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Bien vieillir (prendre soin de soi)

Vie amoureuse au grand âge : des pistes pour briser les tabous

Auteur Raphaëlle Murignieux

Temps de lecture 2 min

Date de publication 13/06/2022

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Le droit à la vie privée, à l’intimité n’a pas de date de péremption. Pourtant, pas toujours facile de vivre sa vie affective et sexuelle comme on l’entend quand on vieillit, notamment quand on habite dans un lieu de vie collectif.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) définit la santé sexuelle comme « un état de bien être physique, émotionnel, mental et social en matière de sexualité, ce n’est pas seulement l’absence de maladie, de dysfonctionnement ou d’infirmité ».

Pour la garantir, poursuit l’organisation, une approche « positive et respectueuse de la sexualité et des relations sexuelles » est indispensable, de même que « la possibilité d’avoir des expériences sexuelles agréables et sécuritaires, sans coercition, ni discrimination et ni violence. Pour atteindre et maintenir une bonne santé sexuelle, les Droits Humains et Droits sexuels de toutes les personnes doivent être respectés, protégés et réalisés ».

Des principes qui peinent à être mis en œuvre, pour de multiples raisons. D’abord, parce que les plus âgés sont souvent vus comme asexuels. Ensuite parce qu’en plus de l’âgisme, d’autres discriminations sont à l’œuvre dans la perception de la sexualité au grand âge : sexisme, LGBTphobie et sérophobie, pour les personnes vivant avec le VIH.

Stéphane Sauvé, ancien directeur d’Ehpad et fondateur du projet Maison de la diversité, livre ses conseils pour lutter contre les préjugés.

D’abord, en rire, aborder le sujet avec légèreté, sans pour autant se moquer : « tout ce qui refoulé va entretenir les tabous », explique-t-il.

Ensuite, changer son regard, traquer les préjugés, qu’ils soient sociétaux ou religieux. A titre d’exemple, il cite la fameuse expression « les femmes vieillissent, les hommes murissent », qui délégitime le droit des femmes âgées à vivre une vie amoureuse.

Enfin, il invite à créer les conditions pour que les personnes se sentent en confiance pour se livrer, si elles le souhaitent. Ne pas interroger par exemple une personne âgée sur son mariage et ses éventuels enfants et petits-enfants : la personne en question peut avoir eu — et toujours avoir — une vie amoureuse toute autre.

Pour sa part, Julia Mourri, co-fondatrice d’Oldyssey, encourage les plus jeunes à aborder le sujet avec leurs proches âgés.

Sans oublier que quelque soit son âge, même en cas de maladie qui désoriente ou de tutelle, tous les adultes ont le droit à une vie affective et sexuelle.

Une vie amoureuse qu’il faut parfois accompagner. Pour faciliter la sexualité des personnes en perte d’autonomie, Rodolphe Brichet a créé la première aide technique sexuelle, Handy Lover. Un objet qui permet à ses utilisateurs de vivre leurs relations sexuelles comme ils l’entendent, malgré des difficultés de mobilité.

Mais encore une fois, un immense travail de sensibilisation, de chasse aux préjugés reste à accomplir, témoigne-t-il.

Dans cette optique, saluons l’initiative de l’Ehpad La Neuville, à Amiens, labellisé Humanitude, qui a lancé le 6 juin son mois de la sexualité et vie intime jusqu’au 6 juillet (journée du baiser).
Au programme : projection de films pour ouvrir le débat, ateliers photos, café des familles, lectures érotiques, quiz…
Une programmation riche pour enfin lever le voile sur le sujet et briser les tabous.

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