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Vieillir en bonne santé

Prévention : alerte au froid intense

Temps de lecture 9 min

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Conseils de prévention sur le froid pour les personnes âgées

Le froid est responsable de nombreuses pathologies, a fortiori quand on est âgé. Il convient donc de prendre ses précautions pour éviter les risques et traverser sereinement l'hiver.

Pourquoi parler des risques d’une vague de froid ?

Chaque année des centaines de personnes sont victimes de pathologies provoquées par le froid.

Sont en cause :

  • Des maladies liées directement au froid telles que les engelures ou l’hypothermie, responsables de lésions graves, voire mortelles.
  • L’aggravation par le froid de maladies préexistantes, cardiaques et respiratoires, car lutter contre le froid nécessite un effort accru.
  • Des conditions climatiques particulières peuvent provoquer des accidents de la route ou vous bloquer temporairement dans votre voiture ou dans votre maison.
  • Sans oublier les autres effets indésirables d’une vague de froid : risque accru d’incendie, d’intoxication au monoxyde de carbone (gaz inodore).

Le grand froid, le vent glacé, la neige sont des risques à ne pas négliger surtout pour les personnes fragiles ou souffrant de certaines maladies. Les effets du froid sont insidieux et peuvent passer inaperçus. Il faut donc redoubler de vigilance en se protégeant personnellement et en veillant sur les personnes qui nous entourent.

Quelles sont les personnes à risque ?

  • Les personnes âgées. La diminution de la performance de la réponse vasculaire, la diminution de la sensation de froid, l’altération des vaisseaux, la diminution de la masse musculaire font que les personnes âgées sont vulnérables au froid. Celles qui ont des troubles modérés de la mémoire ou une difficulté à faire face aux activité de la vie quotidienne sont particulièrement à risque.
  • Les nouveau-nés et les nourrissons. Leur système de réponse neurovasculaire n’est pas aussi performant que celui d’un enfant plus grand ou d’un adulte. Le tout petit n’a pas non plus une activité physique spontanée suffisante pour se réchauffer et ne peut pas signaler qu’il a froid.
  • Les personnes à mobilité réduite, les personnes en situation de grande précarité, les personnes non conscientes du danger.
  • Les personnes souffrant de certaines maladies chroniques. Principalement les personnes ayant une maladie cardiaque ou respiratoire, les asthmatiques mais aussi, les personnes souffrant de maladies psychiatriques, de diabète, de maladies cérébrales dégénératives telles que la maladie d’Alzheimer. Enfin, certaines personnes traitées par des psychotropes ou des anti-inflammatoires et ou porteuses d’affections handicapantes, en particulier neurologiques.
Pour prévenir les risques mieux vaut limiter au maximum les activités extérieures si l’on est une personne vulnérable au froid

- Remettre tout voyage prolongé en voiture s’il n’est pas indispensable. Si vous devez partir, il est prudent de prévoir de la nourriture et de l’eau, des couvertures dont au moins une couverture de survie et des vêtements de rechange chauds ainsi que votre traitement médicamenteux. S’assurer que la voiture est en bon état de fonctionnement et penser à faire le plein avant le départ. Si vous êtes automobiliste en ville, redoubler d’attention envers les piétons qui ont souvent la vue partiellement obstruée par les vêtements et le vent glacé.
Si vous êtes bloqués en voiture, faites tourner le moteur 10 minutes toutes les heures, entrebâillez la fenêtre pour éviter l’intoxication au monoxyde de carbone. Faites de temps en temps des exercices en bougeant les bras, les jambes, les doigts vigoureusement afin de maintenir une bonne circulation. Vérifiez que la neige ne bloque pas le tuyau d’échappement de votre véhicule. N’utilisez pas inutilement les phares, pour éviter de décharger la batterie.

- Si vous devez sortir : il faut vous assurer d’être bien habillé. Couvrez-vous la tête, c’est une partie du corps où il peut y avoir jusqu’à 30% de déperdition de chaleur et particulièrement la bouche. Pensez à vous munir d’un cache-nez pour recouvrir le bas du visage. Pour conserver la chaleur corporelle, évitez de vous découvrir les mains même momentanément et habillez vous très chaudement. N’hésitez pas à porter plusieurs vêtements superposés. Maintenez un certain niveau d’exercice régulier telle la marche, sans pour autant faire des efforts importants.

