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Décès de Geneviève Laroque - Le monde de la gérontologie et de la gériatrie en deuil

Hommages du Pr. F. Piette (SFTAG) P. Champvert (AD-PA), P. Guinchard (ancienne secrétaire d'Etat aux personnes âgées) F.Toursière (FNADEPA), L. Broussy (Ehpa)


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Notre amie, Geneviève Laroque, nous a quittés. Sa carrière fut remarquable : énarque, directrice déléguée chargée des hôpitaux de long séjour de l’APHP, présidente de la Fondation Nationale de Gérontologie.

Surtout, les leçons d’humanité qu’elle a prodiguées à tous ceux qui l’ont rencontrée sont autant de souvenirs inoubliables.
Mieux que quiconque, elle savait en quelques mots dire l’essentiel, c’est-à-dire ce qui donne du sens à chacun de nos actes.
Elle n’hésitait pas à user de propos provocateurs mais personne ne lui en tenait rigueur car après l’avoir entendue, on se sentait plus intelligent, plus humain.

Forte de son expérience considérable des hôpitaux, de l’administration et de la gériatrie, elle  n’hésitait pas à puiser aussi ses réflexions ailleurs dans la société, chez les enfants, chez les handicapés…

Elle nous avait fait l’amitié et l’honneur de s’intéresser aux technologies de l’autonomie (jury de la bourse Charles Foix et des Trophées du Grand Age notamment), dans un esprit très moderne, très positif, mais en rappelant bien sûr la signification du progrès pour l’individu.

Geneviève, tu fais partie des rares personnes qui marquent durablement ceux que tu as croisés. Nous n’oublierons pas.

La SFTAG s’associe à la douleur de tes proches.

Professeur F. Piette, président de la SFTAG.



Triste saison. Après le départ de Maurice, voici celui de Geneviève qui les réunit pour prolonger leur complicité et leur complémentarité.

Haut fonctionnaire, spécialiste des mécanismes sociaux, de leur grandeur et de leurs petitesses, Geneviève était aussi une femme de cœur engagée dans l’aide aux plus fragiles, au-delà et après son exercice professionnel.

De ce mélange détonnant sortait une belle énergie, de grandes réflexions éthiques, de fortes convictions, et un questionnement toujours vivifiant et stimulant.

Au revoir à toi. Tu nous manques déjà, mais nous continuons notre travail, éclairé par tes conseils et tes engagements

P. Champvert, Président AD-PA


Geneviève Laroque a toujours été celle qui nous guidait, qui a toujours su nous mobiliser et nous convaincre de l'enjeu autour de la vieillesse. Elle m'a apporte sa conviction que nous devions mener cette bagarre. Nous n'avons plus qu'a continuer en hommage à son travail pour les vieux 

Paulette Guinchard


C’est dans les années 75/80 que je l’ai entendue pour la première fois se battre pour la professionnalisation du secteur en affirmant que les femmes ne naissaient pas avec un gène spécifique leur permettant d’élever les enfants et de s’occuper des vieux. Depuis, nous étions restées proches et « Gino »  restera la lumière de mon Panthéon personnel.

Françoise Toursière, directeur de la Fnadepa


Nous venons tout juste d’apprendre le décès, aujourd’hui même, de Geneviève Laroque.
Un sentiment de profonde tristesse nous a saisi à l’annonce de cette nouvelle, comme elle va frapper évidemment toutes celles et tous ceux qui ont connu et côtoyé, au cours des dernières décennies, cette femme d’exception.
Geneviève Laroque aura été depuis 30 ans la « papesse » de la gérontologie. Elle aura été de tous les combats, de toutes les réflexions, de tous les débats.
Elle aura été une « énarque » comme on n’en fera plus jamais. Elle aura passé son temps à combattre les idées reçues, à bousculer les évidences, à flairer les évolutions à venir. Elle aura fait avancer la cause des vieux en rédigeant maints rapports essentiels, en intervenant de façon tonitruante dans les colloques ou encore en présidant la Fondation nationale de gérontologie. Sur le site de la FNG, d'ailleurs, elle se définissait elle-même comme « plutôt ronde, antérieurement rousse devenue blanche, mère, grand-mère, arrière-grand-mère, technocrate sensible… »
Avec Maurice Bonnet, disparu aussi cette année, elle aura symbolisé la lutte de celles et ceux qui se battent pour que la vieillesse sorte de l’indifférence dans laquelle la pousse la société.
Cette femme a passé l’ENA en 1963, alors qu’elle était déjà mère de trois enfants. A la même époque, son cousin, Pierre Laroque, le fondateur de la Sécurité sociale, publiait un rapport qui refonda en profondeur les politiques vieillesse dans notre pays. Geneviève, elle, va suivre sa trace.
Elle sera directrice déléguée de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris en charge des longs séjours. Là, elle participera au vaste mouvement d’humanisation des hospices. Puis, Inspectrice générale des affaires sociales, elle publiera plusieurs rapports notables sur les soins palliatifs dès 1985, sur les personnes âgées dépendantes en 1989, sur le vieillissement des personnes handicapées en 1995. Elle sera également très active dans la dénonciation du phénomène de sur-psychiatrisation des personnes âgées.
En 1991, elle devient présidente de la Fondation nationale de gérontologie, fonction qui l’amènera à booster la recherche française dans ce domaine, mais qui la conduira également à épouser tous les combats qu’ont mené les professionnels et les associations depuis 20 ans en faveur d’une meilleure prise en charge des personnes en perte d’autonomie.
Depuis plusieurs mois, la maladie s’était inscrite sur son corps. Mais elle a gardé, jusqu’au bout, une acuité intellectuelle et une capacité d’indignation intactes.
Le Mensuel des Maisons de Retraite perd une complice de toujours. Et moi une amie et un exemple.
A « Gino » pour toujours,

Luc BROUSSY, directeur de la publication du Mensuel des Maisons de Retraite


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