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Retraite
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Proposer des retraités à l'adoption : c'est l'action un tantinet provocatrice qu'a menée Force ouvrière à Bully-les-Mines. Une manière originale pour le syndicat de dénoncer les faibles ressources des retraités de la fonction publique.
Ils ne sont pas mécontents de leur coup.
Radio, télés et presse écrite ont assisté à l'opération « Adoptez un retraité » menée, depuis Bully-les-Mines, par le groupement départemental Force ouvrière des services publics et de santé. Quatre retraités ou futurs retraités portaient un écriteau. Dessus était inscrit le montant de leurs revenus. Contre l'allongement de l'âge de la retraite, l'objectif était de montrer les difficultés des retraités dans leur vie quotidienne. Une façon de se positionner avant le débat qui devrait commencer fin mars (pour les infirmiers) à l'Assemblée nationale.
Les interviews sont allées bon train pour capter les mots de ces candidats à l'adoption.
Arlette Trinquart, 59 ans, d'Haisnes, a commencé à travailler à 14 ans. D'abord cinq ans dans le privé puis 38 ans à l'hôpital de Lens où elle s'occupait de la lingerie. « Avec 1 200 euros, il faut tout compter : le chauffage, l'eau, l'électricité, les mutuelles. Heureusement, j'ai la chance d'avoir un mari. Il faudrait qu'on arrive à mettre de l'argent de côté au cas où on serait placés. » Oui mais voilà, les tarifs des maisons de retraite sont bien au-delà de sa modeste pension.
Jacqueline Deletrey, 63 ans, de Bruay-La Buissière, touche quant à elle 940 euros par mois. « Ce n'est pas de gaîté de coeur qu'on se montre comme ça, c'est même un peu humiliant dans un sens. Mais si ça peut apporter quelque chose... » Elle aussi doit faire attention : « Quand on fait les courses, on fait tous les rayons pour trouver les produits les moins chers. » Pour Jacqueline, il est faux de dire que les retraités ont moins de besoins que les actifs : « Quand une gazinière tombe en panne, il faut bien la remplacer, qu'on soit retraité ou pas. » Et ses revenus sont si bas que Jacqueline ne peut plus obtenir de prêt.
« On compte »
Troisième témoin : Patricia Nuyttens, 52 ans, de Rivière près d'Arras. Elle solde ses congés et sera officiellement en retraite au 1e r mai. Elle touche 601 E par mois. « On compte, on calcule, on regarde les petits prix qui sont toujours soit en haut soit en bas des rayons. » Adepte du système D, Patricia va chercher ses légumes chez des amis qui ont un potager.
« Je vois mal des éboueurs être derrière leurs camions à 65 ans », explique Jean-Marie Beugnet, de Verquigneul, A 51 ans, cet agent de mairie sait qu'il touchera 900 E au bout de 35 ans de cotisation. « Je vais toucher un petit 40 % de mon salaire », estime-t-il.
Les manifestants ont fait circuler des tracts sous forme de petites annonces pour adopter un retraité. « Alors que tout augmente, plus de la moitié des retraités vivent avec mois de 1 000 E », constate en effet Thierry Vandembeuche, secrétaire FO pour la fonction publique hospitalière dans le département.
La pénibilité du travail est à prendre en compte : « Un tiers des aides-soignantes n'arrivera pas à tenir le coup jusqu'à 55 ans. » Dominique Léopold, pour les territoriaux, précise que cette mobilisation doit profiter aux aînés mais aussi aux actifs et à leurs enfants. À FO, ce premier rendez-vous sera suivi d'une manifestation nationale, mardi 23 mars à Paris.
YM
mis à jour le 22/03/2010
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