- À la maison : maintenir la température des pièces à une température convenable y compris la chambre à coucher (minimum de 19 °C). Fermer les pièces inutilisées. Ne pas surchauffer les poêles à bois, les chauffages d’appoint (risques d’incendie et d’intoxication au monoxyde de carbone). S’assurer de leur bon fonctionnement et de leur entretien avant de les utiliser. Les chauffages d’appoint fonctionnant avec des combustibles (ex : kérosène) ou de camping sont à proscrire pour les mêmes raisons. Eviter d’obstruer les bouches d’aération.- Pensez à manger et boire suffisamment en évitant le café et l’alcool.

- Pensez à donner régulièrement de vos nouvelles à votre famille ou à votre voisinage, si vous êtes âgé ou handicapé et si vous vivez seul.

Que faire si le froid vous atteint ?

Les basses températures, en particulier lorsqu’elles s’accompagnent de 

vents peuvent provoquer des gelures superficielles, des engelures, voire

une hypothermie.

Les gelures superficielles

Les gelures superficielles sont des réactions assez légères au froid. Elles ne sont généralement pas douloureuses. La coloration est blanc-grisâtre. Il suffit alors de frotter la zone concernée ou d’y faire souffler de l’air chaud.

L’engelure

Elle est marquée par une zone de peau blanche ou jaune-gris qui paraît anormalement ferme ou malléable comme de la cire avec un engourdissement des parties exposées au froid, souvent non douloureuse. Lors d’un grand froid, l’engelure peut apparaître rapidement, surtout si la partie exposée est mouillée ou si le vent est important. La gravité peut varier. Les zones affectées peuvent enfler, devenir rouges, présenter des cloques ou saigner.

Premiers soins : Immerger la zone affectée dans de l’eau chaude, mais pas brûlante, la température doit être douce pour les zones non touchées par le froid.Surtout ne pas frictionner la zone atteinte, ni la masser. Cela peut aggraver la lésion.Ne pas utiliser de source de forte chaleur (lampe chauffante, four, feu, radiateur) pour réchauffer.Les zones atteintes sont engourdies et peuvent facilement être brûlées. Il est nécessaire de consulter son médecin. Les gelures graves surviennent lors du gel complet des tissus mous. Les risques sont particulièrement grands les jours où le vent est fort. La peau est insensible, peut devenir bleu-noirâtre et se briser au moindre contact. Il faut appeler les secours rapidement.

L’hypothermie

Si la température corporelle s’abaisse en dessous de 35 °C, les fonctions vitales ne sont plus efficaces. L’hypothermie est très dangereuse parce que ses symptômes apparaissent de façon si progressive que les victimes et leur entourage ne les remarquent souvent que lorsqu’il est trop tard​.Il faut savoir reconnaître les premiers signes d’une hypothermie : prononciation saccadée des phrases, difficulté à la marche et tendance à trébucher, perte de jugement puis confusion mentale, perte de coordination des membres, attitude psychologique bizarre, sentiment de fatigue et d’intense frilosité, sensation d’engourdissement progressif et de tension musculaire et éventuellement, perte de conscience puis coma.

Premiers soins : appeler les secours (15 ou 112).
Mettre la personne à l’abri du froid et du vent. Remplacer les vêtements s’ils sont mouillés et couvrir la personne avec des couvertures. Si elle est consciente, lui donner des boissons sucrées, chaudes et non alcoolisées. Ne pas utiliser de chaleur directe, de couvertures électriques ou de bouillottes. Ne pas masser la peau.

