien connaître la personne mais aussi d’écouter, de dépasser le sens premier des mots prononcés. Une personne malade qui réclamera sa mère par exemple, alors que cette dernière est décédée depuis des années, exprime peut-être un besoin de réconfort. 

Plusieurs essais seront peut-être nécessaires avant d’arriver à une réponse qui fonctionnera à un instant T.
L’enjeu est de viser le lien, le maintien d’une communication et un quotidien apaisé.

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Julie Roux

Bonjour. Intriguée voire choquée par le titre, je me permets d'apporter ma pierre à l'édifice et de vous faire part de l'aide de la validation de Naomi feil dans des cas comme ceux décrits. Permet au patient de se sentir reconnu dans ses émotions et au soignant, cohérent.
Bien à vous tous