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PASEO : Promotion de l'activité physique chez les personnes âgées sédentaires

Professionnels : Le sport après 40 ans, dans quellles conditions ?


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La pratique régulière d'activités physiques adaptées engendre de nombreux bienfaits sur la santé : réduction de la baisse de la VO² max, de la morbidité et de la mortalité cardiovasculaire, de la perte de masse osseuse (ostéoporose), de l'incidence de certains cancers, maintien de la force musculaire, stimulation des fonctions cognitives… Cependant la pratique d'une activité sportive, au-delà de 40 ans, peut s'accompagner d'un certain nombre d'accidents que l'on pourrait aisément prévenir.

Typologie des pratiquants :
Les risques ne sont pas identiques et dépendent du mode de pratique aussi nous distinguerons sur le plan médical schématiquement trois situations :

  • le pratiquant qui n'a jamais cessé
  • l'ancien sportif qui souhaite reprendre "son" sport de prédilection
  • le sédentaire qui, constatant l'avancée en âge, souhaite maintenir, voire retrouver la forme.

Dans le premier cas, le sportif est généralement suivi régulièrement et l'affiliation à une fédération nécessite la délivrance d'un certificat de non contre-indication. Celui-ci s'accompagne d'une visite peu différente de ce qu'elle était auparavant, avec un bilan médico-sportif complet en insistant sur le risque pour la santé de vouloir forcer pour obtenir des résultats à ceux du passé.

 

Dans les deux autres cas, le danger immédiat est celui d'une reprise "sauvage", c'est à dire sans aucune affiliation à un club ou à une fédération : le sportif ne se croit donc pas obligé de consulter pour réaliser un examen de santé. Aussi n'est-ce pas un hasard si l'on trouve de nombreux accidents chez les joggeurs, cyclotouristes ou joueurs de tennis.

 

Débuter ou reprendre après 40 ans, une activité physique, sans bilan ni consigne, c'est s'exposer à des accidents musculo-tendineux et cardiovasculaires. En effet des facteurs de risque tels que surpoids, sédentarité, tabagisme ou hypercholestérolémie ont pu s'installer progressivement et insidieusement.

 

Quel bilan :

Les sports dits à risque (plongée sous-marine, sports mécaniques, de combat…) feront l'objet, auprès d'un praticien habilité, d'un examen spécifique qui ne sera pas développé ici.

L'entretien doit laisser une large place à l'interrogatoire pour connaître l'histoire du patient : les antécédents guident l'examen : facteurs de risques cardiovasculaires, antécédents personnels et familiaux, accidents sportifs sont des éléments fondamentaux à recueillir.

Deux éléments guident le bilan : détecter des facteurs de dangerosité et dépister des anomalies qui nécessiteraient une adaptation ou une réorientation : pour exemple des hernies ou une incontinence urinaire d'effort qui nécessiterait une adaptation du programme d'exercice de renforcement musculaire, une arthrose de la hanche ou un surpoids qui feront préférer des activités "portées".

L'examen clinique sans occulter aucun appareil s'attachera à apprécier les capacités musculotendineuses et à déceler les anomalies cardiovasculaires:

 
  • L'examen de l'appareil locomoteur sera attentif car la micro traumatologie est fréquente. Antécédents de lombosciatiques, de rupture de ligament croisé, d'entorse sont des éléments importants à recenser pour orienter le sportif dans sa pratique. Il faudra rechercher des anomalies des axes (génuvalgum – génuvarum) des douleurs faisant suspecter une arthrose débutante (genou – hanche) des anomalies podologiques. Cependant il est rare de retrouver des contre-indications définitives. Le plus souvent temporaires, elles nécessiteront parfois des adaptations ou des conseils en raison de l'inadéquation entre le sport choisi et la pathologie.
    Le but est de permettre une meilleure adaptation et de prodiguer les conseils adaptés pour une pratique sans risque.
 
  • L'examen cardiovasculaire a pour but de détecter les altérations qui imposeront une prise en charge avant la reprise de l'activité sportive. Le risque d'infarctus du myocarde, voire de mort subite est majeur chez des sujets totalement asymptomatique dans la vie quotidienne mais dont l'effort peut révéler des troubles du rythme ou une cardiopathie ischémique méconnue (pathologie coronarienne) Auscultation, prise de la pression artérielle couché et debout, électrocardiogramme de repos sont la base de l'examen. Une épreuve d'effort sera demandée par certaine fédération et selon les règles de l'American College Sports Medecine  si deux facteurs de risque* sont présents, quelque soit l'âge ou en cas de pratique intensive chez l'homme de 40 ans ou la femme de 50 ans.
 La reprise :

Elle sera progressive avec un échauffement préliminaire et des exercices adaptés aux possibilités du sujet. Des étirements clôtureront les séances. Les gains dans un domaine n'étant pas répercutés dans un autre il faudra associer des exercices d'endurance et un travail en résistance.

Il faudra privilégier l'endurance (cyclotourisme, marche, jogging, natation) avec une intensité progressivement croissante. Un cardio-fréquence mètre pourra être utilisé pour adapter l'entraînement à l'âge du sujet et le maintenir dans la zone d'aérobie (70% de la fréquence maxima théorique).

Des exercices en salle permettront de maintenir la souplesse articulaire et la force musculaire.

Les gains étant inversement proportionnels aux possibilités du sujet, le programme sera réévalué périodiquement.

Matériel adapté, alimentation équilibrée et hydratation adéquate viendront compléter ce programme de réentraînement.

En conclusion peut-être est-il nécessaire de rappeler que l'heure n'est plus à la performance et à l'exploit, mais au plaisir et au bien-être et à l'hygiène physique et mentale.

* Facteurs de risque (les 4 principaux sont en gras)
• Tabagisme
• Dyslipidémie
• Hypertension artérielle
• Diabète

• Obésité
• Sédentarité
• Stress
• Sexe
• Age

Par Dr Philippe Dejardin, Gérontologue
Médecin du sport


mis à jour le



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