Si vous êtes cardiaque

  • Evitez les efforts importants en cas de grand froid.
  • Evitez si possible de sortir en période de très grand froid. Si cela n’est pas possible, essayez :
    - d’être accompagné (ne pas sortir seul),
    - de vous faire conduire,- de limiter les efforts importants (ne pas courir, pelleter, déneiger, changer une roue…).
    - d’être chaudement couvert particulièrement les extrémités (tête, mains, pieds),
    - d’utiliser des vêtements imperméables,de porter plusieurs couches de vêtements, de recouvrir votre bouche.
  • En cas de transport en voiture par période de grand froid, il faut prévoir le risque d’être bloqué par les intempéries ou de devoir faire face à des difficultés de circulation : éviter les efforts (ne pas pousser votre véhicule, ne pas changer une roue, …), prévoyez une quantité suffisante de médicaments et de l’eau pour les prendre, prenez avec vous les coordonnées de votre médecin traitant (et votre dernière ordonnance), prévoyez une couverture, de survie de préférence, prévoyez des aliments énergétiques (fruits secs, barres de céréales, …), et des boissons.
  • Si vous envisagez un séjour en montagne, demander à votre médecin et à votre cardiologue : quelle est l’altitude maximale à laquelle vous pouvez séjourner ? Quels sont les efforts permis dans ce contexte (ski ?)

Dans tous les cas, il est indispensable de demander l’avis de votre médecin et de votre cardiologue qui, connaissant précisément votre état de santé, sauront vous donner les conseils complémentaires nécessaires.

Si vous êtes âgé

Avant l’hiver :
- Pensez à faire vérifier vos installations de chauffage, à faire ramoner les cheminées- Ne calfeutrez pas vos conduits d’aération.

En cas de risque de grand froid prolongé ou de neige :
- pensez à faire ou faire faire vos courses pour plusieurs jours,
- pensez à vérifier que vous avez vos médicaments pour une durée suffisante

En cas de grands froids
 :
- Restez chez vous le plus possible
- N’hésitez pas à solliciter quelqu’un pour qu’il fasse vos courses
- Donnez régulièrement de vos nouvelles à quelqu’un de votre entourage
- Chauffez votre maison pour que la température ne descende pas en dessous de 19 °
- Mangez copieusement
- Evitez de vous reposer trop près du chauffage

Si vous devez sortir
 :
- Mettez des vêtements chauds et pensez à prendre des chaussures imperméables et antidérapantes
- Munissez vous d’un chapeau ou bonnets, de gants et d’une écharpe
- N’hésitez pas à solliciter quelqu’un pour vous accompagner
- Prévenez quelqu’un si vous prévoyez de partir longtemps

Si vous êtes insuffisant respiratoire ou que vous avez une bronchite chronique

- Demandez à votre médecin s’il convient de vous vacciner contre les infections pneumococciques
- Lorsque vous sortez, habillez-vous chaudement et évitez de faire des efforts à l’extérieur par grandfroid
- En cas d’exacerbation (aggravation de la dyspnée habituelle, majoration et/​ou aspect purulent de l’expectoration, fièvre), consultez immédiatement votre médecin traitant
- Munissez-vous de votre traitement habituel et d’eau pour le prendre en cas de déplacement même de durée brève, et notamment de votre broncho-dilatateur s’il vous en a été prescrit.
- En cas de voyage de nuit par la route, munissez-vous de tout votre traitement habituel et d’une couverture de survie
- En cas d’urgence, si vous n’arrivez pas à joindre votre médecin traitant, appelez le 15 ou le 112 ; vous pouvez demander conseil au pharmacien en attendant si vous vous trouvez à proximité d’une pharmacie.

Dans tous les cas, il est indispensable de prendre l’avis de votre généraliste ou de votre spécialiste qui connaît bien votre état de santé et qui pourra vous donner les conseils complémentaires nécessaires.

Télécharger la brochure Conseils pratiques aux personnes âgées : comment mieux affronter l’hiver


L’Institut de gérontologie sociale de Marseille a réalisé une brochure, Conseils pratiques aux personnes âgées : comment mieux affronter l’hiver


Télécharger la brochure de l’IGS en pdf

Plaquette disponible auprès de l’Institut de gérontologie sociale,
148 Rue Paradis, 13006 Marseille
Tél : 04 91 37 03 79

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