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Accueil familial

Des communes rurales prennent en main la gestion des personnes âgées


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De toutes petites communes choisissent de privilégier l'accueil familial pour leurs ressortissants trés âgés

Trop petites pour pouvoir prétendre à une maison de retraite, certaines communes rurales organisent elles-mêmes l'accueil familial des personnes âgées, formule intermédiaire entre l'aide à domicile et les établissements spécialisés. Guy Delbès, le maire de Mauroux, petit village lotois de 420 habitants, a été le plus fervent promoteur des "Jardins des Aînés", un hébergement de proximité, ouvert le 1er novembre, où deux familles d'accueil accueillent chacune, dans deux maisons mitoyennes, jusqu'à trois personnes âgées.La famille loue le 1er étage tandis que les personnes âgées disposent chacune d'une chambre avec sanitaires au rez-de-chaussée, ainsi que d'une salle commune. Ce sont elles qui rémunèrent l'hôtesse, à hauteur d'environ 750 euros par mois et par pensionnaire, soit beaucoup moins que dans une maison de retraite.S'inspirant d'expériences similaires, la mairie a décidé en 1999, avec le concours d'une société HLM et du conseil général, d'acquérir un terrain et de faire construire une résidence qu'elle gèrerait elle-même. Tous originaires du coin, Raymond, Martou, Marie et Yolande en sont les premiers locataires. "Je suis venu ici parce que je suis tout seul. En plus, j'avais des escaliers chez moi et je n'y vois pas clair", explique Raymond, 88 ans. De l'autre côté de la table, Léa, 6 ans, feuillette "Le Livre de la Jungle", tandis que sa soeur Emma, 3 ans, gesticule bruyamment. "Elles viennent nous distraire", s'amuse Martou. "Ca apporte autant aux enfants qu'à eux", assure Véronique Alberto, la mère des deux fillettes, recrutée par la mairie pour assister les pensionnaires, assurer leurs repas, ainsi que l'entretien du linge et du logement."Ils vont chercher les enfants à l'école, les gosses leur disent papy : ils n'en ont jamais tant vu!", s'amuse Guy Delbès. Outre le mélange des générations, les "Jardins des Aînés" présentent l'atout d'associer deux familles d'accueil, leur permettant de se relayer quand l'une d'elles part en congé et d'alléger ainsi leur tâche.

Garante du projet

Pour Etienne Frommelt, président de l'association Famidac, il est "souhaitable que les mairies favorisent l'accueil familial". Lorsqu'on place en maison de retraite une personne encore "valide et éveillée", on voit son état décliner dans les 15 jours, alors que plongée dans le bain familial, elle est stimulée et sa santé maintenue, estime-t-il."Dans un département âgé comme le Lot, les structures existantes ne suffisent pas à répondre à la demande et une telle solution nous soulage", renchérit le directeur de la maison de retraite de Puy-L'Evêque, à une dizaine de kilomètres de Mauroux. Pour Joël Palma, "cette formule s'adresse à des personnes qui ne sont pas trop dépendantes, mais elle permet de maintenir la personne âgée dans son cadre de vie habituel tout en lui offrant le confort social et sanitaire".Pour le conseil général, il s'agit d'"encadrer" l'accueil familial, parfois terni par des histoires de maltraitance. Selon le secrétariat d'Etat aux personnes âgées, qui "aimerait voir se développer l'accueil familial", quelque 9.000 familles accueillent aujourd'hui 12.000 personnes âgées ou handicapées. La différence, dit-on au conseil général, c'est qu'ici "la mairie est garante du projet" : c'est elle qui gère le dispositif et recrute les familles, s'assurant de l'expérience gérontologique et des qualités humaines de l'hôtesse.C'est aussi elle qui prend le risque d'être poursuivie en cas de difficultés entre l'accueillant et l'accueilli, fait toutefois remarquer M. Frommelt.



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