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Vieillir en bonne santé

Comment parler de l'incontinence ?

Temps de lecture 3 min

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Dans ce nouveau volet de notre dossier incontinence, pourquoi et comment en parler

Sujet tabou, l’incontinence est souvent très mal vécue par les personnes qui en souffrent. Un véritable handicap social, source d’isolement, de repli sur soi. Pourtant, en parler constitue un premier pas indispensable pour aboutir à une solution, qu’il s’agisse de régler le problème ou tout simplement d’améliorer sa qualité de vie. Nos conseils dans ce dossier.

Les conséquences de l’incontinence sur le bien-être, la qualité de vie, et tout simplement le quotidien des personnes touchées sont multiples.

Sur sa vie sociale bien sûr. De peur d’être embarrassées en public, de se retrouver dans un lieu sans accès facile à des toilettes, combien refusent des sorties, des invitations ?

Mais les conséquences sont aussi d’ordre psychologique (15,5 % des Canadiennes incontinentes souffrent de dépression*), pathologiques (l’incontinence favorise les maladies de peau, les infections urinaires, les troubles du transit), motrices (difficile de se mouvoir avec une protection) et financières : le coût des protections représente facilement 150 euros par mois”, indique le Dr Michel Cavey, gériatre.

Selon lAssociation d’aide aux personnes incontinentes (AAPI), face à ces difficultés, mais aussi du fait de la charge de travail que représente l’incontinence pour les proches, 100 000 personnes âgées entreraient en Ehpad chaque année.

Pourquoi faut-il en parler ?

Même si le sujet est embarassant, surmonter votre gêne et oser vous confier vous soulagera et vous permettra de prendre un peu de recul, mais aidera aussi vos proches à mieux comprendre ce que vous traversez, pourquoi, par exemple, vous avez refusé leurs dernières propositions de sorties…

S’ils sont au courant de vos fuites urinaires, vous pourrez ensemble trouver de nouvelles activités à faire ensemble qui ne risquent pas de vous mettre dans l’embarras.

Et compte tenu de la fréquence de l’incontinence, qui sait s’ils ne se confieront pas en retour ? Une bonne manière de partager votre vécu et de relativiser ; après tout, une femme de 75 ans sur trois est concernée !

Lire des témoignages de personnes incontinentes

Aborder le sujet avec son médecin

S’il est trop difficile d’en parler avec votre famille, vos amis, il est en revanche indispensable d’évoquer la question avec votre médecin traitant.

Donnez-lui le plus d’informations possible : à quel moment les fuites surviennent-elles (jour, nuit, situations particulières) ? Quelles sont vos habitudes alimentaires, que buvez-vous et en quelle quantité ? Quels médicaments prenez-vous ? A quelle fréquence vous rendez-vous aux toilettes ? La miction est-elle complète ? Souffrez-vous d’envies pressantes ?

En amont de la consultation, vous pouvez tenir un calendrier mictionnel sur quelques jours : notez, pour chaque jour, toutes les fois où vous buvez, où vous urinez (avec une indication du volume), si le besoin était pressant et si des fuites sont survenues, en précisant bien l’heure pour chaque événement.

Exemple de calendrier mictionnel (cliquez pour agrandir) :

calendrier mictionnel dossier incontinence


Pensez également aux questions que vous pourriez lui poser :

  • Pourquoi cela m’arrive-t-il ?
  • Dois-je passer des examens ? Lesquels (médicaments, rééducation, chirurgie) ?
  • Existe-t-il un traitement ?
  • Quels sont leurs avantages et leurs inconvénients ?
  • Combien de temps avant d’en voir les résultats ?
  • Que puis-je changer dans mon quotidien ?


A noter : pendant la semaine de la continence urinaire, l’association française d’urologie propose d’échanger avec des spécialistes via Facebook, en tout anonymat si vous le souhaitez.

A de rares exceptions près, il existe toujours une solution face à l’incontinence. Nous reviendrons en détails sur les possibilités de vivre avec ou de traiter l’incontinence dans la suite de ce dossier.


* Vigod SN, Stewart DE, Major depression in female urinary incontinence, Psychosomatics, 2006

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